News for juin 2007

SAUVER LE MONDE

La concentration du pouvoir est devenue telle que seul un terrorisme planétaire peut l’atteindre. Mais pas un terrorisme traditionnel fait de feu et de morts. L’arme dont dispose la population mondiale pour se soustraire au joug de ses oligarques passe par l’information.
La démocratie a échoué. Le peuple souverain est manipulé. L’humanité est prisonnière de sa classe dominante et rien ne semble pouvoir s’y opposer. Il est temps de donner à la contestation populaire des moyens à la mesure de sa tache. Il convient en premier de faire quelques constats. Les états n’ont plus aucune raison d’être. Le concept même de nation ne correspond à aucune réalité économique ou juridique. Le droit est mondial, l’économie est mondiale, le pouvoir est mondial. Comment se satisfaire d’organisations politiques locales ? Alors même que les difficultés que rencontre l’humanité sont d’ordre mondial. Comment ne pas tirer les conséquences du 11 septembre 2001 ou du récent massacre de Virginia Tech ? Comment ne pas s’interroger sur l’attitude de ceux qui se donnent la mort à des fins meurtrières ? Comment justifier l’usage de méthodes barbares à l’encontre de ceux que l’on a décrété être des barbares ? Comment confier le destin collectif des hommes à une poignée d’entre eux ?
A ces questions il n’existe pas de réponse. L’unicité et la finitude du monde le rendent ingérable pour ses occupants qui renoncent collectivement à en modifier l’organisation. Fils de bourreaux, ayant du sang sur les mains, l’idée même de la repentance nous terrorise. C’est d’ailleurs comme cela que l’on désigne ceux qui posent les questions précédentes : des terroristes. Remettre en cause l’Occident et ses valeurs devenues mondiales aujourd’hui, c’est s’autoproclamer terroriste. Aucune dialectique ne pourra désormais participer à la recherche d’une vérité, d’une justice. La paix est préférable à la justice. L’idée d’une organisation hiérarchique des rapports sociaux ne peut plus aujourd’hui être remise en cause. Et pourtant…
Pourtant une solution s’offre à nous. Une organisation existe qui pourrait se substituer aux vieilles organisations coercitives du pouvoir établi. Cette organisation mondiale s’appelle Internet, GPS, IBAN ou ISO. C’est l’ensemble des normes que nos échanges économiques mondiaux ont élaborés depuis une cinquantaine d’années. Le devoir de tous les hommes et de touts les femmes de notre planète, conformément à l’article 35 de notre bible idéologique est de participer à l’élaboration d’une organisation politique nouvelle tendant à répondre aux questions précédemment énoncées.

Posted: juin 17th, 2007
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REDMAN OVER HERE

Y’a pas d’orthographe qui tienne, Redman c’est la déconstruction absolue, le chaos, le pur délire. En plus il nous offre ces jours-ci un petit kif particulièrement appréciable pour les anciens…
Yeah, l’homme de la célèbre phrase « Time for sum action » est de retour, à dire vrai il n’est jamais vraiment parti. Lui et son acolyte de toujours Erick Sermon aka The Green Eye Bandit nous ont habitué depuis bientôt 20 ans (débuts d’EPMD fin années 80) a un son de bourrin qui bourrine bien. Basé sur l’interprétation musicale des effets de la drogue, ils explorent la musique d’une manière à la fois singulière et stupéfiante. Une petite citation de Redman pour ne pas vous laisser en reste : « I smoke so much green I bleed guacamole ». A la pointe de la vanne, dans un esprit premier degré, provocateur et virulent, c’est clairement un griot d’Amérique avec ses compromis commerciaux et ses réussites underground.
Redman, le grossier personnage, la force brute, le rebelle en culotte courte, pose un jalon de plus dans sa discographie avec Red Gone Wild : une production de quarantenaire pas fatigué pour un sou. On y retrouve la célèbre intro utilisée par Dre dans The Chronic « This should be played at a high volume, preferably in a residential area ». C’est l’intro du morceau « Blow Treez » qui reprend un peu de tous les clichés du rap actuel dont le petit sample ragga à la Diamon Marley et la basse digitale combiné avec un son de hit hat de 4 kilobits façon crunk. Même Method Man dont personne n’ignore la fatigue et l’usure s’en sort sur ce morceau. Bref c’est que du bon.
Le hip hop va sur ses trente ans et les versions de « Soopaman Luva » vont en se bonifiant. Redman, bon comme du bon vin, vient de nous présenter son millésime 2007, ne pas le goûter serait pécher.

Posted: juin 17th, 2007
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REVENIR AU MARTEAU

Après avoir brisé le mur de Berlin et enterré le communisme, la gauche se retrouve sans outils. Ni marteau ni faucille, voilà son véritable talon d’Achille.
La gauche dans son ensemble se révèle incapable d’imaginer une alternative à la mondialisation libérale dévorante. L’alter mondialisme n’est qu’une figure de style désignant le vide laissé par la défaite de la gauche dans le monde. Depuis la fin de la guerre froide, l’Occident n’a plus de vis-à-vis idéologique, plus d’entrave au déploiement de ses deux ingrédients de base : le marché et l’Etat de droit. Les méthodes suicidaires d’Al Qaïda démontrent à elles seules l’absence de contenu idéologique dans la riposte à l’Occident. La seule option qui s’offre à celui qui s’oppose à Babylone aujourd’hui c’est la mort. Résumons l’état des forces en présence face à l’Occident marchand : une poignée de corses, les palestiniens, quelques moudjahidines particulièrement motivés et les « Etats voyous » : Corée du Nord, Iran, Syrie, Venezuela, Cuba.
C’est de là que vient l’impasse. Ayant abandoné ses outils, se reposant sur l’automatisation et l’électrification de son environnement, le prolétaire est devenu un légume. Il vote Sarkozy à 54%. Celui là même à qui on l’enfonce tous les jours un peu plus profond, acquiesce, en redemande. Or il suffit de ne pas se laisser bercer par les machines et l’hypermédia pour retrouver la puissance égalitaire du rêve que la Gauche porte depuis 1789. Le marteau et la faucille c’est le clavier et la souris. Ce que les machines ont volé à l’homme en lui ramollissant le cerveau, il va le récupérer en se servant d’elles pour dépasser l’état de droit. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : pousser vers le progrès et s’interdire le conservatisme. Le progrès c’est faire de la lobotomie digitale une intelligence citoyenne. On peut conserver la si précieuse liberté de l’Occident mais en l’enfermant dans une scrupuleuse égalité statistique. Les machines doivent nous faire passer de l’Etat de droit tel que nous l’avons connu jusqu’à présent à un monde juridiquement assisté par ordinateur qu’on pourrait appeler l’Etat d’hyperdroit même si les Etats eux-mêmes ont vocation à se dissoudre. L’hyperdroit est l’ensemble de normes de portée universelle dont les sanctions sont automatisées. La carte bleue est ce qui ressemble le plus à la pièce d’identité du futur.
Cette évolution est en cours, elle est même sur certains points bientôt achevée. C’est là que se trouve l’espoir de la gauche. Pas dans la résistance stérile des altermondialistes ou dans la folie rétrograde des traditionalistes terroristes, mais au contraire, dans la réappropriation de l’outil.
Les paysans du 18eme siècle en France ont su prendre le livre du riche, la bible du curé pour en faire leur code civil. Ils ont pris l’outil, l’instrument de l’oppression et l’ont retourné contre l’oppresseur. Il est temps de mettre des téléphones portables sur les drapeaux communistes. La liberté du libéralisme occidental est un bienfait certes. Mais elle l’est d’autant plus qu’elle intervient dans un cadre égalitaire. Or aujourd’hui personne ne remet en cause la liberté en Occident. C’est bien d’avantage l’égalité qui fait défaut. Et avant tout l’égalité culturelle. Ou devrais-je parler d’inégalité culturelle.
Le livre et le monde en papier des hommes en cravates ne pèsent pas lourd face à la puissance du réseau électrique qui parcourt désormais chaque parcelle de notre planète. L’outil informatique va nécessairement accroitre l’autoritarisme dans la conduite des affaires humaines. La question est de savoir qui en aura rédiger le code source.
Voilà pourquoi il est urgent aujourd’hui d’imaginer un système qui prend en compte l’autoritarisme des machines mais qui en tire également le meilleur parti en termes de justice sociale.

Posted: juin 6th, 2007
Categories: idées
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