
Après The Streets, New Flesh For Old et Roots Manuva, c’est une fois de plus d’outre manche que déferle un vent de fraîcheur sur le hip hop. Toujours emprunt de sonorités industrielles issues de la scène Drum’n’Bass et Ragga, le rap anglais avec ses accents cockney ou yardie et ses violentes instrus futuristes nous rappelle la grande époque des Asher D et Daddy Freddy.
L’esprit jamaïcain plane sur Londres et ce phénomène ne dure pas que quelques jours par an pendant le carnaval de Portobello. Toute la scène underground londonienne est pétrie de son influence. Si en France la jungle n’a jamais connu l’explosion qu’elle connaît en Angleterre c’est très certainement parce que la notion de Dancehall nous échappe encore. Cette fameuse culture club que nous envions depuis toujours à la perfide Albion vient de faire un nouveau petit en la personne de Dizzee Rascal. Sur les traces d’un Jumpin’ Jack Frost ou d’un Jamalsky, Dizzee a fait ses armes en vrai MC de club. On sent dans son flow qu’il a accompagné plus d’un sound system en freestyle et c’est tout naturellement que vient l’adjectif anglais qui le caractérise le mieux : massive.
A ce jour, le jeune Dizzee – 18 ans seulement – n’a sorti qu’un seul album « Boy in da corner ». Mais quel choc ! Avec des morceaux comme « Round we go » et « 2 far », il pose les jalons d’une fusion hip hop/drum’n’bass qui n’avait jusqu’alors jamais été autant explorée. A l’instar du ragga dont les versions instrumentales sont devenues avec le temps de plus en plus électroniques, le son de Dizzee Rascal assume toutes ses influences venues de la scène techno. L’ambiance générale du disque transpire de l’esprit londonien : pressé, violent, agressif et cru. Pourtant une âme semble se dégager du clash des cultures cosmopolites que compte la ville. L’art du mélange est à son paroxysme.
Une fois de plus, le son anglais nous met une claque en marquant son autonomie, sa différence du cousin américain et son avance sur la production continentale. L’album de Dizzee Rascal est un vrai ovni : Trop downtempo pour le dancefloor et trop agressif pour chiller, il trouvera son public chez les grands mélomanes comme vous et moi … ou chez les fans de tuning.
Posted: octobre 27th, 2003
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Usine à rêves, Beaubourg fait partie de ces Musées capables de créer des phénomènes de masse. Temple de la culture, le centre Pompidou est à l’art ce que les grandes surfaces sont à la consommation : un univers fait d’arguments plus quantitatifs que qualitatifs qui ouvrent la voie à toujours plus de merchandising et de mythification.
Mais pourquoi tant de haine ? Bien heureusement l’exposition dont il est question ici,<i> Jean Cocteau, sur le fil du siècle</i>, mérite plus d’éloges que de critiques. Un nombre considérable d’œuvres (900 pièces) retrace l’histoire de l’art du siècle passé à travers le fabuleux destin de Cocteau. Du Cabaret Voltaire aux nuits chaudes de Manhattan, des surréalistes aux nouveaux réalistes, pas un courant n’échappe à la figure de Jean. Un effort tout particulier a été fourni par les organisateurs de l’exposition pour faire partager la grande diversité des supports utilisés par l’artiste : les textes, les dessins, les croquis, les photos, les films mais aussi les costumes, les sculptures, les installations, etc.
La scénographie de cette exposition stupéfiante consacrée à l’illustre toxicomane est sombre, calfeutrée et confinée. Elle rappelle l’ambiance pesante des fumeries d’opium ou les rêves accompagnent la fuite du temps et finissent par s’évanouir en impalpables volutes. On reste plus fasciné par la vie de l’artiste et par ses fréquentations que par son oeuvre à proprement parlé. Cette dernière semble inaccessible parce que trop personnelle, elle fait un peu l’effet de la lecture d’un journal intime. Et elle est aussi diluée et occultée par celle de ses pairs qui le prennent comme sujet. Le Cocteau devient un exercice de style auquel tous se livrent.
Dans les sérigraphies de Warhol, Cocteau est rabaissé au rang d’une Marilyne Monroe ou d’une Liz Taylor. Véritable icône, Cocteau tel qu’il est présenté ici est une authentique star, un pur produit. Alors vous aussi, allez à Beaubourg parce que vous le valez bien, en plus, en ce moment le 20ème siècle est en promo : une pléiade d’artistes pour le prix d’un !
Posted: octobre 22nd, 2003
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Allez Francis, au boulot ! Le synopsis est écrit et il ne reste plus qu’à s’occuper du casting. Hier, sur la place Saint-Pierre de Rome, le pape au seuil du trépas a fait franchir un pas supplémentaire vers la canonisation à l’Albanaise la plus connue du monde j’ai nommé Agnes Gonxha Bojaxhiu alias Mère Térésa de Calcutta. Croyez-vous qu’il s’agisse là d’un acte de foi ? De la juste reconnaissance d’une vie consacrée à l’amour et à l’assistance aux plus démunis ? Foutaises ! Bien-sûr que non ! Une fois de plus le Vatican resserre ses liens déjà étroits avec la mafia internationale. Les clans siciliens et napolitains qui ont beaucoup souffert ces dix dernières années de l’expansion albanaise et de sa main mise sur les trafics les plus juteux d’Europe du sud sont prêts à tout pour mériter la faveur des fils de l’aigle. Bienheureuse Méré Térésa pourrait l’être aujourd’hui si elle pouvait voir planer l’aigle bicéphale au-dessus des têtes de milliers de pèlerins ignorants. Et face à tous les bons sentiments et à l’eau de rose que nous déversent les médias aveuglés par un tel tour de passe-passe, on est en droit de se poser la question suivante : Jean-Paul II restera-t-il dans l’histoire comme le Pape qui a fait tomber le mur de Berlin ou comme celui qui aura rendu possible la mondialisation du crime organisé : de la mafia russe aux cartels colombiens, des triades chinoises aux gosses de Calcutta et tout récemment du Vésuve au Mont Tomor. Au fait Francis dans le rôle de Jean-Paul je verrais bien Sean Connery.
Posted: octobre 20th, 2003
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Il y a dans chacune des grandes métropoles européennes des spécialités locales et celles d’Amsterdam sont bien connues : ses Musées, ses canaux, ses coffeeshop et ses vélos. Mais lorsqu’il s’agit de clubbing et de vie nocturne, on pense plus volontiers à des villes comme Londres ou Barcelone voir Paris ou Berlin en oubliant bien souvent l’autre pays de la teufé.
Parmi les fêtes où il fait bon se rendre à Amsterdam, les soirées organisées par Chemistry tiennent une place de choix. Et notamment ses soirées RUSH – Raw Urban Sexy House – dont le concept, s’il est très proche d’un tas d’autres fêtes, est ici décliné à la mode hollandaise, avec ce qu’il convient d’appeler la Dutch Touch. Ça se passe tous les jeudis au club Escape. Situé en plein centre ville, le lieu s’apparente à une synthèse des bons côtés de salles comme l’Elysée Montmartre et le café Coste. En gros c’est grand avec plein de place pour un dancefloor massif mais en même temps c’est assez classe, la déco est soignée et tout. Mais le clou, comme vous pouvez l’imaginer, c’est ni le lieu ni le son. Le clou c’est les gens !
Excusez ma partialité absolue, mais l’enquêteur que je suis n’a pas su observer avec autant d’acuité la gente masculine que la gente féminine. Et pour cause, je ne savais littéralement plus où donner de la tête ! Ce qu’il est d’usage d’appeler en France une Bimbo de Teboi existe en Hollande à l’état naturel. Et oui, la Hollandaise est souvent une blonde à forte poitrine sans même le faire exprès. Du coup, le petit latin (pas lutin tout de même c’est déjà un pléonasme) qui passe par-là, qu’il soit Italien, Ibérique, Roumain ou Français en a le souffle coupé. Le choc est violent et l’expérience mérite d’être vécue, ne serait-ce qu’à titre anthropologique.
Bien sûr ce n’est là qu’un tout petit aperçu de ce que la ville renferme comme potentiel festif mais c’est déjà édifiant et il fallait en dire un mot pour clore ce mini dossier que Trofor.com consacrait cette semaine au pays des tulipes et de notre chère Béatrix. Au fait, l’année prochaine invitez-vous donc à son anniversaire que la ville célèbre dans la rue et auquel vous êtes tous conviés.
Posted: octobre 15th, 2003
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Il y a 150 ans Vincent Van Gogh ouvrait ses yeux sur le monde pour la première fois. Il en a depuis fait bon usage et, c’est ce que montre l’exposition <i>Gogh Modern</i> actuellement visible au Van Gogh Museum d’Amsterdam, marqué profondément le monde de l’art jusqu’à aujourd’hui.
L’idée de l’exposition Gogh Modern est la suivante : à l’occasion de ce 150éme anniversaire, les toiles du maître rencontrent celles de ses émules les plus contemporains dans un mélange organisé autours de thèmes tels que la couleur, l’Homme ou la nature. Des œuvres plus récentes donc qui sont une synthèse de l’emprunte laissé par le génie et notamment auprès d’artistes encore vivants comme Marlene Dumas dont on ne peut se lasser d’admirer l’extraordinaire talent. Mais ont trouve à ses côtés des toiles de Bacon, Warhol et Dubuffet qui donnent-elles aussi un peu d’air frais à l’institution poussiéreuse qu’incarne Outre-Flandres le peintre psychotique d’Auvers sur Oise.
Cette exposition qui s’achève le 12 octobre vous risquez de ne pas la voir car cet article est un peu tardif mais qu’à cela ne tienne, vous en verrez une autre car le déplacement en vaut véritablement la chandelle. Ne serait-ce que pour le lieu lui-même. Depuis 1999, le Van Gogh Museum d’Amsterdam a entamé une nouvelle vie avec son agrandissement signé Kisho Kurokawa qui dote l’ancienne structure du Musée d’une nouvelle aile et contribue un peu plus à faire de l’ensemble un édifice patchwork, une curiosité, vitrine assagie du dynamisme créatif et de la vivacité délirante de l’art architectural néerlandais.
On notera pour finir que les oeuvres contemporaines présentées dans l’exposition Gogh Modern viennent pour la plupart du Stedelijk Museum d’Amsterdam qui n’est autre que le Musée d’Art Moderne de la ville et qu’un petit tour par là-bas ne doit pas être mal non plus.
Posted: octobre 9th, 2003
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