
Après Danton, Camille Desmoulins, Fabre d’Eglantine et Marat, le couvent des Cordeliers abrite depuis quelques années une nouvelle société secrète : celle des artistes contemporains. Souhaitons-leur d’être aussi révolutionnaires que leurs aînés.
Le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris s’évade du triste quartier d’Iéna, où est allé s’enterrer le Palais de Tokyo, pour prendre un peu l’air. C’est donc au Couvent des Cordeliers dans le quartier de l’Odéon que s’est établi pour l’été un de ses prolongements. Et le programme qu’il nous réserve est à la hauteur des aspirations les plus exigeantes. On retiendra trois attractions principales. L’installation d’Annette Messager, les parcours sonores d’Anne Dressen et dans un style plus commercial la librairie d’art du couvent. Mais ajoutons encore trois mots sur le lieu en lui-même : luxe, calme et volupté. A l’abri du vacarme des quartiers avoisinants, on croirait en entrant pénétrer dans un havre de paix. Heureux pendant à échelle humaine des usines à art que sont les hypermusées tels que Beaubourg ou le Louvre.
Annette Messager occupe la nef du couvent en y exposant une pièce unique. Son installation se compose d’une série d’objets du quotidien plus ou moins identifiables qui jonchent le sol. Ils sont recouverts par un grand voile noir et translucide animé par un système de soufflerie. Le vent, en s’engouffrant sous le voile le soulève en laissant apparaître les objets. Lorsque le voile retombe, tout disparaît. L’effet obtenu est sublime et saisissant. A l’extérieur, dans le petit patio, Anne Dressen propose aux visiteurs une promenade musicale sur les traces d’artistes contemporains tels que Christophe Van Huffel, Florian Hecker ou Goran Vejvoda. Ça s’appelle « Off The Record ». On peut s’installer là dans un fauteuil et écouter la sélection musicale d’un artiste sur l’I-pod qui lui est dévolu. L’expérience est originale mais c’est surtout l’endroit qui fera le bonheur des curieux et des regardants puisque c’est gratuit.
Enfin, et en guise de digestif, le couvent est doté d’une librairie de livres d’art d’une rare qualité. Certes on y retrouve des références connues mais le choix est pointu et les thèmes abordés ne peuvent vous laisser indifférents. Bref vous ne perdrez pas votre temps à fréquenter les anciens clubs révolutionnaires et en plus vous soutiendrez le petit Musée de quartier face à l’hégémonie des hypermarchés de la culture.
Posted: août 17th, 2004
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Rares sont les trofornautes à avoir vécu pendant les années 50. Pourtant, certains d’entre eux cultivent un goût prononcé pour la culture de cette époque. Musique, littérature, arts en général, les productions d’alors ont emmagasiné l’énergie de cet âge d’or. Beat génération, be-bop, rock’n’roll, nouveaux réalistes et pop art, tous ces courants artistiques sont nés pendant les années 50. Et ils n’en finissent pas de revenir. Mieux, ils n’ont jamais disparus. Et pour cause, le mode de vie qui leur a donné naissance est une constante de notre civilisation. Malgré tous les changements apparents, nous habitons toujours dans le même monde que celui de l’après guerre, notre modèle sociale reste inchangé. C’est celui qui, gouverné par la croissance économique, donne à chacun l’illusion de sa propre liberté à travers la consommation. On nous ressert donc ce qu’il y a à manger depuis cinquante ans. Il ne s’agit pas dans cet édito de faire le procès du monde ou de mettre le système économique en accusation mais simplement d’expliquer le pourquoi du non-renouvellementt de la création. Tant qu’on consommera de la liberté sous forme de confort et de divertissement, on sera toujours tenté de préférer l’original à la copie.
Posted: août 11th, 2004
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idées
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Le monde du graffiti et de l’art du saccage se divise en deux catégories : ceux qui recherchent la gloire et ceux qui la méritent. Eker comme vous l’avez compris appartient à la deuxième catégorie.
Il est toujours assez difficile d’obtenir des informations fiables sur les taggueurs mais voici celles dont on dispose pour l’instant. Eker appartient à trois crew : TNS, DAS et CMP. Le plus fameux des trois étant les CMP (Comité de la Mafia Parisienne) puisqu’il regroupe sous sa bannière des noms prestigieux comme Disco, Seyb, Spone, Eole, Diksa ou encore Dion, Baboo et Smat pour les plus connus. Les CMP sont actifs depuis longtemps et Eker est lui aussi un vétéran, un vieux de la vieille en un mot : un multirécidiviste ! Tout comme ses compères Smat et Dion, on est pas frappé la première fois qu’on voit un de ses tags par la qualité calligraphique de l’ouvrage.
C’est la persistance, l’abnégation qui fait le champion. Les années passent et les tags s’effacent … sauf quand leur auteur les repasse ! Alors que Smat était beaucoup plus impressionnant lorsqu’il était en activité (aux côtés de O’Clock avec les 156), on se souvient moins bien de lui. Et pour cause, il ne reste pas grand chose de ses œuvres. Pour Eker c’est différent. Discret à l’origine, ne cassant pas des briques, il a su imposer son style vandale au cours du temps. Années après années, son blaze s’impose comme un incontournable du paysage parisien. Il pose également des lettrages ou des flops (EK) bien bourrins à la manière de Trane mais en moins grande quantité cela va sans dire.
Pour résumer, disons que Eker a un tag vraiment phénoménal. On sent en le voyant que son auteur a de la bouteille, du savoir-faire. Ses plus belles pièces sont des rideaux de fer, sauvagement balafrés. De la poésie à l’état peur.
Posted: août 3rd, 2004
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graffiti
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