News for juin 2004

L’OISEAU D’OR PROFONDEMENT

Un conte moderne, une fable, une allégorie, une parabole, on ne sait pas quel nom donner à la nouvelle pièce cinématographique du jeune réalisateur Virgil Vernier. L’auteur de Karine nous livre pour l’été 2004 le fruit de ses plus récents travaux en matière représentation et de structure narrative.
Cette fois-ci, Virgil a pris comme base de travail un conte des frères Grimm qu’il adapte avec la liberté qu’on lui connaît. Il s’agit de « L’Oiseau d’Or ». Les thèmes abordés par le récit son aussi nombreux que complexes et offrent une matière symbolique quasi omniprésente. Le conte représente un fil conducteur, un cadre narratif. C’est lui qui permet d’identifier clairement le début, le déroulement et le dénouement du film. Autour de lui, viennent se greffer des éléments sans liens apparents. Les scènes du conte sont jouées en costumes, dans des décors de théâtre. Elles sont entrecoupées, comme elles auraient pu l’être pour des changements de plateau, par des scènes de la vie quotidienne des acteurs.
On passe ainsi d’une époque à l’autre, d’un lieu à l’autre, d’une fiction à l’autre dans un même mouvement. Comme si l’auteur avait voulu jouer avec l’aspect fictionnel de la réalité. Comme s’il avait voulu faire tomber la frontière entre ses comédiens et ses personnages, entre sa propre vie et son film. « L’Oiseau d’Or » n’existe pas, pourtant nous le recherchons tous plus ou moins. Au-delà des spéculations philosophiques sur le fond, du pourquoi du comment et des procès d’intention que la réalisation d’une telle œuvre ne peut que susciter, on appréciera la forme.
Personnelle et engagée, fragile et décalée, cette vision du monde que propose Virgil, cette histoire des histoires à quelque chose de rare : de la poésie. Voilà ce qui manque à beaucoup de personnes qui sont derrière la caméra mais qui oublient trop souvent d’aimer ce qu’ils filment.

Posted: juin 26th, 2004
Categories: cinéma
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MANOLITO A L’ASSAUT

A la croisée des cultures Yoruba, Congolaise, Indienne, Espagnole et Sud Américaine, Cuba est le lieu d’un bouillonnement culturel sans précédent qui nous livre depuis une cinquantaine d’années, fournées après fournées, les musiciens les plus talentueux de la planète.
A l’image de la Santeria, le culte des saints qui emprunte à toutes les religions, la musique cubaine est un patchwork de ce que toutes les influences ont pu apporter à cette île. Le style qui caractérise Cuba et qui nous intéresse aujourd’hui c’est la Timba. Mouvement dont les doyens, mais aussi les plus célèbres représentants sont Los Van Van. La Timba est une forme de salsa forcenée ayant décidé de repousser un peu plus loin les limites de la santé mentale. Manolito en est le fer de lance actuel et son concert au New Morning ce mercredi en compagnie de son Trabuco a mis les pendules à l’heure.
Avec ses 15 musiciens, dont notamment le génial Sixto « El Indio » Llorente qui est sans doute le meilleur du monde, Manolito y su Trabuco déploie une artillerie musicale d’une puissance sonore sans égal. Ils ne sont pas moins de trois chanteurs, deux pianos, trois percussionnistes, un violoniste, un contre-bassiste, un violoncelliste, un flûtiste et quatre cuivres sur scène. Toute cette équipe, parfaitement organisée, est capable d’obéir au doigt et à l’œil de Manolito qui, en plus d’être au piano, est le véritable directeur de cet orchestre.
L’énergie que dégage Manolito et son groupe sur scène est tellement positive et entrainante que le public ne peut que la rendre en dansant, en hurlant, en entrant dans une transe collective qui fait du bien au corps comme à l’esprit. La Timba c’est la seule secte que Trofor.com vous recommande !

Posted: juin 25th, 2004
Categories: musique
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