
Basquiat, Basquiat, Basquiat, ça fait dix ans que nos oreilles résonnent de ce nom incontournable, dix ans qu’il est la référence et qu’il truffe l’actualité artistique, du pop art au graffiti, du hip hop aux revival des années 80, il est de tous les come-back. Et c’est de son pseudonyme de tagueur, SAMO, qu’un a priori nous hante tous à l’idée d’une nouvelle expo : Same Old Shit.
Lassé, blasé, convaincu de ne plus pouvoir être surpris par Jean-Michel après avoir longuement regardé des reproductions de ses œuvres dans les livres d’art, une ou deux toiles originales à Beaubourg, le film lui étant consacré (cf. article sur Downtown 81) et son mythique morceau de rap Rammelzee vs K-Rob, la perspective d’aller voir une expo au Musée Maillol avait un arrière goût de soupe froide, de réchauffé, comme si on n’avait pas grand chose d’autre à se mettre sous la dent. Erreur fatale. La présence des tableaux est irremplaçable. Et c’est d’autant plus vrai d’un artiste comme Basquiat dont une partie importante du travail était orientée vers la recherche d’impact. Les toiles présentées sont nombreuses et bien choisies. On peut observer des classiques comme le dinosaure couronné ou encore celui sur fond bleu ciel acidulé avec ses persos trofors…
Avec Basquiat, le graffiti entre dans le Musée tout en restant bien dans ses baskets. On dirait de la peinture, il y a un cadre, une petite étiquette avec le nom du tableau et les matériaux utilisés. Il y a une composition, une maîtrise de la couleur, de la symbolique, il y a plein de trucs qu’on a déjà dit mais il y a surtout du texte. Et il y en a beaucoup du texte : des ratures, des listes, des prix, des scores et des noms maculent chaque tableau. Alors, entre pop art et graffiti, c’est sans faire de vague que l’œuvre de Jean-Michel s’installe dans le somptueux Musée Maillol, au milieu des ministères et des bourgeoises du 7éme arrondissement. L’anticonformisme d’hier, parent direct du style vandale d’aujourd’hui, s’expose docilement au regard esbaudit des esthètes du ghettoriche et d’ailleurs. Que reste-t-il à la rue ? demanderait Garance des <I>Enfants du Paradis</I>.
Conclusion c’est que du bon. D’une part les yeux du monde s’habituent au monde lui-même ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi et d’autre part, l’énergie de Jean-Michel est bienfaisante, elle émane de ses toiles et contamine celui qui les regarde avec plus d’efficacité que l’ultime SRAS dernier cri.
Posted: septembre 23rd, 2003
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expo
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Trofor se maintient difficilement à la surface, non par manque d’actualité ou d’événements de nature poético-artistique méritants largement leur chronique, mais pour des raisons d’un autre ordre, celles qui font qu’on est PP ou qu’on ne l’est pas. Le célèbre acronyme polysémique à qui chacun fait dire ce qu’il souhaite et qu’on peut aussi bien décliner en Pastis Pétanque, en Poucard Posse ou encore en Problèmes Personnels. Trofor.com le siteweb entend vous faire pénétrer un peu plus avant dans ce qu’il est d’usage d’appeler la galaxie des Poucards. L’univers de ceux à qui le monde de demain était promis et qui se demandent ce qu’ils vont en faire aujourd’hui. Pour commencer, le Poucard qui est un type d’individu, peut aussi bien être une femme qu’un homme. Mais ne précipitons pas les choses et prenons le temps de découvrir ensemble ce qui sera certainement pour trofor.com le plus passionnant et le plus instructif des documentaires animaliers. A suivre.
Posted: septembre 23rd, 2003
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idées
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poucard
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Nous étions 300 000 selon les organisateurs de la techno parade 2003 à défiler samedi après-midi dans les rues de Paris, de la place Denfert-Rochereau à celle de la Bastille. Une masse phénoménale de jeunes venus de partout revendiquer avec force décibels leur droit à danser librement et sans entraves.
Cette édition de la techno parade, outre son exceptionnelle ampleur, était caractérisée cette année par une dédicace toute particulière, s’adressant certainement aux plus hautes autorités du pays largement critiquées par les plus fervents défenseurs de l’esprit de la fête, et dont la teneur suit : « A nos fêtes annulées, à nos amis disparus, à nos lieux qui ferment, à notre utopie techno ». Le mot est lâché et cette fois-ci il ne sort pas simplement de la bouche d’Etienne Racine mais de centaines de milliers d’individus, tous convaincus d’avoir un temps partagé la même espérance, la même utopie. Bien sûr la moyenne d’âge des manifestants-teufeurs devait se situer autour de 22 ans mais combien parmi eux étaient de jeunes trentenaires qui il y a dix ans de cela jetaient la techno au pilori avec le rap en condamnant sans appel les non-musiques et leurs avatars ? Combien ont retourné leur veste dans la décennie qui vient de s’écouler ? Combien ont fait de la techno la dernière utopie collectiviste, le dernier rêve social ? Combien même ne sont venus défiler samedi que grâce à l’électrochoc des plateaux du Larzac de cet été ?
Un certain nombre. Ceux qui y croient encore. Soit qu’ils soient trop jeunes pour avoir connu autre chose, soit qu’il ne leur reste plus que la techno pour manifester, déçu de tous les combats, de tous les mouvements, de toutes les espérances. Jamais le hip hop n’a connu de tels évènements de masse. Le marché de la musique s’effondre et sur les cendres de la distribution individualiste du son qui court inéluctablement à sa perte, se dresse le nouveau mode de consommation de la musique qui semble échapper totalement aux anciennes structures impérialo-capitalistiques. Certes les sponsors étaient au rendez-vous et d’aucun n’auront pas raté l’occasion d’améliorer leur visibilité auprès du jeune public mais où étaient SONY, UNIVERSAL, BMG, EMI et les autres ? Où étaient les artistes pourris dont on nous sert la soupe jours après jours ? Où étaient ceux qui se plaignent de la désaffection du public pour le son ? Ils n’étaient pas là. Trop occupés à prendre des rendez-vous promo pour leurs artistes en papiers, trop occuper à trouver un moyen de nous vendre leur merde tandis que dehors, comme sur Internet, c’est gratuitement et par des morceaux anonymes que se diffusait la vibration en laquelle croient aujourd’hui des millions de personnes.
Difficile de comparer les différentes éditions d’un événement comme celui-ci lorsqu’on a pas assisté aux précédentes mais selon les témoignages recueillis sur place, il s’agirait bien là d’un record, consécration et plébiscite d’une forme de musique alternative. En effet, même si l’éléctro-clash était çà et là représenté avec démagogie, c’est définitivement le hardcore et son son radical qui a emporté la faveur d’un public intransigeant et fin connoisseur. Une belle promesse d’avenir qui ne sera, elle, jamais confiscable.
Posted: septembre 16th, 2003
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musique
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techno
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