News for décembre 2001

TOM TOM IS DEAD

TOM TOM est un phœnix de la rue et comme le phœnix, il est mort pour mieux renaître de ses cendres. TOM TOM IS DEAD c’est le nom du contre-vernissage qui a eu lieu la semaine dernière dans les locaux de l’association ArsLonga dans le 11ème à Paris.
Tom Tom est, au delà du phénomène, un artiste de rue pertinent et original. Sa démarche a entre autre consistée jusqu’à présent à détourner des panneaux publicitaires (ambiance 4m par 3m) à l’aide d’un cutter, d’un peu de colle et surtout, d’une imagination débordante. On a pu voir au cours des deux dernières années (peut-être plus), surtout dans le 11ème arrondissement de Paris, des dizaines de ses œuvres bien en vues trôner sur la voie publique.
On aurait pu sous-titrer le vernissage VIVE EPHAISTOS puisque c’est le nouveau nom sous lequel il se fera désormais connaître et reconnaître. Mais revenons sur l’expression contre-vernissage pour savoir de quoi il retourne vraiment. La présence de l’artiste doublait d’ailleurs ce contre-vernissage d’une contre-performance au sens non sportif du terme. Tom Tom est plus qu’un artiste qui montre quelque chose, il veut faire partie de ce quelque chose et propose un univers hors cadre. Lorsque c’est sur des affiches c’est visible et une photo peu faire durer l’instant, une partie du contre-vernissage était donc un peu un vernissage normal. Mais les photos étaient elles-mêmes cachées dans les poches des vêtements de Tom Tom…
En ce qui concerne la contre-performance, résumons la comme suit : des hurlements de l’artiste et des auto-mutilations au cutter, torse nu, le corps couvert d’inscriptions insensées et pour couronner le tout, une culotte sale de jeune fille sur la tête.
Mais ce que l’on ne peut pas transmettre ni décrire, ce qui est totalement injaugeable et non marchand chez Tom Tom et qui le légitime finalement en tant que chantre de l’internationale échantillionniste, c’est l’énergie géniale qu’il déploie, folle, créatrice et nettement orientée vers le futur.

Posted: décembre 27th, 2001
Categories: graffiti
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ARCHIE SHEPP

Saxophoniste génial, Archie Shepp n’a pas attendu Trofor.com pour se faire connaître. Né en 1937 en Floride, il a rencontré dès ses débuts Don Cherry et John Coltrane. Il a d’ailleurs longtemps joué dans les clubs avec ce dernier.
Véritable sorcier de la hanche, ses compositions hallucinées ont souvent laissé croire à ceux qui l’écoutaient que son style de prédilection était le free jazz. Il n’en est rien car selon les critiques musicaux c’est plutôt à l’école du post-bop qu’il appartient. Mais il est impossible d’enfermer une telle personnalité sous une étiquette unique. Bref il jouait la semaine dernière au New Morning à Paris accompagné d’une formation de musiciens Gnawa. Et ce concert a été comme une révélation.
Longtemps j’ai cru que Jimi Hendrix jouait sur scène à manipuler l’électricité grâce à sa guitare. Mais l’énergie que Hendrix manipulait est la même que continue d’apprivoiser Archie Shepp. Aucun doute, la folie qui semble s’emparer des musiciens talentueux sur scène a quelque chose de magique.
Concrètement, Archie se donne entièrement, sinon au public, du moins à son instrument et le mot performance prend tout son sens. Qu’il se serve du sax Ténor ou du Soprano, il adopte une position sexuelle proche du 69. Le sax enfoncé dans la bouche comme une sucette il fait entièrement rentrer le micro dans l’autre extrémité de son instrument. Dès lors commence une succession folle de notes en délire. A la fin de son solo, il remue tellement que le micro s’est décroché du pied et pendouille mollement à l’intérieur du sax. Il se dégage alors et le retire comme une capote usagée.
La métaphore sexuelle n’est pas très originale pour décrire une performance scénique mais elle est parfois frappante. J’espère que vous avez compris l’impérieuse nécessité de ne pas le manquer à son prochain passage.

Posted: décembre 6th, 2001
Categories: musique
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