
Vous connaissez déjà Mimicry pour avoir lu l’article leur étant consacré sur Trofor.com mais vous faites peut-être partie de cette immense frange de la population mondiale qui ne les a jamais vus ou plutôt jamais entendus en live pratiquer leur art.
Pour ceux qui connaissent Bumcello, la démarche est frappante de ressemblance. Deux musiciens arrivent sur scène, ils disposent chacun d’un instrument et d’une pédale pour se sampler eux-même. Rien n’a été enregistré au préalable. Contrairement à Bumcello qui associe un percussionniste à un violoncelliste, Mimicry réunie deux DJ qu’il convient d’appeler dans ces circonstances des Teurntabeulists et qui avec le même équipement produisent des sons telluriques à la fois très divers et très personnels. DJ Ewae et DJ Fabi One sont Mimicry. Et leur prestation fut tellement marquante jeudi dernier au Batofar qu’il convient de relater ici un peu plus en détails le déroulement des opérations.
Pour commencer, c’est le chant des baleines qui ouvre le bal avec des sonorités proches des intros de Miles Davis et ainsi le son se met doucement à tourner, berçant le cœur du public d’une langueur monotone. Les nappes se suivent, se doublent puis se superposent et elles sont sporadiquement transpercées par d’autres sons, scratchés ou juste joués. Les deux musiciens se concentrent sur l’atmosphère naissante d’un morceau qui n’existe pas encore. La grande boucle a bien commencé, le peloton des sons est compact et ramassé jusqu’au moment ou se produit ce que tout le monde attend : c’est l’échappée. Le premier beat juggling (rythme de batterie joué avec des scratch) part. Fabi One en est le professionnel et c’est sèchement qu’il active son cross fader et qu’il déplace sa main gauche sur le disque pour couper avec précision les différents éléments du beat : basse, charley et caisse claire.
La performance au cours de laquelle de grands moments de musique furent atteints dura environ une heure mais c’est au bout de trois quarts d’heure seulement que le public médusé et sous le choc a laissé échapper l’émotion qu’il contenait jusqu’alors par pudeur peut-être, par inhibition sûrement. C’est donc sous le délire d’applaudissements d’une salle clairsemée que s’est achevé le concert d’un groupe qui aux yeux de Trofor.com mérite un succès planétaire et foudroyant. A suivre.