News for mars 2002

TANIA MARIA

Ce soir, au New Morning, Tania Maria remet ça. Hier déjà elle a su enflammer par sa musique le public qui était venu l’applaudir et votre serviteur s’était glissé parmi les spectateurs.
Viva Tania ! Avait-on envie de s’écrier en l’écoutant tant sa musique est joyeuse et communicative. Quelques jours auparavant, à l’occasion du concert du célèbre pianiste Mario Canonge, le nom de Tania avait déjà été évoqué et mes interlocuteurs et moi-même étions tombés d’accords pour qualifier le style de Tania de « Chanteuse de la Joie ». Mais rappelons avant tout chose qui elle est. N’ayant su trouver sa date de naissance exacte, je dirais qu’elle est tout de même assez vieille mais garde une pêche et une énergie déconcertante. Compositrice, pianiste et chanteuse, elle est surtout une extraordinaire meneuse d’hommes. Entourée d’une section rythmique composée de trois mâles dévoués qui jouent de la basse, de la batterie et des percussions, elle s’occupe de toutes les mélodies et maîtrise parfaitement son rôle.
On peut sans exagérer la considérer comme une magicienne. L’amour qu’elle dégage est plus fort que les sentiments dont nous, simples mortels sommes capables. Plus qu’un pays, le Brésil, c’est l’humanité entière qu’elle représente. Sa façon de chanter, de skatter et parfois même de murmurer est irrésistible. Si les sirènes avaient des jambes pour danser elle serait l’une d’elles a n’en point douter. Du bonheur en barres c’est à peu près ce qu’on a l’impression de recevoir en l’écoutant. Saluons son talent, sa fougue et remercions la en achetant ses disques ou en allant la voir en concert ce qui est à mon sens la meilleure façon de lui rendre grâce.
Tania aime son public, elle ne s’économise pas et ce qu’elle partage n’a pas de prix. En un mot comme en mille je suis épris. Foncez-y soir-ce ou ne ratez sous aucun prétexte son prochain passage près de vous.

Posted: mars 27th, 2002
Categories: musique
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LA REVOLUTION SURREALISTE

On l’attendait tous, la grande rétrospective de Beaubourg consacrée au mouvement surréaliste a ouvert ses portes. Depuis qu’une reconstitution du bureau d’André Breton était visible dans la collection permanente, on avait tous envie d’en savoir plus sur cette époque si féconde et présente aujourd’hui encore à tant d’égard.
L’expo est immense, elle a lieu au dernier étage du Centre Pompidou et durera jusqu’au 24 juin. J’y ai découvert le travail de Masson jusqu’alors inconnu au bataillon des incultes dans mon genre. Il cartonne, pas moins que Max Ernst d’ailleurs qu’on connaît d’avantage pour ses sculptures mais qui peint aussi. Les grands sont là, et ils sont même bien représentés. On citera les noms de Magritte, Dali, Giacometti, Man Ray, etc. Il y a aussi le baisé de Picasso et quelques toiles de Picabia. Mais le clou, le summum c’est Joao. L’incroyable Miro nous régale de ses peintures. Même s’il n’est pas un peintre inconnu des aficionados de Beaubourg, cette exposition propose un panel bien plus étendu de ses œuvres que le simple échantillon que nous connaissons.
Ma critique ne saurait entamer une telle manifestation de génies. Certes on peut reprocher comme dans tous les grands accrochages d’en prendre plein la gueule, d’être fatigué à la fin et de n’en plus pouvoir mais s’il faut y aller deux fois pour tout voir, le jeu en vaut la chandelle. Des explications écrites d’André Breton et de Paul Eluard jalonnent l’expo et donnent quelques précisions sur les délires de l’époque qu’on retrouve aisément dans la création contemporaine.
Si vous vous sentez Trofor dans votre tête, allez donc vous mesurer aux as du début du siècle et comme moi, vous sortirez de là-bas épuisé et plein d’humilité.

Posted: mars 21st, 2002
Categories: expo
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MATTHEW HERBERT

Toujours présent aux grands rendez-vous, Trofor.com n’en fait part à ses trofornautes qu’après coup le plus souvent. Et ils sont nombreux celles et ceux qui auraient aimé être de la partie, vendredi dernier dans la grande salle de concert de Beaubourg à Paris.
Néanmoins, et dans l’intention désespérée de me racheter, il me faut vous faire partager ce qui fut pour moi, une révélation musicale : l’incroyable monsieur Matthew Herbert. D’origine anglaise apparemment, l’homme est une pile électrique qui performe seul sur scène, du moins sans compter les trois où quatre micros qui l’entourent et les multiples effets, pédales, synthés et autres machines bizarres. Son concept si on peut l’appeler ainsi consiste à faire de la musique avec une matière première éternellement jeune : les objets de tous les jours. Tout cela ne pourrait être qu’un vague délire de performance d’art contemporain et au final c’est tout autre chose : du son. Un gros son, à l’image de son créateur : déjanté et ultra énergique.
Impossible dans cet article de faire l’impasse sur ce qui aurait pu n’être qu’un détail mais qui éclaire selon moi avec force l’état d’esprit de la représentation qui a eu lieu : une présence singulière dans le public. Bjork elle-même était venue assister au concert, laissant entendre par là même à tout l’auditoire que quelque chose de pointu, de vilainement hype se produisait sur scène. Peut-être que Matthew Herbert alias Radio Boy ou encore Doctor Rock It sera le prochain compositeur des morceaux de la star de la pop ; qui on le sait a déjà collaboré avec le groupe californien Matmos spécialiste du sample original.
Bref, un homme à suivre ce Matthew. Si vous n’y étiez pas la semaine dernière (et il y a de fortes chances car le happy few était vraiment happy mais vraiment few aussi) ne le ratez pas la prochaine fois !!

Posted: mars 14th, 2002
Categories: musique
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WASSUP IFA

L’institut français d’architecture, l’IFA, dévoile depuis quelques jours le futur de la zone Masséna à Paris, l’avenir du 13 puisqu’il s’agit de cet arrondissement, une exposition intitulée : Une université en chantier – Paris 13eme. Au delà des panneaux présentant les différents projets dont notamment le lauréat, on peut aller voir l’excellent travail photographique de Josef Koudelka et d’Aymeric Fouquez.
Il se trouve que ce dernier, récemment promu photographe dans l’agence Archi presse, est également étudiant à l’école de photo d’Arles et proche des cercles les plus poucards de la région. Il était présent pendant les dernières rencontres européennes de la photo, où il exposait déjà au niveau du dance floor de la Caza de Luz un travail remarquable portant sur les espaces vides. Ses clichés atteignent des proportions dignes des grandes expos institutionnelles de photo et les espaces vides qui manifestement l’attirent et on le comprend, prennent toute leur envergure. Allez plonger votre nez dans la chaleur picturale de ce qui pourrait être aux prémisses d’une nouvelle conception de l’art et de sa relation à la mort : le remplissage. Et on peut dire que le regard rempli littéralement les espaces qu’Aymeric photographie tant il donne à voir.
Bien sûr, après avoir insisté sur cette révélation photographique, il ne faut pas oublier qu’elle à lieu à la faveur d’une manifestation essentiellement architecturale, d’où le lieu, et qui concerne comme vous l’avez saisi plus haut, la future université Paris 7 – Denis Diderot. Tous les projets sont visibles, signés et richement documentés. On y découvre les moulins dans tous leurs états et d’une manière générale, ce que le quartier deviendra ou aurait pu devenir. J’en profite pour signaler à tous les trofornautes de passage à Paris qu’une nouvelle avenue vient d’ouvrir (c’est pas tous les jours) elle s’appelle l’avenue de France, rien que ça, et elle relie le métro aérien Quai de la gare à la nouvelle station de métro François Mitterrand. Elle passe au-dessus des voies ferrées de la gare d’Austerlitz et autant dire qu’elle n’attend que vous.
Pour finir, l’adresse de l’IFA et quelques renseignements pratiques.
IFA, 6 rue de Tournon dans le 6ème, ouvert du mardi au dimanche : 12h30/19h00.
Exposition du 1er mars au 26 mai 2002.

Posted: mars 7th, 2002
Categories: expo
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