
Autant vous prévenir tout de suite, cette chronique sur Kolkata (ex-Calcutta) ne sera pas marquée par le sceaux de l’objectivité, bien au contraire. C’est un voyageur tombé sous le charme de cette gigantesque mégapole qui dévoile ici ce que l’on doit savoir d’une des plus grandes agglomérations du monde.
Les statistiques foireuses concernant Kolkata donnent une population variant de 14 à 19 millions d’habitants. Située dans le Bengale Occidental dont elle est la capitale, elle se déploie le long de l’Hooghly river, une ramification parmi tant d’autre du delta du Gange et du Brahmapoutre. La construction qui symbolise la ville, est le Howrah Bridge, immense pont métallique perpétuellement chargé de véhicules bruyants et fumants. C’est un symbole car ce pont est à l’image de la ville : Surchargé. L’agitation, le trafic et ses klaxons incessants, la chaleur à crever amplifiée par les échoppes sur le trottoir où des cuisiniers font bouillir leur huile dès les premières heures de la journée, l’humidité lourde et écrasante qu’aucun ventilateur ne dissipera jamais, les cortèges de manifestants appelant à la grève générale en Inde, les taxis jaunes plus filous les uns que les autres et les bus à la Mad Max écrasant tout sur leur passage, autant de signes qui ne trompent pas et qui caractérisent bien cette ville.
Un autre aspect, plus sociologique, de la ville est à souligner, il ne me semble pas déplacé de parler d’Old Glory et d’une certaine décadence. Ancienne capitale de l’empire britannique, Kolkata en a gardé le prestige, le raffinement et la grandeur. Ville de culture et d’intellectuels, elle est le berceau d’hommes illustres tels que Tagore (voir l’article sur Shantiniketan), Satyajit Ray le cinéaste et bien d’autres. Mais le clou, l’apothéose, le must c’est le sourire bengali, la gentillesse de la population locale : pas d’embrouille et une hospitalité à vous couper le souffle. Allez, n’ayons pas peur des mots, ils sont vraiment trop forts ces Bengalis. Comme disait l’autre, ce sont les gens qui font la différence. Cette ville qui matériellement pourrait être un enfer pour n’importe quel voyageur est rendue non seulement supportable mais mieux encore extrêmement accueillante, hospitalière et agréable.
J’espère vous avoir convaincu de l’impérieuse nécessité de voir cette ville pour tous les amateurs de culture urbaine. A ce propos il serait incomplet de ne pas évoquer ici la phénoménale production de peintures murales (slogans politiques le plus souvent) qui décore la ville et qui impose le respect à n’importe quel apprenti peintre. Je passe sur le détail des édifices et des lieux à visiter, vous trouverez dans les guides ou mieux encore, vous demanderez ça sur place et vous pourrez ainsi vérifier par vous-même l’extraordinaire sympathie que suscite immanquablement l’autochtone moyen.
Posted: juillet 30th, 2002
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Faut-il être totalement inculte pour ne pas connaître Rabindranath Tagore ? Peut-être pas, et pourtant voilà bien un homme qui mériterait qu’on parle un peu plus souvent de lui. Le poète Rabindranath est certainement le plus illustre des intellectuels Indiens, si on écarte bien sûr son fidèle ami Gandhi.
C’est à Shantiniketan, à 150km de Kolkata (ex. Calcutta), que Rabindranath le poète aimait vivre, vécu un temps, et finit ses jours. Au cœur du West Bengal, Shantiniketan est une ville ou plutôt un village de culture par excellence. C’est le point de ralliement des Bauls, ces musiciens bengalis qui vivent comme des troubadours dans le culte de l’inspiration mystique que seule la nature et les Dieux peuvent procurer aux poètes. Un Baul célèbre est actuellement établi à Paris et donne de temps à autre des concerts, il s’appelle Paban. La musique des Bauls n’est pas écrite, elle se transmet. L’émotion que véhicule cette musique est indescriptible et la seule comparaison possible à mon sens serait un mélange entre reggae et jazz tout en restant de la musique indienne. Jazz à cause de l’improvisation, toujours très présente ; Reggae à cause du côté extrêmement roots, mystique et parfois dépouillé de la chose.
Mais, au-delà de la musique, il existe d’autres raisons d’aller à la rencontre de Shantiniketan. Si Tagore à choisit cet endroit pour s’établir, s’il y fit construire une Université et si nombre de ses poèmes, de ses chansons et de ses tableaux y furent conçus, c’est avant tout dû au cadre même de ce village. En indien, Shanti signifie le concept de la paix, la sérénité et l’harmonie avec la nature (c’est assez proche de Irie en Jamaïcain), tendis-que Niketan veut dire maison. Shantiniketan c’est donc la maison de la paix. Et on comprend tout de suite en se rendant sur place le pourquoi du comment de ce nom. Les banians, les marres, les étendues d’herbe, tout est d’un calme et d’une volupté incomparable, à tel point que pour beaucoup de Bengalis, Shantiniketan c’est surtout hyper chiant.
Une fois de plus, si vous êtes dans le coin, ne ratez sous aucun prétexte la visite de Shantiniketan, allez voir un music master comme Biswanath Das Baul par exemple et débrouillez vous pour écouter quelques musiciens Bauls. Il existe un livre à leur sujet en français qui s’intitule je crois « Le son des fous ». Vaste programme…
Posted: juillet 27th, 2002
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A l’extreme Nord du West Bengal, s’ouvre la porte de l’Asie en Inde. Cernée par le Nepal, le Sikkim, le Bouthan et le Bengladesh, Siliguri est un carrefour sans égal, ultime étape avant Darjeeling.
C’est à plus de 2200 mètres d’altitude que pousse un des meilleurs thés au monde. Orange Pekoe et autres mélanges proviennent de cette région et sont cultivés par l’importante communauté Nepalaise. Les Tibetains sont également présent dans la région et font preuve d’une hospitalité remarquable. Il faut gouter leures soupes et leurs momos pour bien comprendre. Par temps clair, Darjeeling offre un panorama sympathique sur la chaine de l’Himalaya et particulièrement sur le troisième plus haut sommet du monde : le Kachenjunga. Boire un thé a la terrasse d’un cottage à l’anglaise en admirant la montagne n’est pas sans evoquer la douceur d’un village comme Chamonix au pied du Mont Blanc par exemple.
Malheureusement, l’eclaireur que je suis n’a pas pu en profiter pour des raisons climatiques et il faudra aller verifier ces informations par vous-meme. Non, le scoop de cet article est ailleurs, la révélation est la suivante : Le village dans les nuages existe bien. Son vrai nom est Darjeeling et Kasimir y habite toujours. Il est effectivement très gros, tout d’orange vetu et certains pensent meme que c’est un proche du Dalaylama…
Voila, pour celles et ceux que ca branche le voyage vaut le detour. Sachez quand meme que pour s’y rendre tout comme pour en revenir, il faut etre pret à parcourir la « route de la mort » en montagne, à 14 personnes minimum dans une Jeep toute perrave. Avis aux amateurs de sensations fortes.
Posted: juillet 5th, 2002
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