News for juillet 2001

PIXEL ART

Voilà un terme générique, largement utilisé sur le net et dans le monde des graphistes. Il désigne une discipline de l’infographie qui consiste à donner un rendu volontairement pixelisé, se rapprochant de l’esthétique des écrans de très faible résolution genre console de poche.
Plusieurs signes de la tendance se profilent à peine et déjà Trofor.com vous met dans la confidence des grands branchés : le Pixel Art arrive.
On a déjà vu déferler dans le courrant des années 90 et même plus récemment dans les clips de Daft Punk la vague nippone du manga. Cette esthétique particulière qui introduit une stylisation poussée dans le dessin animé. L’artiste Pierre Huyghe, vedette de la biennale de Venise cette année a lui aussi travaillé dans cette direction avec son personnage Ann Lee. Dans un autre domaine, l’artiste de rue Space Invader nous a familiarisé par ses mosaïques aux beautés du pixel, à sa simplicité et à sa force symbolique. D’une manière générale, flyers, pochettes et invitations reflètent eux aussi un goût largement partagé pour l’efficacité visuelle, l’impact du message, les pictogrammes et les icônes au sens informatique du terme.
Parallèlement, l’explosion d’internet, des consoles de jeux, des organiseurs personnels (PDA) et même des téléphones portables offrant des écrans de plus en plus grands, a préparé la population et les mentalités. Une génération entière, celle des consoles de jeux, attend que sa culture soit reconnue. On ne pourra plus se prétendre cultivé sans connaître ses classiques : Out Run, R-type ou Gauntlet. La partie visible de l’iceberg s’appelle Lara Croft, c’est aussi la dernière pub d’EDF. Cette pub télé reprenait le concept de Sim City qui est un must de Pixel Art. Reconnaissons que ces exemples touchent un public extrêmement large dont ils sont en quelques sortes le dénominateur commun : de la culture à l’état pur.
Quiconque a déjà utilisé internet ou fréquenté un forum sait ce qu’est un smiley. Leur sophistication, de toutes petites images de quelques pixels servant à s’identifier, appartiennent déjà au Pixel Art. Mais qui connaît les sprites ? Techniquement ce sont les éléments mobiles des jeux vidéo : personnages, armes, monstres ou explosions. Plus simplement, imaginez Super Mario sorti de son jeu : c’est un sprite de Super Mario. Ce sont des petits bijoux numériques, un peu comme du modélisme numérique, lorsque quelques pixels suffisent…
Le Pixel Art stricto sensu consiste à donner volontairement à une image un aspect pixelisé, en évitant les lissages, en recherchant un dessin très symbolique, emprunt de culture numérique…
Voilà, maintenant vous êtes prévenus, il ne vous reste plus qu’a appelé votre poisson rouge Zelda et à foncer vous acheter (ou à fabriquer s’il n’existe pas encore) le T-shirt Donkey Kong qui cartonne.

Quelques liens pour vous faire une idée :
Du pixel Art concrètement :
www.netbabyworld.com
Des exemples de sprites :
Game Sprites Archive
mdk3.free.fr

Posted: juillet 31st, 2001
Categories: idées
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MACEO PAR CŒUR

Toutes les meilleures choses ont une fin et c’est en apothéose que s’est clôturé hier le Paris Jazz Festival qu’accueillait cette année encore le Parc Floral de Vincennes. C’est devant un public conquis que s’est produite en famille la dernière star du programme : il est à Paris chez lui et il le sait, il est le chouchou des parisiens, j’ai nommé : l’incroyable mais vrai Maceo Parker !
Pour notre plus grand plaisir il a fait revivre l’éternel show James Brownien, à grand renfort de cris sourds et exhortant, dans le plus fidèle style de la Grande Epoque du godfather. Mister Dynamite semble alors se réincarné sous les traits de Maceo le patriarche. Entouré par un véritable clan, il conduit sa moissonneuse à funk comme une limousine et on en redemande. Le fils de Maceo, rappeur de son état, a un flow très bop qu’il développe avec parcimonie mais de façon toujours opportune et harmonieuse. La reprise du morceau « Think » de Lyn Collins fut l’apogée de cette transe à voyager dans le temps.
Beaucoup de morceaux à l’ancienne donc à côté de sons plus posés, plus récents, moins démago peut-être mais tout aussi bons et collant à la tendance du vintage, nappés d’orgues et de lourds accords ténébreux.
Enorme concert, sous le soleil, d’un Maceo qui fait plaisir à écouter et dont le sax n’a pas perdu sa verve légendaire qui harangue, incite et excite avec un enthousiasme infatigable.
Une question cependant reste en suspend : ayant trouvé chaque concert de Maceo meilleur que le précédent, est-il en permanente progression ? Ou est-ce l’effet du charme immense et de la nostalgie qu’il véhicule qui rendent le souvenir de ses concerts à chaque fois plus inoubliable ?

Posted: juillet 30th, 2001
Categories: musique
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RAYMOND HAINS

Beaubourg encore et toujours ! Jusqu’au 3 septembre, le centre d’art contemporain le plus central de la capitale propose une rétrospective de l’œuvre inachevée de Raymond Hains.
Si son nom vous est étranger c’est peut-être que vous n’êtes pas familier des Nouveaux Réalistes, courrant auquel il a été longtemps associé. Artiste très conceptuel, son œuvre dialogue avec la ville et joue avec les mots. Précurseur du graffiti, il a une vraie démarche expérimentale. C’est un rusé pour qui les lapalissades du langage et les palissades des chantiers ont des choses a se dirent…
C’est frais, imaginatif, coloré et extrêmement moderne. C’est une vraie leçon d’humilité pour tous les jeunes qui croient révolutionner le monde de l’art en faisant le quart de la moitié de ce qu’un tel génie est capable de faire en une après-midi. Je m’emballe un peu mais c’est pour mieux vous inciter à vous y rendre.
Honnêtement, si vous avez un peu de sensibilité et un sens de l’humour bien urbain, je vous garantie que vous lâcherez au moins un sourire en faisant le tour de cette expo. Et, cerise sur le gâteau : papy (il est quand même né en 1926) fait du web ! Suivez les liens…

Posted: juillet 27th, 2001
Categories: expo
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DRIVE IN SANS VOITURE

Pour sa douzième édition le festival de cinéma en plein air de La Villette à Paris aura lieu comme chaque année sur la pelouse du Triangle qui une fois de plus accueillera le plus grand écran de cinéma gonflable d’Europe et des milliers de spectateurs. Fort de son succès, ce festival est devenu au fil du temps un rituel de l’été parisien.
Mais profitons de cet événement pour rappeler à tout un chacun que le Parc de La Villette a d’autres attraits et mérite une visite diurne. C’est un jardin extrêmement populaire où se croisent des milliers de personnes tous les week-end. Petite partie de foot par ici, freesbee par là, percussionnistes et sportifs en tout genre se donnent rendez-vous sur les immenses pelouses des anciens abattoirs de la ville de Paris. Plus officiellement, on trouve là-bas la cité des sciences et de l’industrie, la cité de la musique, la maison de la chanson et un tas d’autres choses à découvrir dans les différents pavillons.
Bref même sans cinéma, s’allonger dans l’herbe près du canal de La Villette reste une activité agréable et dont on aurait tort de se priver. Mais si la projection est offerte, il serait fou de la manquer. Le thème de la programmation de cette année est « FAMILLES, CLANS ET TRIBUS ». Comme chaque année, les films sont diffusés en version originale sous-titrée et un service de location de couvertures et de transats est prévu à l’attention de celles et ceux qui seraient venus les mains dans les poches. Le conseil de la rédaction de trofor.com : apporter une boulette et des bières…
Vous pouvez retrouver le détail de chaque soirée ci-dessous. C’est quasiment un chef-d’œuvre par soir si ce n’est le lundi qui est jour de relâche. Car comme chacun sait « Le repos ne vaut que s’il est partagé par tous »…
Programmation détaillée :

JUILLET
mardi 17 : A BRIGHTER SUMMER DAY – Edward Yang – 1991
mercredi 18 : FANNY ET ALEXANDRE – Ingmar Bergman – 1983
jeudi 19 : LE PARRAIN III -Francis Ford Coppola – 1990
vendredi 20 : GABBEH – Mohsen Makhmalbaf – 1996
samedi 21 : GADJO DILO – Tony Gatlif- 1997
dimanche 22 : A LA VIE, A LA MORT – Robert Guediguian – 1995
mardi 24 : FESTEN – Thomas Vinterberg – 1998 (- Int – de 12 ans)
mercredi 25 : THE DEAD – John Huston – 1987
jeudi 26 : LES BAS FONDS – Jean Renoir – 1936
vendredi 27 : LES DESTINEES SENTIMENTALES – Olivier Assayas – 2000
samedi 28 : DO THE RIGHT THING – Spike Lee – 1988
dimanche 29 : KIKUJIRO – Takeshi Kitano – 1999
mardi 31 : KADOSH – Amos Gitaï – 1999
AOÛT
mercredi 1er : LE FESTIN DE BABETTE – Gabriel Axel – 1987
jeudi 2 : GHOST DOG : LA VOIE DU SAMOURAI – Jim Jarmusch – 1999
vendredi 3 : TOUT SUR MA MERE – Pedro Almodovar – 1998
samedi 4 : SOIREE CIRQUE
UN JOUR AU CIRQUE – Edward Buzzell – 1939
TRAPEZE – Carol Reed – 1956
dimanche 5 : GLORIA – John Cassavetes – 1980
mardi 7 : MIFUNE (DOGME III) – Soren Kragh-Jacobsen – 1999
mercredi 8 : RAINING STONES – Ken Loach – 1993
jeudi 9 : LES DAMNES – Luchino Visconti – 1969 (- Int – de 12 ans)
vendredi 10 : HANNAH ET SES SŒURS – Woody Allen – 1986
samedi 11 : MISSION TO MARS – Brian De Palma – 2000
dimanche 12 : LITTLE BIG MAN – Arthur Penn (USA) – 1970
mardi 14 : BEAU TRAVAIL – Claire Denis – 2000
mercredi 15 : TABOU (GOHATTO) – Nagisa Oshima – 1999
jeudi 16 : LE FILS ADOPTIF – Aktan Abdykalikov – 1998
vendredi 17 : FREAKS – Tod Browning – 1932
samedi 18 : NOS FUNERAILLES – Abel Ferrara – 1996 (- Int – de 12 ans)
dimanche 19 : GHOST IN THE SHELL – Mamoru Oshii – 1995
mardi 21 : L’ETOILE CACHEE – Ritwick Ghatak- 1960
mercredi 22 : DONNIE BRASCO – Mike Newel – 1996
jeudi 23 : THE YARDS – James Gray – 1999
vendredi 24 : SLAM – Marc Levin – 1998
samedi 25 : LES SEPT SAMOURAI – Akira Kurosawa – 1954
dimanche 26 : THE SNAPPER – Stephen Frears -1992
Informations pratiques :
Tous les soirs à partir de 22h sur la prairie du triangle
Entrée libre
Accès : Parc de la Villette : métro Porte de Pantin
01.40.03.75.89

Posted: juillet 17th, 2001
Categories: cinéma
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HIJACK STORIES

Il serait vain de vous parler du nom du réalisateur ou de celui des acteurs tant ils sont peu connus. Pas de tête d’affiche au casting, pas de budget mirobolant mais un film énorme.
Ça faisait longtemps, qu’un film comme celui là ne s’était pas présenté : avant tout une histoire, une bête d’histoire, ficelée comme un film des frères Cohen. Et puis des vrais personnages, crédibles et attachants. Une bonne histoire et des bons personnages, les deux ingrédients d’un bon film sont réunis et on peut penser qu’une heure trente cinq c’est un peu court…
On n’en dévoilera pas trop en situant l’action dans l’Afrique du Sud d’aujourd’hui. Les ciels sont bleus et, est-ce une question de couleur, l’atmosphère générale m’a fait penser à un film de Spike Lee. Il y a comme une moiteur dans les esprits, une certaine torpeur cinématographique, le tout couronné d’une bande son de ouf !
Mais trop parler d’un film à l’affiche c’est le desservir alors trêve de bavardages, Hijack Stories est un film incontournable de l’été. Il est marqué du label Trofor.com ce qui signifie que vous pouvez le recommander même sans l’avoir vu.
Pour l’avenir, retenons tout de même ces quelques noms : Olivier Schmitz le réalisateur, Tony Kgoroge, Rapulana Seiphemo les deux acteurs principaux.

Posted: juillet 16th, 2001
Categories: cinéma
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32EME R.I.P

Non ceci n’est pas un article sur les régiments d’infanterie parachutés, les RIP sont les Rencontres Internationales de la Photographie et comme chaque année, cette manifestation a lieu en Arles.
Le thème de cette édition était « l’anonyme ». N’ayant été que 24 heures sur place, j’ai été au pas de course et emmené par un guide savant, lui-même élève à l’école de photographie d’Arles, visiter les incontournables. On retiendra un nom parmi tous : Garry Winogrand. Ce Street Photographer est à l’image de ses clichés : mythique. Contrairement à un Cartier Bresson, il n’est pas un adepte de « l’instant décisif », bien au contraire. Ses photos surprennent leur sujet tout autant que leur spectateur. Mention spéciale donc pour ce photographe américain du siècle dernier dont le talent est tout bonnement éblouissant.
A voir aussi : « Villes Génériques » de Stéphane Couturier qui présente des façades d’immeubles anonymes et « Remake Berlin » réunissant plusieurs photographes et présentant un travail original et pertinent made in Germany.
Mais mon coup de cœur va sans hésitation à l’accrochage de la Casa Del Luz. On y trouve les travaux d’Aymeric sur les espaces en cours d’aménagement, de Florence qui photographie les œufs et beaucoup d’autres choses avec brio, de Johan qui propose des friandises visuelles avec ses petits formats carrés, d’Olivier (alias Zitoune) qui par un jeu d’habile cadrage transforme le bas côté de la route en un spectacle graphique de toute beauté et enfin de Vanessa, Thomas (alias Dader) et Laurent (alias Sundae) qui déstructurent les images autant que les idées de ceux qui regardent, au programme : photomontages, subversion, vidéos, break beat, diapositives, records mondiaux et aménagement de l’espace…
C’est par une soirée au même endroit, la Casa Del Luz, que s’est clôturé en apothéose le festival. Le désormais célèbre collectif de créateurs Electrik 2600 ( Sundae, Dader, Nanomaître, Kde, Electrozit, etc…) y organisait une soirée spéciale qui s’est évidemment transformée en orgie et qui a pris fin avec l’arrivée de la police vers 4-5h du matin.
Le festival s’est achevé hier dimanche mais les expos continuent et seront visibles jusqu’au19 août.

Posted: juillet 9th, 2001
Categories: expo
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BOBO VS BORA

Il faut être sourd pour ne jamais avoir entendu parlé des Bobos : les bourgeois bohème. Ce terme est apparu dans la langue française il y a environ un an et sert à désigner de façon moins péjorative la gauche caviar.
Mais qui sont-ils vraiment et qui sont les Boras que personne ne connaît jusqu’à présent ?
Pour simplifier, disons que les Bobos sont des personnes de bonne famille qui, lorsqu’ils sont parisiens habitent le plus souvent rive gauche, et véhiculent un esprit post soixante-huitard, ambiance hippie sur le retour. C’est la résultante de ce qu’on peut appeler une digestion culturelle. Les pattes d’eph, le style seventies, le patchouli et la musique indienne ont donné, après digestion, naissance à cette nouvelle catégorie sociale, une caste dans la caste. Mais l’objet de ce billet est de faire prendre conscience d’une deuxième famille de bourgeois dégénérés : Les Boras c’est à dire les bourgeois racailles.
Sur le même modèle que les Bobos, les Boras sont des bourgeois libérés qui absorbent comme du buvard les courants culturels pour se les réapproprier dans des codes vestimentaires, une certaine façon de parler, un mode de vie. La seule différence réside dans le fait que si le modèle culturel des Bobos était Woodstock, celui des Boras serait plutôt les premières heures du terrain vague de La Chapelle, voir les discomobiles mythique de DJ Dee Nasty. Le hip hop est devenu le référent culturel principal d’une certaine partie de la bourgeoisie. Survet’ et casquettes ont remplacé les canadiennes aux poches trouées. Les textes d’IAM se sont substitué aux coups de gueule de Léo Ferret et même la tendance la plus radicale du hip hop à savoir le gangsta rap a considérablement marqué et influencé une génération tout entière.
Alors que les Bobos aiment se sentir comme des loukoums autours d’une table basse à refaire le monde en fumant de la Marie-Jeanne et en buvant du thé, les Boras préfèrent squatter le trottoir en bas de chez-eux, boire de la bière, s’adonner au graffiti, vendre du matos aux Bobos ou s’essayer au Break Dance. Mais au bout du compte la démarche est identique : elle consiste à récupérer et à s’approprier la culture contemporaine (avec un temps d’écart). Trofor.com a souhaité faire cette petite mise au point sémantique parce qu’elle désigne une réalité tangible, palpable mais jusqu’à présent non nommée. Je compte sur vous chers lecteurs pour faire de ce néologisme un nouveau phénomène de société…

Posted: juillet 6th, 2001
Categories: idées
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