
C’est au centre de Tirana, le long de l’avenue principale, que se situe l’un des deux principaux Musées de la ville. Dans un bâtiment stalinien de taille modeste, se trouve exposée une collection d’œuvres d’art au sens propre du terme.
Mais commençons par le menu. Au rez-de-chaussée se trouvent les expositions temporaires et en ce moment deux artistes se partagent cet espace. Les deux proposent une peinture figurative d’un goût douteux pour ne pas dire à chier et qu’on verrait plus sur les mûrs d’une pizzeria de seconde zone que dans un Musée. Mais le premier étage est déjà plus intéressant : c’est l’étage ou sont exposées les œuvres d’art sacré ( le seul qu’ait produit l’Albanie jusqu’en 1912) et, ironie du sort, l’art communiste. D’un côté donc de superbes icônes de la Vierge et de la Nativité ambiance enluminures médiévales et de l’autre, les bustes sculptés des camarades tels que le paysan, l’ouvrier, le militaire mais aussi Mao, Karl Marx et le père du régime lui-même le camarade Enver. Le parallèle est vraiment pertinent, comique et apparemment totalement fortuit !
Heureusement pour le visiteur avide de découvrir une forme d’art un peu plus indépendante et stimulante, le troisième étage offre à voir une sélection d’œuvres d’art moderne particulièrement excitante. Peintures, sculptures, photos et installations témoignent de l’existence d’une vraie scène artistique Albanaise. On peut retenir les noms de Merita Selimi pour la peinture, Rudina Memaga et Artur Gorishti pour la photo. Une énigmatique installation est co-signée par l’actuel maire de Tirana Edi Rama qui nonobstant son jeune âge a un passé d’artiste et de professeur d’art à l’Université. Pour terminer la liste des noms d’artistes albanais que vous devez connaître, ajoutons celui de Najada Hamza qui signe deux des plus belles pièces de l’ensemble de la collection.
Si la quantité des œuvres exposées n’est pas au rendez-vous, on ne peut pas en dire autant de leur diversité. Alors avis aux amateurs, aux arts mateurs, quelques-uns uns des trésors cachés de l’Albanie vous attendent dans ce lieu au demeurant fort sympathique.
Posted: octobre 26th, 2002
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Il est à la blaxploitation ce qu’Austin Powers est à James Bond. Undercover Brother, le héros fantasque de cette parodie contemporaine des classiques du cinéma américain tels que Shaft ou Superfly, est à mourir de rire.
Très honnêtement, n’ayons pas peur des mots, il s’agit là d’un navet. Mais quel navet ! Lorsque les Américains font dans la parodie des films de genre, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère et Malcolm Lee le réalisateur ne fait pas exception à la règle. Vous ne connaissez peut-être pas ce dernier mais vous avez certainement déjà entendu parler de son cousin : Spike.
Le scénario d’Undercover Brother n’a pas plus d’intérêt que celui d’un James Bond de mauvaise facture mais le folklore qui l’accompagne mérite à lui seul que vous fassiez le déplacement. La bande son est digne des meilleurs compiles de funk imaginables et rien que pour ça on a envie de vous pousser à y aller. En plus de l’avalanche de gags tous plus énormes les uns que les autres, s’ajoute les références burlesques aux films de Bruce Lee, l’interprétation grandiose d’Eddie Griffin et le featuring exceptionnel de James Brown lui-même.
Tous les ingrédients d’un grand moment de cinéma sont réunis, tous sauf un peut-être : ce film sorti pendant l’été aux Etats-Unis n’est pas encore à l’affiche en France. On ne remerciera jamais assez les programmateurs de la télévision albanaise…
Posted: octobre 19th, 2002
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Une fois n’est pas coutume, un roman fait l’objet d’une chronique. Slip c’est son titre et son auteur s’appelle Thierry Zalic. Adepte du jeu de mot laid et du calembour bon, cet original signe là un livre atypique, subversif et divertissant qui mérite bien sa tribune.
Belle du Seigneur sous champignons hallucinogènes version hardcore 2000 à quelques nuances près : le côté trash-érotique qui fait cruellement défaut à l’œuvre d’Albert Cohen, les jeux de mot permanent qui transforment la narration en une logorrhée parfois à la limite de l’entendement, le talent peut-être et le prix Goncourt sûrement. Par contre le nombril du monde, l’égo-trip puissance juive lui est bien là. Les aventures de Thierry Zalic, héros de son propre livre donnent matière à de bons moments de lecture. La fréquence des pétages de plomb et des références psychanalytico-mythologiques laisse imaginer la vivacité de l’esprit de l’auteur.
Slip c’est l’histoire d’un obsédé génial qui ne pense qu’à son plaisir : de quoi s’identifier facilement. Bien sûr au niveau du politically correct c’est bien limite mais pas plus que du Houellebecq. Alors si vous ne savez pas quoi lire et que l’idée de vous farcir les élucubrations d’un mégalomane talentueux et décadent comme il faut vous dit, vous savez quel livre vous procurer.
Il y a clairement quelque chose de trofor dans SLIP. En espérant que cet article incitera quelques trofornautes à lire ce bouquin, toute l’équipe du site attend avec impatiences vos réactions car Dieu sait qu’un tel ouvrage ne peut laisser insensible quiconque en vient à bout.
Posted: octobre 16th, 2002
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Artiste polymorphe et trans-médiatique, ingénieur d’images et technicien du beau, essence de sa propre ville, Mathieu Touchard est le parfait exemple de ce que l’on pourrait appeler un metteur en Seine.
S’il est un voyageur qui a roulé ça et là sa bosse, sans doute à la recherche de quelques secrets enfouis dans les profondeurs de notre terre, l’exotisme qui se dégage de chacune de ses compositions est finalement celui de la ville qu’il habite. Celui du Paris cosmopolite et intellectuel, mélangeant avec subtilité et raffinement les saveurs les plus hétéroclites, celui aussi du métissage réussi de la culture mondiale en expansion. Paris, la ville où il revient pour se livrer à l’alchimie plastique des ses collages, peintures, photographies et autres installations. Bien sûr dès qu’on parle d’art tout le monde veut de l’universel, de l’atemporel. Et bien non, appelez le artisan si vous voulez mais Mathieu Touchard n’est pas cet artiste conceptuel qui scandalise et qui provoque, il n’est pas cette caricature, il est bien plus accessible sans pour autant sombrer dans la facilité.
Son travail trouve son originalité ailleurs, là où les vrais esthètes l’attendent : dans son style, sa sensibilité, ses choix. Allez, disons le, dans son goût. Le mot est lâché. Chaque collage nous parle un peu de nous, respire nos propres vies, les magnifie, les poétise. Le titre de la précédente et unique exposition de Mathieu Touchard était : Polaroïds cérébraux et autres instantanés urbains. Voilà qui résume assez bien l’esprit de ses œuvres. Œuvres que vous pourrez admirer très bientôt à l’occasion d’un nouveau vernissage qui devrait avoir lieu le 11 octobre et dont les coordonnées seront évidemment disponibles sur Trofor.com.
Voilà, au terme de cet article j’ose la comparaison même si elle me sera peut-être reprochée, il y à du Spleen et de la Bohème dans le ce que fait Mathieu Touchard, il y a du Baudelaire et du Rimbaud. Ça serait dommage de passer à côté n’est-ce pas ?
Posted: octobre 6th, 2002
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