
Jusqu’où le turntablism nous emmènera-t-il ? Quelle sera la destination finale, c’est une question à laquelle personne ne peut apporter de réponse et que ne se posent pas les trois membres de l’étonnant collectif Mimicry.
Vodoo, Faby one et Ewae sont Mimicry Trio, trois DJ, trois musiciens poly-instrumentistes passés maître dans l’utilisation de la platine vinyle et du sampler. Tous trois semble foncer tête baisser vers le futur de la musique, progressant à grand coup de machettes aiguisées comme leurs diamants dans la jungle grise, métallique et chargée d’électricité statique des câbles, racks, claviers, transistors et autres boites à effets. Mimicry avance imperturbablement, tel l’USS Enterprise, à la recherche de la prochaine frontière.
Ouvertement influencés par des musiciens comme Kid Koala ou Christian Marclay, ils produisent un son fascinant. Brut de décoffrage par son coté post-industriel, artificiellement poussiéreux par sa résonance caverneuse, caressant les lobes du cerveau comme un milk shake gazeux à l’éther, leur son est manifestement emprunt de vibrations extra terrestre et la seule comparaison possible même si elle est peut être un peu excessive, serait un mélange de Mix Master Mike et de Mile Davis.
La meilleure façon de savoir si cet éloge est mérité ou non c’est de vous faire votre propre idée : soit en allant visiter leur site web particulièrement réussi et idéal pour découvrir leur atmosphère, soit en vous rendant à une soirée The Presha qu’ils organisent et où ils se produisent en compagnie d’autres musiciens.
Posted: novembre 17th, 2002
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Oubliez les journées mondiales de la jeunesse, cet article est consacré à Jam Master Jay le DJ de RUN DMC qui a trouvé la mort mercredi 30 octobre 2002, dans son studio d’enregistrement du Queens à New York, abattu d’une balle dans la tête.
Inutile de revenir sur les sombres circonstances de cette disparition, qui seront sans doute longuement analysées dans la rubrique faits-divers des mauvais journaux. L’objet de cette chronique est de rendre à César ce qui lui appartient, rendre un dernier hommage au créateur. Comme l’a si bien déclaré Chuck D de Public Enemy juste après l’annonce de la mort de Jason Mizell alias Jam Master Jay, «Run DMC était nos Beatles.». Cela signifie que c’est une partie de nous même qui vient de mourir. Notre John Lenon ou plutôt notre George Harrison car il faut bien l’avouer, RUN DMC n’était plus le groupe qu’il fut dans les années 80. Mais le son de ce groupe, comme tous les grands chefs d’œuvre n’a pas pris une ride.
Deux morceaux appartiennent déjà au Panthéon de la musique, loin du Walk this Way qui fit leur succès, beaucoup plus profondément ancrés dans la culture hip hop à proprement parlé, il s’agit de : Peter Piper sur l’album Raising Hell de 1986 qui fait d’un sample de Bob James un beat hip hop d’une rare pureté, et le morceau qui selon moi restera à jamais au firmament des hymnes de la rue Beats to the Rhyme sur l’album Tougher than Leather en 1988. On sent dans la rythmique de Beats to the Rhyme ce petit quelque chose qui caractérise depuis nombre de productions indépendantes : un son radical et sans compromission venue des entrailles de nulle part, rappelant un peu le bruit que fait le métro à l’approche d’une station, un grondement tellurique, indistinct et pourtant familier et parfaitement identifié…
Jam Master n’était pas qu’un pionnier, il était surtout un grand. Au même titre que Primo, Prince Paul, Shock G, Ali Shaheed Muhammad, Scott LaRock, Ced Gee, Terminator X ou Dr Dre, il fait parti de ceux qui ont pétri le son de la fin des années 80, ceux sans qui nous serions peut-être encore dans les années disco. On ne peut en constatant le succès d’une certaine house music d’aujourd’hui que regretter la tragique disparition de l’auteur de Run’s House.
Posted: novembre 14th, 2002
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