
Qu’en est-il de l’art urbain en Albanie, c’est la question que tous les trofornautes se posent et cela est bien légitime. Les taggueurs albanais sont-ils à la hauteur et si oui dans quelle discipline excellent-ils ?
La présente étude se base sur l’observation des murs de Tirana qui est de loin la ville la plus importante avec une population approchant les 600 000 habitants. C’est donc dans cette ville que se trouve la plus forte probabilité d’entrer en contact avec une intelligence subversive et rupestre, une trace de culture post-urbaine, un nom sur un mur : un graffiti. D’autant plus que les supports ne manquent pas : mûrs décrépis, palissades de chantiers, ruines, j’en passe et des meilleurs. Bref, à première vue Tirana ressemble à un paradis pour peintre nyctalopes et pourtant. Pourtant les seules inscriptions que l’on peut trouver sont de nature politique. Pas le moindre ego trip, pas la moindre énigme ni même un symbole ou un détournement publicitaire : rien.
Mais revenons un instant sur le graffiti politique qui pour le coup se porte bien en Albanie. Comme toutes les inscriptions politiques institutionnelles, elles sont réalisées sans soin, à la bombe baveuse mais manifestement non maîtrisée et disons le franchement de manière dégueulasse. L’un des principaux partis albanais étant le Parti Démocrates, c’est l’inscription PD que l’on retrouve le plus souvent. Malgré tout, on aperçoit ça et là des signes de graffitis individuels tels que «2Pac» ou encore «smoke weed everyday» mais ils sont écrits sans style, sous la forme de vulgaires lettres en bâton qui évoquent plus les grottes de Lascaux que le métro du Bronx. La photo qui illustre cet article a été prise dans un ascenseur à Tirana et c’est clairement le graffiti le plus évolué qu’il m’ait été donné d’observer au cours des sept semaines passées sur zone.
Ainsi le graffiti en Albanie en est encore au stade pré natal mais l’enthousiasme que génère le hip hop et la croissance progressive de Tirana devraient suffire à enclencher un processus qui, espérons le, offrira bientôt de quoi combler l’appétit visuel des plus morfales.
Posted: septembre 16th, 2002
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L’Albanie est-elle vraiment le pays le plus pauvre d’Europe ? C’est la première question qui vient à l’esprit lorsque l’on parcourt les rues de Tirana. En effet, le parc automobile est constitué au deux tiers de Mercedes !
Autre fait notable, les Albanais sont nombreux qui arborent le téléphone portable dernier cri à la ceinture. Vous me direz : il s’agit là de signes extérieurs de richesse qui ne reflètent pas nécessairement le niveau de vie réel de la population. Cependant, si je vous dis que sur le dernier tiers des véhicules circulant en ville les BMW en représentent un bon quart, ça commence à vous mettre la puce à l’oreille (ou le kit main libre). Un autre signe qui à mon sens en dit long sur la vitalité économique du pays ce sont les chantiers. Comme dit l’adage populaire, « quand le bâtiment va, tout va » et bien il faut croire que tout va en Albanie : la construction y est massive, les buildings énormes s’édifient en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Mais le point sur lequel j’aimerais attirer votre attention est le suivant : l’origine de toutes ces richesses.
Lorsque l’on compare le revenu moyen d’un Albanais – assez bas – au coût de la vie – assez élevé – l’équation semble impossible à résoudre. Le cours du Leke, la monnaie albanaise est lui aussi très élevé. Vous l’avez compris, une part importante de l’économie albanaise n’est pas aussi transparente que l’eau de l’Adriatique. Mais les autorités albanaises ne l’entendent pas ainsi et le Premier ministre fraîchement nommé Fatos Nano a entrepris une véritable opération de nettoyage. Les grosses cylindrées rutilantes font l’objet de sévères contrôles et, à la technique de confiscation des skaffs (hors bord destiné à la contrebande avec l’Italie) s’est substitué la technique de la crémation de ces derniers. En effet, anecdote croustillante s’il en est, les autorités précédentes avaient déjà tenté d’interdire la contrebande en faisant saisir les skaffs mais les mafieux étaient revenus le soir même armés jusqu’aux dents pour récupérer leurs précieuses embarcations à la police…
Le climat général est donc à la normalisation même si les activités clandestines en Albanie ont très certainement encore de longs jours devant elles. A part ça l’Albanie est un pays très sûr et très paisible pour quiconque s’y promène n’en déplaise à quelques lecteurs de trofor.com qui attendaient des récits de racket, de règlements de compte et de crimes crapuleux.
Posted: septembre 9th, 2002
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