ABSTENTION J’ECRIS TON NOM
Pourquoi le record de l’abstention aux élections européennes va-t-il être battu lors du scrutin qui s’annonce ? Parce qu’aucun des bulletins disponibles n’offre un choix aux électeurs bien sûr.
Les verts, le PS, le MoDem et l’UMP sont sur la même ligne. Ils ont voté pour le OUI au projet de Traité de Constitution Européenne, ils promettent une Europe « sociale » en soutenant Barosso, en acceptant un rapprochement stratégique avec l’OTAN et en ne remettant finalement que très peu en cause l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui. Toutes ces formations politiques réunies représentaient 45% des électeurs Français en 2005.
Ce qui à changé depuis ? La crise. Et pas n’importe laquelle, celle du libéralisme, de la finance, du système d’économie libérale que prônent les anglo-saxons depuis bien longtemps maintenant (Thatcher, Reagan…) et qui est relayé par la politique de la commission européenne depuis aussi longtemps.
On imagine qu’un référendum comme celui de 2005 donnerait un score encore plus significatif aux partisans du « non » s’il avait lieu aujourd’hui, et ce, à cause du mécontentement croissant d’une partie de la population (pouvoir d’achat, chômage, etc.). Pourquoi pas 65% de non. C’est donc 35% de l’électorat que vont se partager UMP, Nouveau Centre, MoDem, Parti Socialiste et écologistes. Et vous pensez peut-être que le Front National, le Front de Gauche et Olivier Besancenot vont faire 65% des voix ? Allons, un peu de sérieux, bien sûr que non. Tous ces déçus de l’Europe libérale n’iront pas voter. Ils savent bien que le vote ne sert à rien (cf. 2005) et que l’Europe sociale est une chimère. Ils viendront grossir les rangs des abstentionnistes, aux côté des membres du Mouvement Des Citoyens que Jean-Pierre Chevènement à lui-même appelé à s’abstenir.
Bref, un désaveu des institutions politiques tel qu’on en rencontre dans les pays les plus pauvres, gangrénés par la corruption, plongés dans l’immobilisme, de soi-disant démocraties confisquées par une oligarchie de possédants.
Non seulement cette élection fera la preuve de l’échec de la politique Européenne, de ses institutions, de son système démocratique, mais en plus ce sera un véritable recul pour la démocratie elle-même. Une défaite annoncée, programmée pour cause d’absence d’alternance possible. On a à faire à une élection qui ne propose pas de véritable choix. Lorsque le peuple ne croit plus aux élections, il est bâillonné et la seule façon qu’il lui reste de s’exprimer est la violence.
Dommage.
Catégorie : idées