« Il faut avoir le sens du titre » déclare volontiers Ariel Wizman qui forme avec Nicolas Errera le groupe Grand Popo Football Club. Et ils l’ont, on retiendra outre le nom du groupe lui-même les titres « Salami man », « shampoo victims », « Get your self a Loukoum » ou le déjà célèbre « Les hommes sont vraiment pas des mecs biens ».
On ne présente plus Ariel Wizman, ex-animateur de « La grosse boule » sur radio nova avec Edouard Baer, ils ont fait leur entrée ensemble à la télévision dans l’émission Nulle Part Ailleurs de Canal+. Alors que Edouard est parti embrasser une carrière d’acteur international récemment couronné d’un Molière, Ariel lui est resté dans le petit écran, sur la chaîne cryptée où il présente et anime l’émission « L’appartement ». Mais la musique ne l’a jamais quitté. Eternel DJ mondain, Ariel est spécialisé dans l’éclectisme sonore.
Sa rencontre avec Nicolas Errera au lycée Montaigne à Paris remonte à longtemps, plus de dix ans. Ce dernier, nécessairement plus effacé, ne semble pas boudé son plaisir lorsqu’il déchaîne son arsenal électronique composé de sampleurs et de boites à rythmes. Le son de leur groupe fait clairement partie de la tendance House propre à la scène française. La comparaison avec les Daft Punk est immédiate et cinglante. On retrouve le même rapport à la musique et aux vieux tubes. La même nostalgie moqueuse et sans complexes. Le beat est lourd, les scratch d’Ariel sont emprunt d’incompétence pataude mais le résultat est là, efficace.
Pas de révolution en perspective, juste du gros son d’intellos à la mode bourrins, soucieux de faire durer l’onde de choc musicale que provoque le Touché Français dans la House music. Encourageons les, car ils sont les bâtisseurs avec leurs pères spirituels que sont les Daft Punk et Dimitry from Paris par exemple, d’un genre musical qui promet : la pop music électronique à la française…
News for mai 2001
GRAND POPO FOOTBALL CLUB
PLEIN AIR JAZZ FESTIVAL
Once again, Paris Plage à Vincennes ! C’est l’été et les concerts du Parc Floral ont commencé. Par delà le périphérique, une foule de citadins métamorphosés en plagistes éphémères est venue respirer un air de pure musique.
Comme chaque année, la sélection sur le papier fait déjà peur. A l’affiche du Paris Jazz Festival :
- samedi 19 mai : Lisa Ekdahl
- dimanche 20 mai : Claude Nougaro
- samedi 26 mai : Salif Keita
- dimanche 27 mai : Russell Malone
- samedi 2 juin : Olu Dara
- dimanche 3 juin : Bugge Wesseltoft » new conception of jazz »
- samedi 9 juin : Didier Lockwood – Antoine Hervé duo
- dimanche 10 juin : Marcio Faraco
- samedi 16 juin : Battista – Romano – Vitous
- dimanche 17 juin : Tania Maria » Viva Brazil » quartet
- samedi 23 juin : Jean-Jacques Milteau quartet
- dimanche 24 juin : Mino Cinelu quartet
- samedi 30 juin : » Buena Vista Social Club » présente Omara Portuondo
- dimanche 1er juillet : » The Art of Four » avec Ron Carter et Billy Cobham
- samedi 7 juillet : Dee Dee Bridgewater « hommage à Kurt Weill »
- dimanche 8 juillet : Chick Corea Akoustic trio
- samedi 14 juillet : Dave Brubeck quartet
- dimanche 15 juillet : Wayne Shorter quartet
- samedi 21 juillet : » Remember Shakti » John Mc Laughlin
- dimanche 22 juillet : Brecker Brothers » the return »
- samedi 28 juillet : Laurent de Wilde electro sextet » Time 4 Change »
- dimanche 29 juillet : Maceo Parker
Les concerts commencent à 16h30, l’entrée vaut 10 F.
Parc Floral de Paris
Metro ligne 1 station Château de Vincennes (prévoir 15 de marche).
DENNIS HOPPER : LE RETOUR
Pourquoi lui et surtout pourquoi maintenant ? Parce que la prise de risque est une composante de l’avant-garde, Trofor fait le pari de cette nouvelle tendance : le grand retour de Dennis Hopper et sa consécration.
Connu en tant qu’acteur et réalisateur, Dennis est aussi un artiste dans les domaines de la peinture et de la photographie. Mais revenons un instant sur son fabuleux parcours : Il a dirigé et co-écrit le film culte qu’il interprète aux côtés de Peter Fonda « Easy Rider » en 1969 ; il a réalisé le film « Colors » en 1998 et, en tout, il a tourné dans plus d’une centaine de longs métrages dont « Apocalypse Now » en 1979 et « Super Mario Bros. » en 1993. Rien que sa filmographie donne le ton : un personnage complexe et hyper-actif.
Mais ce que tout le monde ignore c’est que Dennis à toujours vécu comme un artiste pluridisciplinaire. Fréquentant la Beat Generation dans les années 60, gravitant autours d’artistes conceptuels ou de pop art dans les années 70, il s’est toujours intéressé à la peinture et plus récemment au graffiti, photographiant les mûrs… Le rôle de photographe défoncé qu’il joue dans « Apocalypse Now » n’est peut-être pas si éloigné de la réalité…
En 1997, une rétrospective de l’ensemble de son œuvre a eu lieu à Santa Monica aux Etats-Unis et il a fallu attendre avril 2001 pour qu’une manifestation équivalente aie lieu en Europe, c’était au Stedelijk Museum d’Amsterdam. Gageons que Paris n’en restera pas là et saura célébrer comme il se doit ce créateur iconoclaste et déjanté, le plus ricain des bohémiens.
MUSEE DES ARTS ASIATIQUES
Qui connaît le Musée Guimet ? Loin des feux de l’actualité mais pourtant pas si éloigné des projecteurs de la Tour Eiffel, le Musée Guimet, véritable joyau caché de la capitale, brille par sa discrétion.
Fondé par un passionné il y a plus d’un siècle, le musée a fait peau neuve au cours des années 90 et offre pour son entrée dans le 3ème millénaire le visage de la modernité, de la lumière et de la simplicité. Les collections qu’il abrite recèlent de trésors, les trésors d’Asie. On y trouve des pièces provenant des quatre coins du continent : du Japon à l’Afghanistan, de L’Indonésie au nord de la Chine. Si l’étendue de la zone géographique représentée est vaste, la période couverte ne l’est pas moins. Près de 5000 ans d’histoires nous sont comptés par les sculptures, peintures, estampes, vases, bijoux, éléments de mobiliers…
On est tenté de culpabiliser, de se mettre dans la peau d’un pillard, passant les œuvres en revue comme s’il avait en face de lui un butin de guerre. Que viennent faire des statues indiennes, des céramiques chinoise et des calligraphies japonaises à mi-chemin entre la Place Iéna et celle du Trocadéro ? Je ne sais pas, mais dès lors qu’elles sont là et qu’elles s’offrent au regard il serait fou et dommage de ne pas en profiter.
Allez au Musée Guimet voir les collections asiatiques, c’est un spectacle fascinant qu’aucun homme de goût ne peut regretter.
EGO TRIP DANS L’ESPACE
Tout s’achète tout se vend. Une fois de plus, notre civilisation vient de repousser les limites de la vénalité. Ça y est, c’est officiel, on peut acheter son billet pour l’espace.
Dennis Tito a ouvert la voie du Cosmos aux particuliers en réalisant son rêve. Désormais si vous êtes pété de thunes vous aussi vous pouvez aller regarder la Terre d’en haut. Jusqu’à présent, l’espace et les stations orbitales qui s’y trouvent étaient le domaine réservé des scientifiques. C’était, un peu à l’image du continent Antarctique, une zone internationale consacrée à l’étude et à la sauvegarde de notre milieu, un territoire hors commerce.
C’en est fini, l’argent à eu raison des principes moraux et la station ISS s’est provisoirement transformée en un hôtel plein d’étoiles… L’industrie spatiale se reconverti en tour operator et on imagine déjà des panneaux publicitaires visibles de la Terre et des astronautes sapés comme des pilotes de formule 1.
Comment en est-on arrivé là me direz-vous ? Grâce à une énergie surpuissante et déjà largement démocratisée : un mélange de consumérisme, d’individualisme et de mégalomanie. Ça promet…
LE VRAI EST UN MOMENT DU FAUX
Derrière le débat social moraliste ou partisan qui envahit la société française ces jours-ci, oscillant entre la glose et la critique de Loft Story l’émission « concept » d’M6, se cache la réalisation de deux prophéties : Guy Debord et George Orwell.
Celle de Guy d’abord, dont est extrait le titre de l’article, je cite à peu près : «Dans une société réellement renversée, le vrai est un moment du faux » Le renversement opéré concerne le rôle d’acteur du spectacle. L’acteur n’est plus celui que l’on regarde mais celui qui regarde. La masse des spectateurs devient le spectacle lui-même, tout le monde est pris au jeu. L’inversion des rôles fait de la réalisation du spectacle, de ses artifices la seule réalité persistante. Le vrai est devenu un moment du faux. Nous sommes tous dans un Loft dont on ne sort pas et les cages à hamster-humains resteront longtemps bien garnies car elles incarnent le seul résidu de vérité de notre société spectaculaire.
De ce renversement découle la réalisation de la seconde prophétie, celle de George. Le rôle que prennent les nouveaux acteurs du spectacle global n’est autre que celui imaginé dans le roman 1984 : Big Brother. La masse des téléspectateurs est capable d’observer tous les faits et gestes des captifs du Loft, de les priver de toute forme d’intimité, de secret.
Big Brother existe bien puisque c’est nous.