
Du beau mais pas du facile, pour une fois depuis bientôt un an, Beaubourg offre à voir une expo exigeante, pointue. Jean Dubuffet en est le sujet et il est accessoirement celui que l’on surnomme en France le Pape de l’art brut.
Tout a déjà été dit et écrit au sujet de cet artiste singulier. Les critiques formulés à son encontre sont autant de bonnes raisons d’aller se faire sa propre idée. Une chose est sûre c’est que Dubuffet est un chercheur. Il explore les possibilités des arts plastiques en toute indépendance, loin des façons de faire traditionnelles. En regardant ses toiles et ses volumes il se dégage une certaine forme d’intelligence, de cohérence artistique. Il suscite le goût, plait ou déplait mais ne laisse pas indifférent.
D’un point de vue purement descriptif, Trofor.com se doit de vous éclairer sur la notion d’Hourloupe dont Dubuffet est le créateur et qui représente peut-être la partie la plus originale du travail de l’artiste. En utilisant des couleurs simples (bleu, blanc, rouge et noir) l’artiste dessine des formes parcellaires comme des plaques, des morceaux de matières qui sont autant de fragments de mémoire et qui constituent les particules élémentaires de ses tableaux. C’est une sorte d’aboutissement de son travail sur la matière.
Dubuffet est un philosophe de l’art brut qui développe ses propres systèmes et qui mérite qu’on s’y intéresse. C’est une bonne occasion de le faire vu le nombre de pièces exposées, vous avez jusqu’au 31 décembre.
Posted: septembre 24th, 2001
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expo
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Beaubourg
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Enfin, l’événement photographique de la rentrée que tout le monde attendait est arrivé. L’écrivain photographe Denis Roche expose des photos pris au cours des trente dernières années sous le titre : « Les preuves du temps ».
Capitale finesse dans le titre de l’expo qui suggère une confusion entre le mot et l’image. D’entrée le thème principal est donné, c’est une réflexion sur le temps, sur la condition humaine et la condition de photographe, sur le langage photographique et son analogie avec le langage poétique, notamment dans sa construction. Ce qui frappe le plus dans les photos en noir et blanc de Denis Roche, c’est la position du photographe d’où se dégage une sincérité poétique aux confins du génie et de la mégalomanie. Denis Roche apparaît dans son travail comme un véritable écrivain visuel, mettant en scène ce que la vie met face au poète : lui-même, son ombre, ses reflets, ses songes et ses proches.
Dans une vitrine présentant les ouvrages littéraires du photographe, on découvre un livre intitulé : Légendes de Denis Roche. Il est à la fois l’observateur et l’observé, le sujet et l’objet, le subjectif et l’objectif photo cela va sans dire. La juxtaposition de clichés représentants les mêmes scènes, prises de la même manière mais à des époques différentes ressemble à ces phrases qu’on réécrit sans s’en rendre compte. Comme si le mythe que chacun garde en lui était à l’épreuve du temps comme les images.
L’expo qui se déroule actuellement et jusqu’au 4 novembre à la Maison Européenne de la Photographie est une démonstration probante de la thèse de l’auteur et en tout cas une stimulante ballade visuelle pour tous ceux que l’acte de photographier intéresse et interroge.
Posted: septembre 13th, 2001
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photo,
poésie
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La semaine dernière, le Batofar (encore lui) organisait une après midi Cake and Milk dédiée à la venue en France du fameux label anglais Ninja Tune. La raison de leur venue était entre autre la sortie du nouvel album de Roots Manuva. Trofor.com était là pour vous et a découvert le nouveau talent qui s’y cachait : Thaï One.
Agé de 22 ans seulement, ce jeune Américain originaire de Chicago m’a pratiquement défoncé les oreilles en lâchant des free styles de fou dans l’Otocar, annexe du bateau. Alors que l’interview de Roots Manuva, la star du jour, semblait de plus en plus improbable, j’ai surpris Thaïone en train de faire sa démo à Juice, un des acolytes de Roots Manuva évoluant lui aussi au sein de l’écurie Big Dadda, sous label de Ninja Tune, en tant que membre du groupe New Flesh For Old. Derrière ses petites lunettes rondes et son air de rien, Thaï défouraille. Face à un tel flow et un tel enthousiasme, votre serviteur n’a pu que faire le human beat box pour satisfaire la soif créatrice de ce jeune prodige.
Lors de la conversation, je lui explique qu’il y a freestyle et freestyle. Dans les deux cas, le tchatcheur sort des rimes en direct, mais ils arrivent que l’exercice se rapproche de la récitation lorsque les rimes sont déjà écrites et apprises par cœur. Or Thaïone a bien insisté la dessus : à New York les freestylers récitent leur texte, à Chicago la règle c’est l’impro. Et pour le prouver, il continuait à rimer en incluant dans son flow des références à Paris, au Batofar, à moi et à mon voisin de banquette…
Prêt à représenter dans toutes les situations, Thaï était muni de son CD auto produit et me l’a gentiment laissé ; son titre : « Progress », 6 morceaux à son actif, dans un esprit de Hip Hop moderne ultra jazzy, tantôt cool et tantôt plus véner. Si vous voyez son nom quelque part, ne le ratez pas.
Posted: septembre 7th, 2001
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Chicago,
rap
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C’était hier sur le bateau le plus hype de la capitale : le Batofar. Au fond de la cale en acier du bateau rouge, trois punks des temps modernes ont fait gronder leurs voix et leurs machines.
Depuis leur passage remarqué aux Transmusicales de Rennes l’année dernière, ont peut dire que le show s’est rôdé. La base reste la même : Trois MC qui sont également trois musiciens sur scène, manipulant en temps réel des boucles et des effets. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas Anti Pop Consortium (APC), résumons l’affaire en disant qu’il s’agit d’un groupe de rappeurs hors du commun qui compose ses morceaux avec des sons électroniques ultra violent qui rappellent la techno.
Sur scène, c’est un vrai show à la ricaine avec une occupation de l’espace bien maîtrisée, un lancé de T-shirt en bon et dû forme, l’inévitable promo du disque et enfin le rappel propre. Mais le public en a pour son argent. Contrairement à la plupart des groupes de rap, APC ne donne pas dans le scratch ou le djaying mais dans le live pur. Les MPC sont là, posées sur une table centrale, les synthés aussi et le tout constitue ce qu’ils appellent eux-même le « lab ». Espèce de bouillon de culture digital d’où sortent d’abords des sons fous, trop forts, torturés, puis des rythmes se dégagent peu à peu du magma sonore et finissent toujours ou presque par l’emporter.
En un mot comme en mille : une démo. Paris a pris sa claque, le futurisme du South Bronx est passé par là et quelque chose me fait penser que ce n’est pas la dernière fois.
Posted: septembre 5th, 2001
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punk
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