News for juin 2001

LE PARIS D’ANDRE

On a beaucoup parlé ces 6 derniers mois de la nouvelle vague du graffiti parisien. La sortie du livre « Souvenirs de Paris » n’est que le symptôme d’une tendance que connaît la rue depuis un bon moment.
Les figures de proue qui ont donné ses lettres de noblesse à cette tendance sont Space Invader et ZEVS qui, à travers leurs hyper activité des deux dernières années, ont entraîné dans leur sillage de nombreux émules. Mais le cas d’André est différent, c’est ce qu’on peut appeler un ancien pour ne pas dire un pionnier. Précisons de suite de qui il s’agit :
Il est l’auteur des célèbres « Shadoks » qui peuplent les murs de Paris. Des bonshommes filiformes à la tête ronde toujours souriant et ayant des faux airs de Dandy sous leurs chapeaux haute-forme. C’est lui qui a relooké les boites aux lettres jaunes de la poste en leur faisant arborer un large sourire. Il s’est également fait connaître pendant les élections municipales en lançant une large campagne d’affichage aux couleurs de « MONSIEUR A » son pseudonyme électoral. Notons qu’il pose aussi « OLYMPIA » et son tag « ANDRE ». On apprécie ou pas son travail mais aucun artiste de rue ne peut y être indifférent. Il est présent, tant dans la durée que dans la quantité. Rien que pour ça il mérite le respect.
La raison pour laquelle André à droit à sa chronique perso dans Trofor.com est actuellement visible à Paris et elle s’appelle la Tour saint Jacques. Juste à côté de la place du Châtelet, en plein cœur de la capitale donc, Monsieur André nous en met plein la vue avec un « Shadok » dont le gigantisme laisse sans voix. Certes ce n’est pas la première fois qu’un artiste de rue s’en prend à un échafaudage et explose les dimensions traditionnelles du graffiti mais là c’est différent. C’est TROFOR !!! A vue de nez je dirais que le perso fait dans les 25 mètres. Le regard tourné vers l’Est, André domine tout Paris. Big up donc et bonne continuation à cet artisan du bitume qui réinvente sans cesse la définition du graffiti. Cette fois-ci on retiendra : une performance qui surprend les passants.
Pour en savoir plus, je vous invite à vous rendre sur le site d’ARMVR qui lui consacre de nombreuses pages ou directement sur le site d’André.

Posted: juin 29th, 2001
Categories: graffiti
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FETE DE LA MUSIQUE

Depuis 20 ans, le 21 juin on fête la musique partout en France. Les villes se métamorphosent : les trottoirs deviennent des scènes, la rue un dance floor et les poubelles des podiums…
A Paris, comme chaque année c’est une véritable marée humaine qui à déferlée dans le centre, drainée par les incontournables têtes d’affiches. Nombreux sont ceux qui découragés, voir traumatisés, par des expériences précédentes sont restés calfeutrés chez eux, à l’abri de l’hystérie collective et parfois destructrice catalysée par une consommation d’alcool hors du commun et propre à ce genre de manifestation de masse.
Mais ceux qui sont sortis, ceux qui font la fête de la musique n’étaient pas déçus. Sound system par-ci, musique du monde par-là, chorales et fanfares, batucadas et groupe de rock, le son était là, partout.
Tout de suite, les conseils de Trofor.com pour profiter au maximum de cet événement unique :
- Eviter, sauf hasard de la rue, les endroits trop grillés type Bastille, Hôtel de Ville, les Champs, etc…
- Faire très attention à sa consommation de produits (quels qu’ils soient) et ce afin d’éviter tout malaise, bad trip ou parano qui écourteront à coup sûr votre soirée.
- Ne pas se fixer de programme, d’impératifs ou d’objectifs, sans quoi votre promenade risque fort de se transformer en marathon.
- Etre piéton si possible les mains dans les poches. Tout accessoire (sauf les instruments) sera pour vous une source permanente de tracas. Oubliez vélos, roller, skate, sac en tout genre ou tout ce qui pourrait vous encombrer.
- Savoir se perdre, ne pas se sentir attaché à une personne ou un groupe, laissez la foule agir comme un fluide qui tantôt écarte, tantôt rapproche les êtres.
Apprenez bien les règles pour l’année prochaine, d’autant qu’elles peuvent vous servir pour toutes les fêtes de rue (gay pride, techno parade, ferias).
Voilà, n’hésitez pas à faire part aux autres internautes des découvertes que vous avez pu faire hier (A Paris ou ailleurs) en utilisant les commentaires.

Posted: juin 22nd, 2001
Categories: musique
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A FOND DE FANFARES

Le quartier des Beaux-arts à Montpellier a du se réveiller dans un drôle d’état dimanche dernier. La veille, il y avait selon les estimations 20 000 personnes dans la rue !
Toutes rassemblées à l’occasion du festival des fanfares qui tient lieu de feria à cette ville qui en est dépourvue. Bien que située à proximité de Nîmes, Béziers et Arles, Montpellier ne fait pas partie de ces villes qui célèbrent le taureau dans la liesse, l’alcool et les trompettes. Pour autant, les Montpelliérains savent faire la fête et l’ont prouvé. Autour d’une dizaine de fanfares (les Kadors et les Pistons Flingueurs entre autres) venues d’un peu partout, on avait l’impression que deux cultures de la fête s’étaient données rendez-vous : la culture des ferias du Sud Ouest, incarnée par les fanfarons et les bodegas et la culture de la teuf ambiance free party que véhiculait une partie du public.
La foule était belle, toutes générations confondues, unis par les mêmes airs de musique et dans la même joie. Vers deux heures du matin, alors que les fanfares en avaient fini avec leur récital, les percus, jongleurs et cracheurs de feu ont pris le relais. Autant dire que la fête a été longue et que le quartier ressemblait à un vrai champ de bataille le lendemain. Tout Montpellier était là, pour cette fête de quartier bon enfant et bon esprit qui apparemment prend de l’ampleur d’année en année.
Une expérience concluante donc qui appelle répétition. Et vous pouvez compter sur Trofor.com pour vous signaler la prochaine édition, fut-elle dans un an !

Posted: juin 22nd, 2001
Categories: musique
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HITCHCOCK ET L’ART

Voilà un thème d’exposition bien racoleur et spectaculaire, ce à quoi le Centre Pompidou commence à nous habituer. On est loin de l’élitisme qu’on peut attendre d’un centre d’art contemporain digne de ce nom.
A ce titre, l’a priori de la rédaction avant la visite était très négatif. A priori qui s’est vite dissipé et ce pour plusieurs raisons qui sont autant de qualités à mettre au crédit de cette manifestation :
La quantité de pièces exposées tout d’abord qui plonge littéralement le visiteur dans l’univers hitchcockien ne le privant d’aucuns détails, y compris les plus anecdotiques.
L’éclairage qu’apportent notamment les commentaires (écrit sur les murs tout au long de l’exposition) sur la démarche artistique du maître du suspens et qui échappe le plus souvent au spectateur des films. L’importance de la peinture dans le travail du cinéaste ou ses influences littéraires par exemple.
Enfin, l’effet général que ressent le visiteur à mesure qu’il progresse dans cet univers, le même que celui produit par les films du réalisateur : une certaine idée de l’angoisse…
Autant de bonnes raisons d’aller faire un tours à Beaubourg.
Malgré toutes ces qualités et l’intérêt évident que présente une telle exposition, la critique initiale demeure. Un musée d’art contemporain ne se doit-il pas d’explorer des mondes moins superficiels que ceux du cinéma grand public ? Sa mission s’il en a une, ne devrait-elle pas le conduire à organiser des accrochages plus provocateurs et subversifs, à faire connaître des talents d’aujourd’hui, moins consensuels ?
Alfred Hitchcock et l’Art ou comment jouer à se faire peur dans un Musée qui ne prend pas de risques.

Du 6 juin au 24 septembre 2001
Au <A href= »http://www.centrepompidou.fr » target= »_blank »>Centre Pompidou</A> à Paris.

Posted: juin 13th, 2001
Categories: expo
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VOIR KRUSH ET MOURIR

Né en 1962, de son vrai nom Ishii Hideaki, DJ Krush est tombé dans le hip hop au début des années 80 avec la sortie du film Wild Style. Mais c’est au début des années 90 qu’il a véritablement explosé.
Sa façon unique de torturé le vinyle lui a permis d’être un des tous premiers artistes à signer sur le jeune label anglais Mo Wax. Le style de DJ Krush a toujours été et reste unique. Tantôt qualifié de minimaliste, tantôt d’expérimental, il est surtout marqué par la culture hip hop et véhicule une profonde nipponitude. Comme dans un film de Kurosawa, tout est dans la retenue. Krush ne lâche rien, il maîtrise. C’est un chirurgien du beat, un calligraphe musical. Sa précision n’a d’égal que sa concentration. Mais il est vain d’en parler d’avantage tant Krush s’écoute plus qu’il ne se raconte. Pour l’écouter il faut soit acheter ses disques (ou des compiles Mo Wax), soit assister à un de ses rares concerts (performance à la frontière du récital et de la messe noire).
Et c’est hier que le maître donnait une messe à Paris. Nombreux étaient les fidèles rassemblés à la Maroquinerie dans le 20ème pour voir de leurs yeux le phénomène. Il a donc officié aux platines pendant plus d’une heure et demi, en mixant ses propres morceaux. Le set qui en a résulté était des plus décousus, sans autre trame que son auteur. Le temps d’un mixe, ce gourou mystique est devenu le point de convergence de tous les regards médusés d’un public statufié par tant de pureté et de radicalisme sonore.
Il a été ovationné comme il se doit et c’est par le plus grand des hasards que votre serviteur à pu, au terme du concert, approcher l’idole et lui faire part de l’immense gratitude que ressentent les DJ du monde entier. Après avoir lâché un sourire laissant entrevoir sa dentition ruinée, vraisemblablement par la came, il s’en est allé dans son van aux vitres teintées courir le monde et le mystifier.

Posted: juin 6th, 2001
Categories: musique
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