News for mars 2004

SEU JORGE THE KILLER

Vous connaissez Monsieur Jorge mais sous une autre identité, celle qu’il revêt dans le film « La Cité de Dieu », à savoir Manu Tombeur. Acteur et chanteur Seu Jorge est avant tout un séducteur. Doté d’un charisme hors du commun, il arrive en France pour tout fracasser mais cette fois il a troqué son flingue contre une guitare.
Le rôle de Manu Tombeur n’était pas un rôle de composition pour Seu Jorge qui vient lui-même de la Favela, qui y a grandit et qui y a perdu son frère sous les balles d’un gang dans la réalité comme dans la fiction. La musique faisait également partie de sa vie avant qu’il ne rencontre le succès et ça se sent. Que tous les amateurs de samba carioca se réjouissent, Seu Jorge à la guitare est accompagné par la formation de base des orchestres brésiliens traditionnels : pandeiro, cuica, cavaquinho, surdo, etc. De ces orchestres que l’on trouve dans la rue, qui s’improvisent autour de quelques bouteilles de caipirinha et qui n’ont pas besoin d’électricité pour mettre le feu.
L’actualité de Seu Jorge c’est la sortie prochaine d’un disque intitulé « Cru« . Les morceaux qu’il interprète sont tantôt des compositions, tantôt des standards de samba mais ils sont toujours joués avec un naturel à couper le souffle, une spontanéité rafraîchissante, une chaleur unique. Le son est là, dénué de tout artifice, véhiculant la puissance du peuple qui le soutien, qui le fait vivre. Ce son c’est celui du ghetto, celui que l’on retrouve dans les standards de jazz, de blues, de hip hop, de reggae et de moult musiques qualifiées de musiques du monde parce qu’elles appartiennent à des lieux plus qu’à des personnes.
Seu Jorge représente, un vrai VRP au service de la samba. Mais non pas d’une samba poussiéreuse, obsolète et engluée dans la tradition, ni d’un improbable mix drum’n’bass brésilien ou d’une nouvelle électro-carioca aseptisée par la froideur des machines, non, il représente et fait vivre sur scène l’essence originale de la fièvre musicale dans toute sa chaleur : la folie.

Posted: mars 29th, 2004
Categories: musique
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LES VISIONS DE MIRO

Il fait parti de ces peintres qui font de l’Espagne le pays de la couleur, Joan Miro, le concepteur, le peintre génial est une fois de plus à l’honneur pour ce printemps 2004 au centre Georges Pompidou à Paris.
Explorateur et architecte pictural dans l’âme, son style si caractéristique ne s’est pas fait en un jour même s’il était là, comme permet de le découvrir l’exposition, dès les premières créations de l’artiste. On découvre le « early » Miro, celui du début des années 1920. On comprend, en regardant sa production, à la fois l’influence et le recul que les débats des intellectuels et les tableaux des autres peintres de l’époque suscitent en lui. Comment ne pas succomber à un Miro rebelle qui déclare lui-même vouloir tuer l’art ? Paradoxe d’une originalité évocatrice.
Miro se place en amont. Il dessine et il peint ce qu’il y a sous les choses, avant les choses. C’est un peintre de l’infra structure, du minimal, de la graine. Il joue avec l’équilibre de ses compositions comme les frères Fratellini sous leur chapiteau. Le titre de l’accrochage « 1917-1934 La naissance du monde » souligne le lien quasi ombilical qui relie les toiles de Miro à une sorte de quête mystique. Cette volonté de retour aux origines, non pas dans le ventre dans sa mère mais plutôt dans ce qu’il y avait avant.
Les entrailles du génie sont sorties, il a les tripes à l’air, une occasion qui ne se présente ma fois pas si souvent et qu’il serait fâcheux de rater. Du 3 mars au 28 juin à Beaubourg, ne laissez pas une giboulée vous en priver.

Posted: mars 21st, 2004
Categories: expo
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PIRATE AGE

C’est le moment ! N’attendez plus et téléchargez tout ce que vous pouvez ! Pourquoi payer quand on peut partager ? Acheter un disque ou un DVD c’est comme faire un virement à la World Company. C’est absolument inutile. De toute façon, le jour où toutes les maisons de production seront sur la paille, les plus riches qui se feront chier – les plus riches se font nécessairement chier parce qu’ils consacrent très peu de temps, voir pas du tout, à la principale activité des gens normaux : faire entrer les sous – auront besoin d’art, de nouveauté et s’improviseront mécènes pour leur propre divertissement. Pourquoi croyez-vous que l’on crée une maison de production si ce n’est pour se divertir ? Sinon, autant être courtier en matière première ou agent immobilier. Au moins les mécènes ne formatent pas leurs artistes, ils payent sans attendre d’être payer en retour. Vendre une œuvre d’art est en soi une mauvaise idée. Soit une œuvre ne vaut rien, soit elle n’a pas de prix. Pourquoi un ticket de cinéma pour un mauvais film est il au même tarif que le ticket pour un bon film ? Pourquoi un disque vaudrait-il 1, 10, 100 ou 1000 euros ? Il n’y a aucune logique là-dedans. Un disque vaut le prix d’un disque vierge plus le temps qu’il faut pour le graver et c’est tout. Pourquoi ne pas faire payer des droits d’auteurs aux gens qui sifflent sous la douche ? La propriété artistique et intellectuelle est une vaste escroquerie qui dure depuis trop longtemps. Soyez citoyen, partagez tout ce que vous possédez. La copie est le mécanisme premier de l’apprentissage. Pour apprendre à écrire on copie des lettres dans un cahier, pour apprendre à jouer d’un instrument on joue les morceaux des autres, toute la pédagogie repose sur l’imitation. Interdire la copie c’est interdire la culture. Mort aux maquereaux du savoir, mort aux bourreaux de l’art qui veulent le rendre rare pour en tirer plus de profit. Le peuple n’est certes pas dans la rue, mais il a déjà pris possession du plus vaste réseau du monde. Fuck You Picsou.

Posted: mars 3rd, 2004
Categories: idées
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