Massacré par la critique, ce film de Edo Bertoglio qui raconte une journée à New York avec Jean-Michel Basquiat mérite pourtant d’être vu car il est tout bonnement trofor.
L’artiste qui joue son propre rôle et les images d’époque (1981) donnent des faux airs de documentaire à cette fiction. Pour résumer, il s’agit d’une plongée dans l’univers artistique et décadent du début des années 80, à l’origine du hip hop. La voix off qui nous livre les pensées poétiques du héros est celle de Saul Williams et c’est une véritable galerie de stars de l’underground qui peuplent la folle journée de celui que tout le monde appelle simplement Jean.
Peintre, graffeur et musicien, il zone pendant toute la durée du film, arpentant les rues, à la recherche d’un billet, d’un ami ou d’une femme. Contrairement à la mythification que certains dénoncent, Basquiat m’a semblé très simple dans ce film, très naturel et on s’identifie finalement assez facilement à lui, artiste paumé, bienheureux, content de parler à ses amis, ne crachant pas sur un joint d’herbe, ne sachant pas vraiment ce qu’il veut ni où il va. C’est l’histoire d’un galérien authentique, comme il en existe encore aujourd’hui, un esprit libre dans la ville.
Ce film, dont la B.O. est une pure merveille, du morceaux Rapture de Blondie aux hystériques solos de Arto Lindsay en passant par les impros de Fab Five et les délires scéniques de Kid Créole, est une bouffé d’oxygène, une pierre de plus à l’édifice de la sous-culture qui pousse dans les failles des murs décrépits. C’est la vie.
Posted: mars 21st, 2001
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Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo alias les Daft Punk, viennent de sortir leur deuxième album : Discovery.
Après Homework en 1996, ils sont devenus de véritables stars mondiales, à grand renfort de tubes planétaires tels que « Da Funk » ou « Around the World ». Ambassadeurs de la House française, leur dernier album est très attendu et le single « One More Time » sorti en automne 2000 en donne déjà le ton : très différent du premier, moins radical peut-être mais beaucoup plus sophistiqué et en tout cas trofor. Certains parlent de Disco House nostalgique, d’autres de French Touch, ou encore d’Electro Pop. L’obsession des étiquettes nous aveugle une fois de plus sur ce que sont vraiment les Daft Punk : de modestes musiciens, talentueux certes mais travaillant comme les autres, à la recherche de sons, de vibrations, de groove et de plaisirs à partager, explorant les machines et les possibilités qu’elles offrent : sampler, filtrer, mettre en boucle, etc.…
Grâce au succès commercial sans précédent de leur premier album (2 millions d’exemplaires vendus), le duo a pu enchaîner sans complexes. Certains idiots crient à la reprise, au pompage et à l’absence de créativité là où il faut voir un hommage, une utilisation de la matière sonore et une originalité déconcertante. Le sampling n’a toujours pas été digéré dans une société comme la France où tout est mode, étiquette, déjà vu et catalogage.
Je le dis haut et fort : Discovery est une bombe. Oubliez le marketing, les vidéos et autres publicités, fermez les yeux et laissez-vous partir, were’gone celebrate ! Oh yeah !
Posted: mars 20th, 2001
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musique
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electro pop
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Non content d’être au centre géographique de la capitale, le Centre Pompidou alias Beaubourg semble s’imposer de plus en plus depuis sa réouverture comme le centre de la tendance, d’une tendance populaire évoluant à la vitesse de la mode. C’est en tout cas l’impression que donnent les expos qui s’y succèdent comme les collections d’un créateur sous les yeux du public médusé.
La dernière qui ouvre ses portes aujourd’hui est comme son nom l’indique consacrée au Pop Art. Une rétrospective déjà étalée dans la rue qu’on attendait presque. L’effet recherché par le pop art est perdu, éteint même si les néons ont été rallumés pour l’occasion et que les œuvres exposées déchirent. Comme si la surexposition de ces images tournées vers les images les avait ternies.
L’expo est un best of du Pop Art. Son nom même : « les années pop » ressemble à celui d’une compile de base. C’est très complaisant et très éloigné du pop art d’aujourd’hui qui se radicalise à l’inverse de l’effet produit par le temps sur les œuvres. Le pop art se nourrit d’une image jetable et doit accepter d’être lui-même jetable ou du moins périssable.
Allez donc voir ce qu’il reste de nous là-bas. Le « Tableau à grande tension » de Martial Raysse et beaucoup d’autres pièces méritent d’être approchées et contemplées ; c’est du réchauffé mais c’est trofor.
L’art populaire investit le Musée le plus populaire de la capitale jusqu’au 18 juin.
Posted: mars 15th, 2001
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expo
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Beaubourg
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Le monde connaissait la French Touch, il découvre aujourd’hui une facette de la Paris Touch avec le premier long métrage de Raphaël Frydman, jeune réalisateur, acteur et poucard de son état.
Pas de morts, pas de monstres dans ce road movie adolescent et somme toute romantique retraçant le parcours aventureux de djeunz à la recherche d’eux même. La musique occupe le premier plan, juste derrière les sourires de l’héroïne Anouk interprétée par Isild Le Besco. Dès le générique, l’énergie du film arrive par la musique dans une scène de liesse spectaculaire et mémorable que ma critique ne saurait entamer. Car oui, j’ai quelques regrets que je ne saurais vous cacher plus avant.
Les personnages sont trop creux, et on a du mal à s’attacher à eux, faute des les connaitre suffisamment. Ils n’existent pas assez et l’histoire ne nous en dit pas d’avantage. C’est bien là le paradoxe de ce film, des personnages sans adresse qui envoient des cartes postales, des désespérés sans cesse en train d’espérer ou d’attendre.
Mais trêve de sévérité, certes ce n’est pas la révélation de la nouvelle vague, ni une révolution du cinéma mais c’est tout de même un film Trofor qu’il faut aller voir si on a envie de passer un bon moment avec de belles images et une bande son de ouf.
Posted: mars 13th, 2001
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road movie
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Hier, à l’Elysée Monmartre à Paris, s’est produit le légendaire groupe de rap Californien «The Pharcyde» ou du moins ce qu’il en reste. Comme je l’avais pressenti il y à quelques semaines déjà, le groupe dont vous savez presque tout (cf. article sur Pharcyde) est venu nous rendre visite.
Depuis le départ de Fatlip, les Pharcyde ne sont plus que trois et Slimkid n’étant pas de la tournée, c’est Booty Brown et Imani qui tenaient les micros. Mais ils étaient accompagnés d’une belle section rythmique : un DJ, un guitariste et un clavier. Les ambiances sonores ainsi créées, dégageaient une espèce de groove, extrêmement funky et soutenu par les riffs saccadés d’une guitare minimaliste et le souffle mielleux des accords feutrés du synthé Roland, ambiance Fender Rhodes et Bay Area.
Si la formation est réduite, cela n’a en rien entamé le talent de ses membres. La voix de Booty Brown est tout bonnement incroyable, elle déchire l’atmosphère comme aucune autre, à la fois nasillarde et suraiguë. Imani a lui aussi atteint des sommets dans l’art lyrical, tant au nivaux du flow, qu’au niveau du chauffage de la salle. Ce dernier s’est révélé être un énorme showman, imitant James Brown sur le morceau «soul flower», interpellant la foule et même provoquant le public en chantant le premier couplet de «I will survive» de Gloria Gainor pour se foutre de notre gueule (hymne de la coupe du monde).
Ils ont joué longtemps pour des américains et, en piochant dans leur discographie, ont réveillé des souvenirs qui déchaînèrent la foule comme un tsunami.
C’est ça Pharcyde : 1/3 d’humour, 1/3 d’énergie pure, 1/3 de couché de soleil sur la ville. Une ambiance qu’on a envie de retrouver, le plus tôt possible.
Posted: mars 11th, 2001
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Paris,
rap
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Soyons honnête, ce drame de Steve Buscemi, très bon acteur de son état, n’est pas trofor. Il n’est pas trop nul non plus, loin de là et c’est la raison pour laquelle il mérite son article.
Disons pour faire court que c’est une histoire de sentiments, à défaut d’être une histoire d’amour, qui a pour décors le milieu carcéral américain et qui nous dévoile d’une façon très américaine une certaine réalité locale. Il y a les gentils et les méchants. L’amitié franche et virile des taulards résignés et solidaires est très caricaturale et l’happy end est la cerise sur le gâteau de reproches que l’on peut faire à ce film.
Pour ce qui est des compliments, on retiendra l’excellente performance d’acteur d’Edward Furlong révélé par son rôle dans Terminator II – où il jouait le fils de Sara Connor. On retiendra aussi l’ambiance générale de la taule, très bien rendue, notamment par l’admirable casting réunissant têtes de pirates, œil torve et gras-doubles recréant à merveille ce à quoi doit ressembler l’authentique faune carcérale de là-bas.
Bref si vous êtes branché par Alcatraz version 2001, c’est le film qu’il vous faut. On est content d’être spectateur et on sort de ce film indemne à tout point de vue.
Posted: mars 10th, 2001
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tragédie
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Quoi de neuf à la Maison Européenne de la Photo ?
Six nouvelles expos viennent d’ouvrir leurs portes dans le célèbre établissement parisien. Elles sont toutes les six très différentes les unes des autres et offrent un éventail assez large de ce que la photographie peut avoir de beau, d’intéressant et de créatif.
Commençons par le sou-sol : « Le plus bel âge » est ce qu’on appelle une commande publique. Les photographes qui exposent leurs clichés répondent à la question suivante avec beaucoup de sensibilité et d’originalité : comment voyez-vous les jeunes d’aujourd’hui ? On retiendra les noms de Denis Darzacq et Marie-Jo Lafontaine.
Plus haut dans le bâtiment on découvre « Yeux », le travail de Jean-Baptiste Huynh que je n’ai pas adoré mais qui vaut le coup d’œil (rires).
Passons à Jean Baudrillard, plus théoricien que photographe, ce qu’il expose « Le meurtre de l’image » pourrait être qualifié d’art conceptuel, il étudie l’aspect sériel et le rapport au réel qu’on trouve dans l’acte de photographier. Ça ne m’a pas emballé, visuellement c’est assez naze.
Les deux derniers sont les deux meilleurs.
Sous l’intitulé « Photographe, critique, théoricien », on peut découvrir une partie de l’œuvre de Daniel Masclet (1892-1969) qui est un véritable master du boîtier ; ses clichés sont maîtrisés, rares, subtils, en un mot trofor.
Mais mon préféré c’est Guy Peellaert, ce créateur belge pratique le mix-média où l’ordinateur vient seconder l’appareil photo. Le résultat donne des montages spectaculaires, retouchés, colorisés et mettant en scène un siècle entier. Son œuvre ressemble à du graffiti parce qu’elle a l’impact de la bande dessiné, l’humour de la rue et la réalité des mythes. A voir.
Posted: mars 1st, 2001
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expo
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Paris,
photo
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