
Beaubourg toujours. Ce mois ci, l’évènement du centre d’art contemporain s’appelle Dionysiac, plus qu’une expo cette manifestation se veut un pot pourri de la création actuelle, du l’art bien gras dans toute son exubérance.
Amateurs de chair fraîche, d’œuvres au Bacon et autres effusions de pigments, amateurs d’impostures, de clichés et de fausses provocations, amateurs de déjà vu, de je veux être et de besogneuse subversion : vous serez comblés. Quand les artistes officiels veulent faire mal ils égratignent à peine. Les chirurgiens plastiques ont beau prendre des hachoirs, ils n’atteignent pas l’efficacité brute des bouchers armés de bistouris. L’intention est là bien sûr, mais c’est bien peu de chose comparer aux enjeux. Alors qu’on attend de voir entrer la mort dans son costume en latex, la peste nucléaire, l’apocalypse des sens, le tremblement du monde, le pet galactique, l’Atlantide de nos vies. Alors que l’on attend l’infamie, l’obscène, le grandiose, l’excès qui se dépasse lui-même, les petits Musées bourgeois nous présentent un rhume, une mauvaise grippe, au mieux quelques pâtés en croûte.
Le tsunami ne leur aurait-il rien appris ? Ces toiles, ces œuvres, ces installations n’effrayent personnes, elles sont timides, presque sages. Où est passé le Dionysos olympique, le vrai ? Où est passée la colère du Dieu de l’orgie ? S’il n’est pas redoutable, si son courroux ne se fait entendre, il n’est rien qu’une icône de pacotilles, une marionnette à bigots. Dionysos la puissance, la force de l’ivresse et de la bourracha, le patrons des atomes lourds est là bien mal représenté. Invoqué une divinité pour lui servir la soupe est une offense. Craignez jeunes parisiens sa vengeance. Ou bien faites comme moi, mettez sa faveur de votre côté : allez-y bourré !
Malgré son titre périlleux, cette exposition mérite tout de même que vous lui consacriez quelques instants. Ne serait-ce que pour les trois œuvres que présente le collectif d’artistes autrichiens Gelatin. Et puis le reste par curiosité.
Posted: février 21st, 2005
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Le rap est mort. Voilà bien un propos de quadragénaire. Faut-il rappeler aux fossoyeurs du hip hop ce qui se disait dans les années 80 sur le rock ? C’est une constante dans l’histoire de la musique. Les hommes vieillissent, ils se rendent compte que pour eux c’est terminé alors ils enterrent avec eux tout ce qu’ils ont connu. C’est le syndrome du pharaon, du mythomane qui veut être enterré avec son trésor. C’est surtout du n’importe quoi. C’est pas parce que les rappeurs de la première heure font une demande de carte vermeille qu’un courant artistique va disparaître. Au contraire, ça fera de la place pour les jeunes. Alors que ceux qui n’y croient plus prêchent ce qu’ils veulent, la fin du monde si ça les chante et puis avant c’était le bon temps, ils n’empêcheront pas la nouvelle génération de s’emparer de leurs œuvres. Quand on entend la production rock du moment, on ne regrette ni les Beatles ni les Stones. Kool Shen ne manquera pas trop à ceux qui l’ont connu au top. En revanche, ceux qui vont le découvrir dans cinq ou dix ans, quand on l’aura bien oublié lui et sa clique, ceux là prendront la même claque qu’on a prise à l’époque. Et ils attraperont un micro, ils insulteront tout le monde et ça sera cool. Alors les blasés, si vous voulez raccrocher, raccrochez, moi je reste. D’ailleurs ne dit on pas que les meilleurs s’en vont toujours les premiers ?
Posted: février 17th, 2005
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Après l’Hôpital Ephémère, après Mains d’oeuvre, le collectif Usines Ephémères s’empare d’un nouveau lieu hautement stratégique de la capitale : l’ancien Point P du quai de Valmy à Paris.
A quelques encablures du métro Stalingrad, les instigateurs de ce projet, activistes culturels confirmés, ont trouvé le lieu idéal. Parfait compromis entre Mains d’oeuvre et le Batofar, alliant le volume d’une friche industrielle – 1400 m2 – à la proximité apaisante de l’eau qui coule – le canal Saint Martin – cet ancien entrepôt dispose d’un avantage non négligeable sur ses prédécesseurs : une situation centrale dans la capitale. Enfin, il était temps.
Le Point Ephémère se veut un « centre de dynamiques artistiques ». Ses objectifs consistent à proposer au public un espace dédié à la création pour la musique, les arts visuels et la danse. En attendant les arts visuels et la danse, on peut déjà y aller pour voir et pour danser sur de la bonne musique ! Vendredi dernier c’est le posse Katapult qui a pris la maison en main pour notre plus grand plaisir. S’y sont produits ce soir là quelques unes des grosses pointures parisiennes : DJ Chloé, Krikor, Cabanne et Ark. De quoi pendre la crémaillère en beauté et laisser présager de belles teufs à venir.
Voilà, c’était la bonne nouvelle du jour. Mais n’oublions pas de rester attentif ensemble à ce que la programmation reste aussi qualitative que la situation géographique. Et espérons que pour une fois cette réussite ne sera pas trop éphémère.
Posted: février 14th, 2005
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Avis à la population : sont exposés à l’hôtel Sully dans le Marais à Paris et ce jusqu’au 20 mars, soixante dix clichés photographiques de la grosse pointure des grosses pointures en la matière, le maître Stephen Shore.
Ce photographe américain de la génération du baby boom apparaît comme le parfait génie. Précoce, surdoué, précurseur, sa notoriété auprès du grand public est apparemment inversement proportionnelle à son talent. Les initiés au moins lui vouent le culte qu’il mérite. A commencer par Warhol qu’il fréquenta à l’âge de 17 ans et qui « l’aida à se construire une identité » pour vous le situer grossièrement c’est-à-dire dans les années 60-70, période de grande ébullition. Mais, bien au-delà du pop, le créneau de notre homme en est une composante élémentaire : la couleur.
Cette photographie couleur américaine qui structure l’inconscient de tous les sujets de la société de consommation, cette couleur qu’on retrouve chez William Eggleston, qui raconte la mythologie du paquet de lessive, l’extraordinaire beauté d’une route, le rêve américain, cette photographie couleur c’est celle de Stephen Shore. Et à l’image du monde qu’elle décrit, de ces paysages ou de ces autobiographies peu importe c’est la même chose, elle dégage une puissance irradiante, le sentiment fataliste du destin scellé d’un papier gras qu’on jette à la poubelle. Les motels où nous n’avons pas dormis, qui nous sont étranger et qui pourtant nous appartiennent parce qu’ils habitent notre littérature cathodique, Stephen Shore les a admirablement saisis.
Une excellente vidéo situationniste intitulée « intersection » vient couronner le tout et pour ceux qui en voudraient encore, d’autres photos de Stephen sont visibles à la galerie Kamel Mennour à Paris jusqu’au 13 février. Et si vous ratez les deux expos souvenez-vous qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir les classiques.
Posted: février 3rd, 2005
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La théorie de l’agenda médiatique nous apprend que parler de qui que ce soit, même en mal, est favorable à sa notoriété et en fin de compte à son image. Alors ils sont nombreux les médias qui, à l’image de trofor.com, pratiquent la censure, ou devrais-je dire le politiquement correct, par omission. Si on n’aime pas on en parle pas et puis c’est tout. Ça permet une hypocrisie absolue. On reste irréprochable, inattaquable en ne faisant que passer de la pommade. Et on ne risque pas de faire de la pub malgré soi en descendant quelque chose ou quelqu’un. Mais la fâcheuse conséquence de cette politique c’est la perte totale d’esprit critique, la complaisance, la collaboration à ce système bien huilé. Alors pour une fois, parlons de ceux qui jouent ce jeu, parlons des pourris, des salops : TF1 et LCI pour les plus responsables mais aussi les petits, un peu plus minables, ceux qui se taisent juste, qui s’aplatissent : Le Monde, France Télévision, Radio France, et les autres… Que la presse soit muselée par le pognon, qu’elle collabore activement à la sauvegarde d’intérêts économiques mesquins, qu’elle étouffe la création contemporaine, qu’elle assujettisse les masses est une chose. Mais qu’elle le fasse au nom d’idéaux nobles c’est vraiment de l’enculade. Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil : non. Les connards sont là et c’est notre devoir de les niquer. Tous à vos stylos et à vos microphones. Faites du bruit !!!
Posted: février 1st, 2005
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