News for janvier 2001

CHEZ YOURI

Ceux qui connaissent cette échoppe l’appellent aussi la caverne d’Ali Baba. C’est peut-être le meilleur disquaire de vinyles de la capitale.
Le véritable nom de ce magasin qui existe depuis un an n’est pas très original puisque c’est celui du patron, Youri. C’est un peu comme si on allait chez un ami. Fort de 31 ans d’expérience dans la vie, Youri est plus qu’un marchand de disque, c’est un conseiller, un savant et surtout un amateur lui-même. Spécialisé dans le vinyle d’occasion, on trouve tous les styles dans ses bacs. Mais la préférence de Youri va vers les 12’ inch (comprenez les maxi 45trs) de funk et la black music en général.
Pour arriver à proposer toujours plus de disques rares, toujours plus de perles et de pressages originaux, Youri a un secret : c’est son travail ! Et il le fait avec le plus grand professionnalisme, passant ses week-end dans les conventions de disques anciens, à mi-chemin entre le vide grenier et le salon professionnel, ou en faisant la navette Paris – New York afin de dégotter des galettes qui s’entassent ou moisissent là-bas et que l’on s’arrache ici.
Hélas, l’exercice 2000 est déficitaire et le disquaire affiche une perte nette proche de 100 000 fr. Dès lors, Trofor compte sur vous pour que cela change. Allez donc découvrir les trésors de sa boutique dans un cadre exceptionnel (c’est de la pub situationniste), les murs affichent les belles pochettes du moment, les bacs sont pleins de ressources et trois platines permettent d’y jeter une oreille curieuse.
Chez Youri c’est l’arrêt obligé de tout DJ qui se respecte et plus largement de tout mélomane curieux de découvrir ce qu’on pourrait appeler un dealer de son.

Chez Youri
60 rue d’Argout
75002 Paris

Posted: janvier 30th, 2001
Categories: musique
Tags: ,
Comments: No Comments.

HIP HOP ART PRESS

Aussi vastes que soient les territoires du hip hop, c’est avec un sens aigu de l’analyse et de la volonté d’érudition qu’Art Press les a explorés pour nous. Son dernier numéro hors série propose une étude pointue et pertinente qui contraste avec les banales platitudes répandues ça et là sur le sujet.
Une quinzaine d’articles aborde les différentes facettes du mouvement, tentant d’enserrer l’insaisissable. Il faut reconnaître que pour une fois certains concepts originaux sortent de l’ombre et la lecture de ce magazine se révèle être un excellent outil de lecture du hip hop lui-même. Un bon magazine de chevet, un peu brise crane mais bourré de références. Ce que je lui reprocherais puisqu’il faut bien, c’est d’être tellement précis, méthodique et instructif qu’il finit par en être pédant. Le ton sonne comme celui d’un cours, sorti tout droit de la bouche d’un prof. S’il existe une littérature hip hop un jour, espérons qu’elle sera moins formelle et plus Wild Style sinon ça risque d’être chiant.
Mais trêve de dénigrement, ce numéro spécial est incontournable et si le hip hop suscite en vous des interrogations quelconques vous devez absolument vous le procurer. Or il semblerait après enquête qu’il ait fait l’objet d’un retrait prématuré dans certains kiosques parisiens et il est possible que vous rencontriez quelques difficultés à mettre la main dessus. Néanmoins si vous êtes sur Paris, vous pouvez toujours le trouver à la librairie « La Hune », 170 boulevard Saint-Germain.

Art press
Hors série
Décembre 00
50 fr

Posted: janvier 30th, 2001
Categories: idées
Tags:
Comments: No Comments.

OBJECTIF MURS

Témoignages photographiques de 18 ans de peinture de rue, aurait pu s’appeler Jérôme Mesnager et Nemo à travers les âges. Les clichés exposés dans cette galerie retracent les performances murales de ces deux artistes, ensemble ou en solo.
Mesnager, est peut être le plus connu des deux grâce à ses personnages blancs à la morphologie si reconnaissable. Nemo, lui, travaille à l’ancienne, au pochoir. Ses persos sont toujours le même modèle, silhouette d’un anonyme en imper, un attacher case à la main et occasionnellement un parapluie rouge. La scénographie est une discipline maîtrisée par les deux hommes et, non content de réaliser de pures merveilles pariétales, ils lui ajoutent la magie du cliché photographique qui vient interrompre, briser le destin nécessairement éphémère de la performance rupestre ou tag voué à l’effacement. L’expo nous montre les photos personnelles d’artistes de rue qui font rêver. Par leur démarche d’intellos, ils cautionnent à leur manière le tag, tentatives vaine mais farouche d’émouvoir le chaland comme ils savent si bien le faire. On pourrait parler de Old School parisien, dans la mouvance de Miss Tyc ou André. L’idée même de poésie urbaine est très présente et un esprit du genre Baudelaire bohème murale se dégage, bref encore une errance.
Le lieu qui accueil ce petit accrochage se nomme The Sound Gallery et se trouve dans un quartier déjà évocateur, quai de Jemmapes, à la porte de l’Est Parisien à quelques mètres du fameux Hôtel du Nord. C’est en ce moment, et jusqu’au 10 février.
Quel choc tout de même de voir le personnage blanc de Mesnager sur la Muraille de Chine ou devant les Pyramides ! Big up et respect à ces artistes du bitume qui donnent de leurs personnes, c’est Trofor.

Posted: janvier 26th, 2001
Categories: graffiti
Tags:
Comments: No Comments.

GIACO L’ARTISTE

Alberto Giacometti, le dessin à l’œuvre ; c’est le nom donné à l’exposition qui ouvre ses portes aujourd’hui au Centre Pompidou et qui accueillera jusqu’au 9 avril un accrochage des dessins de l’artiste plus connu pour ses sculptures longilignes.
Passée l’inévitable queue avant d’entrer dans ce genre d’expo très prisées, on découvre les travaux sur papier de Giaco. Parmi les quelques 150 œuvres exposées on trouve quand même quelques sculptures pour rappeler l’esprit du maître, une dizaine de peintures (sublimes) et une foule de dessins. Comme des plans ultra descriptifs, des préparations de ses réalisations tridimensionnelles. On reconnaît les silhouettes élancées, on reconnaît le travail sur les textures, la granulosité en surface propre à Giaco. Le trait est soit de crayon, soit de fusain ou d’encre mais il est presque toujours noir et bizarrement juste. Les portraits qu’il capture, les attitudes dénotent déjà une propension peut-être naturelle à la mise en espace. L’œuvre dessinée de Giaco est bouleversante parce qu’à l’image de son œuvre sculptée, elle est tournée vers le corps.
La visite du sixième étage de Beaubourg est donc vivement recommandée à tous les amateurs de sensations picturales fortes, voir trofortes.
Pour conclure et afin d’alimenter une polémique qui n’a pas lieu d’être et que seul Trofor.com peut avoir la bêtise de déclencher, on peut dire que Giacometti peintre est autrement plus fort que Picasso sculpteur !

Posted: janvier 25th, 2001
Categories: expo
Tags:
Comments: No Comments.

ANIKI MON FRERE

« Un Yakusa à Los Angeles », c’est le sous-titre du dernier film de Takeshi Kitano. Il en est le réalisateur et y interprète le rôle principal, celui d’un Yakusa expatrié en Amérique. Ce film révèle Kitano à ceux qui ne le connaissaient pas et ne décevra pas les adeptes j’en sui sûr.
L’univers des Yakusa fait penser à celui des samouraïs ou des triades chinoises mais ne vous-y trompez pas, celui dont il se rapproche le plus reste la mafia auquel il emprunte violence, fond de commerce, familles et territoires. La tension générée dans ces milieux est particulièrement propice et favorable au mode de réalisation japonais. Des plans fixes, des portraits très serrés, du silence, beaucoup de silence et Kitano installe ainsi, un voile que la violence viendra déchirer au moment opportun, par surprise, froide comme la mort.
Ce qui m’a plu dans ce film c’est qu’au contraire des films européens ou américains, on à l’impression que le spectateur n’est pas pris pour un con. Il n’est pas pris par la main constamment et l’intrigue se fait et se défait d’elle-même sans qu’il y ait besoin d’explications supplémentaires. L’esthétique qui caractérise le cinéma de l’Asie du Sud-Est qui a décidément le vent en poupe, est au rendez-vous. Les images sont belles, soignées et nettes comme le sont les Yakusa.
Allez voir ce film qui tue, je vous le recommande chaudement. Et n’allez pas croire qu’il s’agit d’un deuxième Ghost Dog, dans Aniki le code moral des personnages n’a pas besoin d’être dit, il crève l’écran. Et le talent de Kitano en la matière est sans commune mesure avec celui du très respectable Jarmusch. Dommage que RZA n’aie pas fait la B.O. !

Posted: janvier 22nd, 2001
Categories: cinéma
Tags:
Comments: No Comments.

BUMCELLO AU CITHEA

Ce duo rythmique est passé maître dans l’art de la vibration et de la variation atmosphérique. Bum c’est pour la batterie de Cyril Ateef et Cello désigne le violoncelle électrique de Vincent Segal. Cette combinaison d’instruments est le point de départ des délires obsessionnels de ce couple d’allumés.
D’entrée, les artistes font brûler quelques bâtons d’encens sur scène pour poser le décor et entame leurs frasques sonores. Chacun des deux musiciens dispose d’une pédale qui lui permet de sampler en temps réel ce qu’il joue et de le relancer aussi sec à grand renfort d’effets psychédéliques et d’échos spatiaux, tout droits sortis des cloitres zens d’une résidence monacale. On croit entendre Zakir Hussein ou Nusrat Fathe Ali Kahn tant les emprunts aux gammes indiennes sont justes et tant le violoncelle peut se métamorphoser en cithare dans les mains du virtuose. Mais du bout du pied, Vincent passe de la cithare à la contrebasse, puis il enchaine une phase de slap, après quoi il reprend l’archet et, sur une boucle qui tourne, il en rajoute toujours un peu plus fort, toujours un peu plus loin. Cyril n’est pas en reste et sa batterie est richement équipée de cloches de toutes les tailles et de toutes les couleurs qui diffusent des rythmes sophistiqués tantôt loufoques, tantôt carrés mais toujours efficaces.
Ce qui fait de cette mini formation un duo de Jazz c’est son penchant pour l’improvisation. Bumcello écoute la musique autant qu’il la joue. Le temps se dilate, chaque instant devient une éternité et la vibration des cordes répond au claquement des baguettes. Les sons planent au-dessus des têtes en mouvements comme des junkies errants, souriants et exaltés. Que c’est bon de sentir la caresse du vent dans ses cheveux !
Le premier album est disponible chez tous les bons disquaires.

Posted: janvier 18th, 2001
Categories: musique
Tags:
Comments: No Comments.

SAUL WILLIAMS

Un séisme vient de faire trembler les bacs de mon disquaire: l’album « Amethyst Rock Star » de Saul Williams. Une claque musicale et verbale pour tous les agités du bocal chez qui le slam fait vibrer l’âme.
Saul Williams… Cela vous dit quelque chose? Oui, c’est bien lui qui joue dans le film « Slam » de Marc Levin, sorti il y a près de deux ans déjà. Après des apparitions remarquées sur diverses compilations de qualité (« Blackwhole Style », « Lyricists Lounge »…) , Saul Williams nous livre un petit bijoux dont il a le secret.
Votre attente ne sera pas déçue: les innovations textuelles et musicales sont au rendez-vous. Car Saul ne se contente pas de poser sa prose avec aisance; il délecte aussi nos sens d’une musique qui sait surprendre. Il donne là au Hip-Hop sa vraie dimension, celle de la fusion, de l’ouverture sur des styles musicaux variés, sur des rythmes insensés. Jonglant avec les genres, abolissant les barrières, il passe sans complexe d’un beat lourd et appuyé à une rythmique Drum and Bass effrénée, quand ce n’est pas par une guitare saturée ou un Blues mystique. Ici tout a sa place, l’électronique comme l’acoustique.
Je parle à peine des textes, conscients, poétiques et envoutants. Seule une écoute pourra vous en convaincre si vous ne l’êtes pas déjà. Celle-ci n’est pas garantie facile, mais au combien subtile.
A noter: un concert en avril à Paris.
(cf. la Tronyc sur le festival de Rennes 2000)

Posted: janvier 16th, 2001
Categories: musique
Tags: ,
Comments: No Comments.

HOPPER VS JUICE

A Paris, hier, le MCM café organisait la demi-finale de son tremplin musical.
A l’affiche, les Parisiens HOPPER forment une bande de 5 musiciens talentueux : trois garçons à la section rythmique, basse, batterie, percu, et deux charmantes demoiselles toutes deux à la guitare et au chant. Aurélia est la chanteuse principale explique que le nom du groupe vient du peintre Edward Hopper (ça ne s’invente pas) et définie leur style musical de « Rock Indépendant un peu Expérimental mais juste un peu ». Ses derniers mots avant de monter sur scène furent à l’attention de ses partenaires : « Il faut jouer ce soir comme si c’était la dernière fois ». Emouvant n’est-ce pas ? Leur son est parfois pop, souvent cool, et soit on plane soit on bourre. Il paraît que c’est un style. En tout cas, la voix d’Aurélia sonne mieux dans les nappes cristallines que dans le brouhaha industriel des fenders over dosées.
Face à eux, le collectif montpelliérain JUICE. Ce collectif c’est d’abord Lionel, bassiste chevronné, il a plus de pédales sous les pieds quand il joue que de cordes à sa basse, il est clairement le chef d’orchestre du groupe. Juste avant de monter sur scène il déclarait à Trofor.com je cite : « Ici tout est crade et ça pu ». Les compositions de JUICE pourraient être qualifiées d’électro-trip-funk. Ils sont 6 membres dont Denis dit « le boucher » à la batterie, Léna au chant, Eric à la guitare, Greg au clavier et enfin, pour couronner le tout : DJ Ewae aux tables tournantes. Beaucoup moins acoustiques et donc beaucoup plus électroniques que le groupe précédent, JUICE cultive l’art de la boucle, de l’écho, de la distorsion bref de l’effet.
De ces deux prestations, on retiendra surtout l’excellente forme de DJ Ewae, parfaitement en phase avec ses scratchs.

Posted: janvier 16th, 2001
Categories: musique
Tags: ,
Comments: No Comments.

COULEUR 3

Cette station de radio helvétique est élue station de l’hiver 2000/2001 par trofor.com et pourtant je serais bien incapable de vous en donner la fréquence. Et pour cause, bien qu ‘elle soit relayée par satellite et par quatre antennes locales du côté des alpages, on ne peut la capter à Paris que par internet.
Mais que vaut à Couleur 3 les suffrages de Trofor.com ? Sa fraîcheur sans aucun doute, son caractère sûrement. La programmation est légère, fluide et faite de métissages, elle n’est pas sans rappeler un peu le radio Nova de la fin des années 80. Mais l’identité même de cette station véhicule une certaine sérénité et dégage un son alpin et oxygéné, vivifiant, revigorant, neuf.
Face à la mercantilisation à outrance que connaissent les radios dans leur ensemble et Nova en particulier, littéralement noyée par la pub, Couleur 3 incarne une certaine liberté de son qui, faut-il encore le souligner ici, fait cruellement défaut aux radios en quête de la stabilité que nécessite la domestication d’une cible docile et fidèle.
Couleur 3 montre la voie. La radio des alpages était déjà aux sommets, la voilà dans le vent maintenant que ça et là on fait écho de ses mérites. On l’envie et certains Parisiens se sentent même frustrés par cette inaccessible tendance qu’ils refusent même de reconnaître. Car il faut l’admettre, aucun outsider du paysage radiophonique parisien ne peut vraiment prétendre au trône de  » radio la plus hype du moment « .
Voilou, si vous avez pu lire cet article c’est que vous êtes une personne cyber-connectée et si vous avez du son sur votre machine il ne vous reste plus qu’à vous rendre sur le site de Couleur 3 et d’écouter ce que ça donne. En espérant qu’ils auront un jour prochain un relais pour émettre en région parisienne, longue vie à Couleur 3 !

Posted: janvier 15th, 2001
Categories: musique
Tags: ,
Comments: No Comments.

THE PHARCYDE

Voilà un groupe de rap qui mérite bien sa chronique 2001. Trofor.com sent venir le concert cet été, comme une conséquence logique du dernier album.
Mais qu’est-ce que Pharcyde ?
Formé en 1990 à Los Angeles, le son west coast de Pharcyde est typique de la pure tradition californienne du boogaloo et du son « love love » dans lequel d’autres musiciens s’étaient déjà illustrés sur le label Blue Note dans les années 70 ( cf. compil’ Blue Break Beats de 1992). Ils ne sont pas moins de quatre pour distiller leurs rimes rebondissantes : Romye « Booty Brown » Robinson, Tre « Slimkid » Hardson, Derrick « Fatlip » Stewart et Imani Wilcox.
The Pharcyde est un groupe mythique et ça s’explique. Leur son, comme celui des Jungle Brothers ou des DelaSoul, prend le Hip Hop à contre courrant. Leur gaieté et la façon dont ils toastent, est loin du cliché rap égal violence du désespoir du début des années 90. C’est vous l’avez compris un groupe à part, plein de ressources et qui il faut bien le dire cartonne toujours.
Ne ratez pas un hypothétique concert cette année, ce serait dommage.

Petit rappel de leur discographie :
En 1990 ils signent avec Delicious Vinyl et apparaissent sur l’album Heavy Rhyme Experience: Vol. 1 des Brand New Heavies ; ils sortent leur premier album Bizarre Ride II the Pharcyde, 1992 ; puis vient LabCabinCalifornia, chez Delicious Vinyl, 1995 ; et enfin, PlainRap Delicious Vinyl, 2000.

Posted: janvier 13th, 2001
Categories: musique
Tags: ,
Comments: No Comments.
Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes