News for avril 2004

LES WRITERS PARLENT AUX WRITERS

Pour les profanes, il faut commencer par expliquer que les writers sont les tagueurs. C’est un terme générique qui englobe toutes les activités liées au graffiti et c’est aussi le titre d’un film documentaire sorti récemment en dvd. Un film qui fait parler le microcosme et qui mérite sa chronique.
La meilleure introduction, aussi paradoxal que cela puisse paraître, serait peut-être d’en dévoiler l’épilogue : BANDO déclare que l’essence du graffiti est de s’adresser uniquement à ceux qui en font, qu’il est imposé aux autres sans qu’on leur demande leur avis et que c’est très bien comme ça. Le sous-titre du film étant <i>20 ans de graffiti à Paris</i>, il y est souvent évoqué le nom de BANDO des TCK qui se révèle être le parrain si ce n’est du graffiti européen, au moins du graffiti hexagonal. Mais le propos de cet article n’est pas de revenir sur le contenu du film et il convient plutôt d’en apprécier l’impact sur les esprits. Comme tout ce qui concerne le graffiti, ce film suscite chez les praticiens commentaires, critiques et polémiques. Le réalisateur lui-même, Marc-Aurèle Vecchione, appartenant à un crew toujours en activité se voit taxé par certains de partialité voir de sectarisme.
Sa subjectivité est là bien sûr mais essayons d’apporter une appréciation juste sur son film : Lorsqu’il évoque la genèse du mouvement, son travail fait l’unanimité, mais dès lors que le graffiti en France devient un phénomène de masse, son traitement des faits devient plus contestable. Bref, le début 1983-1993 est mortel et quiconque se penche sur le mouvement doit l’avoir vu comme il doit avoir vu les autres (<i>Wild Style, Beat Street, Style Wars, Dirty Handz</i>, etc…), c’est du classique au même titre que les ouvrages d’Henry Chalfant. Quant à la décennie 1993-2003, attendons peut-être d’avoir le recul nécessaire à l’étude d’un mouvement qui aura connu à cette période et après son âge d’or, sa réelle massification.
Verdict : il faut voir <i>Writers</i>, d’ailleurs pour être en accord avec sa philosophie je devrais poursuivre en disant qu’il faut pratiquer le graffiti ! Enfin, ça va faire plaisir aux défenseurs de la francophonie de savoir que dans tous les livres de l’histoire de l’art à venir figurera la mention d’écoles dignes du Quattrocento italien ou du Paris des années 20, celles des CRIME TIME KINGS, du BAD BOYZ CREW et des CHROME ANGELS…

Posted: avril 24th, 2004
Categories: graffiti
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IN FLUX A VOIR

Trois jeunes artistes s’exposent ces jours-ci à l’Electron Libre, le squat du 59 rue de Rivoli à Paris. Ils proposent aux visiteurs de découvrir leurs univers visuels où les références musicales jouent à cache-cache avec les aplats de couleurs et où la ville et ses réseaux n’en finissent pas de brouiller les pistes.
Les coupables s’appellent Sundae ( Black Futur Peinture ), Superheights ( Sérigraphie and Many More ) et Cosmonote (Illustration Unplugged). Les collages de Cosmonote sont pleins de vitalité et de fraîcheur mais, comme il le déclare lui-même, il s’agit là d’un coup d’essai et la vraie performance pour lui aura été de finir à temps et d’assurer un minimum. Ce n’est pas le cas de Sundae qui lui est un habitué des vernissages et qui d’expo en expo, affirme son style. Entre graffiti et pochettes de disques, ce peintre-DJ livre des toiles qui ressemblent à ses mixes. L’atmosphère lui est propre, la tonalité générale se retrouve de toiles en toiles mais à chaque réalisation un détail fait la différence, une trouvaille fait son apparition. Le renouvellement s’inscrit alors dans la continuité. C’est peut-être ça le Flux…
Celle qui sort son épingle du jeu c’est Superheights. Déjà rencontrée dans le monde de la musique, cette artiste tire son pseudonyme de l’utilisation qu’elle a pu faire de la vidéo 8, des diapositives et autres photos lors de séances de V-Jaying. Superheights a donc décidé de ne pas se cantonner aux projections et après avoir réalisé des pochettes de disque, notamment pour Double U, des sérigraphies sur vêtements, elle a une fois de plus élargi son spectre en imaginant la concept-tape. Il fallait y penser. On trouve donc dans un petit sachet plastique : une cassette réalisée par un musicien accompagnée d’un bracelet anti-transpiration estampillée au nom de l’artiste et une notice explicative décrivant les type de véhicule dans lequel écouter la cassette entre autre. Tout un programme.
Vous l’aurez compris, l’artiste à ne pas rater s’appelle Superheights, elle remporte la palme, tant par l’originalité de ses créations que par la sensibilité qu’elle déploie pour les réaliser. Au-delà de la hype ou de la tendance il y a un flux qui passe, du 14 au 27 avril, l’entrée est libre.

Posted: avril 16th, 2004
Categories: expo
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DEDITORIAL

Ceux qui connaissent la musique le savent bien, les dédicaces c’est un grand classique. Qu’elles soient radiodiffusées, sur un livret, sur le dos d’une pochette ou qu’elles fassent carrément l’objet d’un morceau, c’est toujours un véritable exercice de style. Dans le rap notamment, les dédicaces sont très importantes. Elles donnent le ton, permettent de faire passer un message sous une forme atypique, parfois communautaire, voir intimiste. Elles sont truffées de codes, de références et de private joke destinées à un happy few. C’est l’occasion de montrer les connivences et les connexions qui peuvent exister entre les uns et les autres. Omniprésentes dans le hip hop mais aussi largement représentées dans le reggae, la techno et tous les styles de musique en général, les dédicaces dotent l’homme moderne d’une culture spécifique : la culture de la dédicace. L’idée de Trofor.com c’est d’inventer un nouveau genre rédactionnel : le déditorial. Un mélange de dédicace et d’éditorial, une façon de dire que le contenu du site est dédié à tel ou tel groupe, à telle ou telle personne. Et si vous avez bien suivi depuis le début, vous aurez compris que dédicacer un contenu, c’est en créer un supplémentaire. Ce premier déditorial s’adresse donc très naturellement à tous les trofornautes qui jours après jours apportent leur click à l’édifice de leur site : Trofor.com.

Posted: avril 12th, 2004
Categories: idées
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