News for janvier 2005

DON LOU DONALDSON

Lou Donaldson is the Don ! comme dirait KRS one. Monstre sacré du jazz, fer de lance du label Blue Note à la grande époque, Lou Donaldson est toujours là et bien là, il fait partie du gang et en est un parrain respecté.
En deux mot et trois morceaux, voici une présentation de cette star de l’underground : alto, saxophone, « Blues Walk », « Alligator Boogaloo », « Midnight Creeper ». Il donnait hier soir un concert au New Morning et du haut de ses 78 ans, il a tenu son rang de king. Avec l’âge, les musiciens de jazz se bonifient, ça ne fait aucun doute. Pour ce qui est du son je vous laisse vous procurer son entière discographie, ainsi que celle de Thelonious Monk, de Art Blakey et de Jimmy Smith dont il a été le saxophoniste. En plus de ses classiques, il a interprété quelques reprises bien senties comme « What A Wonderfull World » de Louis Armstrong, morceau d’une intensité exceptionnelle quand elle chanté par un vieillard, et deux morceaux de Charlie « The Bird » Parker a qui il voue manifestement une immense admiration.
Mais pour revenir un instant sur sa personnalité, il serait injuste de ne pas dire un mot de son excellent sens de l’humour. « No fusion, no confusion » pour ce puriste du jazz, il n’y a que le jazz qui vaille, « No Puff Daddy, no Heavy D » et même tenez-vous bien : « No Snoop Doggy Dog » ! Bien qu’il admette tout de même au sujet de Snoop qu’il lui envie une chose, une seule : les filles qui l’accompagnent. Sacré Loulou ! Et puis, toujours dans son approche bien traditionnelle du son, il a gratifié l’audience de deux morceaux de blues à se pisser dessus. Il chante. Et quand il chante le blues, il a le sourire aux lèvres et ne manque pas de verve. Il a réussi à taper sur George Bush et ses armes de destructions massives, mettant du même coup toute la salle dans sa poche.
Avec ses 80 balais, son costume noir bien coupé et sa fine moustache de mafioso, ses valises sous ses yeux et l’air crevé des jazzmen, il peut revendiquer fièrement le titre d’un des albums qui ont fait sa gloire : « Everything I Play Is Funky ». Lou let me tell you something : you will never die.

Posted: janvier 29th, 2005
Categories: musique
Tags:
Comments: No Comments.

CAROLE BENZAKEN

Peindre des brebis dans un champ est une chose. Les peindre en les observant depuis une voiture lancée sur l’autoroute en est une autre. C’est précisément cela qui fait tout l’intérêt du travail de Carole Benzaken.
Lauréate du prix Marcel Duchamp 2004, elle exhibe ses oeuvres actuellement et jusqu’au 7 février dans l’espace 315 à Beaubourg. Exposée comme nous tous au flux médiatique ininterrompu, au rythme effréné de l’information qui se déverse, elle nous propose de voir le résultat de sa propre digestion. Pour fixer le mouvement elle s’est mise en mouvement elle-même. Comme elle le raconte dans une vidéo introductive, après avoir acheté une voiture aux Etats-Unis, elle s’est mise en route et a commencé à peindre et à dessiner son environnement sous la forme d’une collection de fragments. Elle accole des éléments sans rapports apparent dans de longues frises de miniatures, évocation du ruban qui défile sous les yeux du voyageur autant que des images d’une télé sur laquelle on n’arrêterait pas de zapper.
Elle sample visuellement le monde et restitue le tout sous la forme d’un break beat pictural. L’expo s’intitule « Search For The New Land », nom d’un album de Lee Morgan, célèbre trompettiste de Jazz ayant connu son heure de gloire à la grande époque du label Blue Note, dans les années 60-70. Mais retournons à nos moutons ou plutôt à nos brebis. Au milieu de ses peintures qui représentent la banalité du monde, un appareil photo numérique, un kit mains-libres posé sur un siège d’automobile, une femme armée d’une kalachnikov, un oeil, un couché de soleil, Carole a introduit des petites vidéos. Juste pour dire que le support est mort sans doute, que le média est secondaire, que ce qui compte ce sont les brebis.
Allez-y, regardez son travail et écoutez la en parler et en rire. Peut-être alors serez vous séduit par l’idée qu’elle n’a de cesse d’illustrer : nous sommes les spectateurs d’un monde qui voyage autour de nous.

Posted: janvier 26th, 2005
Categories: expo
Tags:
Comments: No Comments.
Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes