News for the ‘Non classé’ Category

TRANE NUMBER ONE

Vous avez tous déjà vu ses œuvres pourtant, incultes que vous êtes, vous ne savez pas qui est Trane. Il est le grapheur numéro un du 21ème siècle en France et depuis l’an 2000 aucun prétendant à la couronne ne peut imaginer détrôner le King of the Kingz.
Au début, beaucoup de monde dans le petit milieu du graffiti disait de Trane qu’il n’avait aucun style, que c’était un véritable bourrin et qu’il contribuait par son vandalisme à ternir l’image du noble art. La légende dit que son père aurait été employé à la SNCF ce qui n’est pas étranger au goût prononcé de Trane pour les trains ainsi peut-être qu’à l’origine de son nom. Depuis, aucun dépôt de France ou de Navarre ne lui a échappé. A l’heure où vous lisez ces lignes, ses blazes circulent quelque part sur des wagons, des rames et des camions. Il a tout bonnement cartonné l’hexagone comme personne. Jamais au grand jamais on n’avait vu une telle présence sur les murs d’aucun artiste, c’en est à se demander s’il n’atteint pas parfois une quasi omniprésence.
Pour prendre la mesure du phénomène, il suffit d’ouvrir les yeux. Appartenant aux groupes de vandales UV, TPK et WIB, il est le taggueur le plus présent du métro parisien à celui de Marseille, de la ville d’Aix en Provence à celle de Montpellier, sans parler du reste de la France… Et cela fait de Trane un artiste unique en son genre bien que ses qualités en tant que grapheur ne soient pas graphiques – il varie très peu ses pièces – ni esthétiques – ce n’est jamais léché ou très détaillé – ni calligraphiques – block letters, throw up, chromes – ni même urbanistiques ou architecturales – originalité et pertinence du cadre choisi pour poser, prise en compte de l’environnement. Il ne cultive qu’une qualité, présente à la genèse du graffiti : la puissance.
S’il devait s’arrêter demain, son nom resterait à jamais dans les annales tant sa performance est inédite. Même si les traces matérielles devaient disparaître, leur impact appartient déjà au panthéon de l’Art urbain pour des siècles et des siècles, big up.

Posted: avril 6th, 2003
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PLAISIRS INCONNUS

Aucun film ne peut véritablement faire découvrir un pays tout entier mais il en est certains qui font passer par la pellicule une ambiance, une atmosphère évocatrice dont les vertus sont comparables à celles du voyage. Vous l’avez compris, <i>Plaisir Inconnus</i> est un sacré trip.
Réalisée par l’illustre inconnu Jia Zhang Ke, cette étude de mœurs ultra réaliste plonge le spectateur dans l’univers méconnu de la jeunesse chinoise. Loin des clichés de l’Empire du Milieu et de son folklore multi-séculaire, l’action se déroule dans une ville industrielle moyenne, Batong, dont le cadre transpire l’authenticité et faut-il le souligner une certaine forme de misère et d’ennui. Les personnages principaux sont deux jeunes gars empêtrés dans les affres universels de l’existence à savoir les histoires d’amour et d’argent. La caméra du réalisateur ne fait qu’accompagner l’errance de ces deux paumés de 19 ans au grès des difficultés et des plaisirs inconnus que le destin met sur leur route.
Paradoxe asiatique, ce film est d’une richesse absolue tout en ayant un propos narratif pratiquement inexistant. On y apprend par exemple le rôle du silence dans la conversation à la chinoise, on y prend une grande leçon de désinvolture et de nonchalance, de fumage de cigarette et de démarrage de motocyclette entre autre. Mais n’y voyez ni caricature ni second degré, ici la forme absorbe le fond et fini par se substituer à celui-ci. A l’image de la vie des deux anti-héros, certains passages sont vraiment chiants et aucun artifice ne tente de dissimuler ces aspects.
Le spectateur passe donc par moult phases dans son fauteuil, des longueurs et des bons moments qui ont comme point commun ce qui caractérise le film : un réalisme si pur qu’il confine au documentaire. Allez voir <i>Plaisirs Inconnus</i>, ne serait-ce que pour la petite chansonnette qui cartonne mais surtout pour vous ouvrir la tête avec autre chose que de la Chine éternelle, de la Chine 2002 !

Posted: avril 5th, 2003
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LA GAITE LYRIQUE

Parce que personne ne sait les secrets que renferment les portes cochères parisiennes, la surprise est une fois de plus au tournant. Entre le Boulevard Sébastopol et la station de métro Arts et Métiers se trouve le lieu qui deviendra bientôt à n’en point douter un incontournable de la vie culturelle à Paris.
L’ancien Théâtre de la Gaité Lyrique fait partie de ces bâtiments qui, à la manière d’un sadu indien, n’en finissent pas de se réincarner. C’est peut-être là sa huitième vie qu’il entame et ce après une période de purgatoire de plus de 10 ans, période pendant laquelle il était totalement fermé au public, abandonné, livré à l’épreuve du temps et de l’oubli. Après avoir été un théâtre pendant plus de deux siècles, l’immeuble était devenu à la fin des années 80 une espèce de parc d’attraction dédié aux enfants et à leurs rêves. Lorsqu’on visite le lieu dont les portes commencent doucement à s’entrebâiller depuis octobre 2002, on y découvre les mondes engloutis du divertissement enfantin de cette époque : Inspecteur Gadget, les Cités d’Or, la conquête de l’espace, Barbie et les Bisounours… L’endroit est tellement surréaliste qu’il est déconseillé d’absorber quoi que ce soit avant de s’y rendre tant les conséquences pourraient être désastreuses pour un esprit non préparé, sans parler du choc émotionnel.
Mais si l’endroit s’ouvre petit à petit au public, ce n’est pas pour satisfaire la nostalgie de quelques amateurs de friches urbaines et de retour en enfance mais pour laisser place à une toute nouvelle aventure, celle d’un centre consacré à l’art du multimédia qui occupera désormais les locaux toujours aussi magiques et qui devrait être définitivement opérationnel à l’horizon 2006. La Gaité Lyrique s’apprête donc à renouer avec sa vocation éternelle, celle de recevoir le public et de le faire rêver. A la vue du spot, on ne peut être qu’optimiste en ce qui concerne la réussite du projet. Le cadre est indescriptible et rien ne vaut une visite pour prendre la mesure de l’événement futur. A mi-chemin entre la BNF et le Palais de Tokyo, la Gaité Lyrique pourrait bien devenir un centre de branchitude de tout premier plan et un sérieux concurrent pour Beaubourg notamment en matière de performances artistiques.
En effet, même si le programme de ce qui se passera là-bas est à ce jour encore assez flou, on parle de manifestations musicales, graphiques et électroniques… Vaste programme donc et beaucoup de promesses pour les mois et les années à venir dans ce théâtre d’opération dont Trofor.com est heureux d’annoncer à toutes et à tous la renaissance.

Posted: mars 28th, 2003
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TAIWAN FILM FESTIVAL

Pour la cinquième année consécutive, les écoles de cinéma du monde entier étaient représentées à Taipei afin de mettre en compétition les films de leurs étudiants. Des courts métrages donc qui permettent de s’imaginer ce que sera la scène cinématographique du futur.
Bien que bénéficiant d’une représentation sur place, Trofor.com ne pourra pas vous en dire beaucoup sur le contenu artistique des films parce que notre envoyé spécial était trop occupé à sympathiser avec la population locale et à succomber aux charmes de la ville. Le palmarès ne nous a pas échappé pour autant et c’est le Suédois Marten Klingberg qui a obtenu le premier prix avec <i>Viktor and Brother</i>, la deuxième place du podium étant occupée par l’Israélien Eran Merau. Dans l’ensemble les films étaient de très bonne qualité et avaient tous un caractère national très prononcé, les préoccupations de chaque pays se retrouvant dans leur cinéma. Il faut croire que la standardisation des esprits n’a pas encore gagné la planète toute entière.
Loin du luxe mais dans la plus grande hospitalité taiwanaise, les participants en ont profité pour découvrir une ville de 2,65 millions d’habitants qui n’a rien à envier aux plus grandes mégapoles mondiales. Parmi les bons plans on retiendra la discothèque la plus chaude de la ville le <i>Global Underground Village</i>, la dégustation de serpent dans les restos du centre ville (avec mise à mort de la bête en public), et l’incontournable visite des Spring Roll qui sont des sources d’eau chaude dans la montagne où les Taiwanais aiment venir se baigner nus pendant des heures. Le Musée d’Art Moderne de Taipei vaut également le coup d’œil ainsi que son superbe métro aérien qu’on aperçoit dans le film <i>Yi Yi</i>.
On pourrait croire au regard de ce modeste compte rendu qu’il s’agit d’un véritable festival pour touriste mais ce n’est pas le cas. Il s’agit avant tout de rencontres cinématographiques cosmopolites et s’il y a des à côtés c’est que les étudiants contrairement à certains de leurs aînés ont encore le sens des priorités.

Posted: mars 23rd, 2003
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BLACK CUBA

Le premier film de Pierre Maraval est sorti la semaine dernière sur quelques écrans et passer à côté serait une grave erreur. On y découvre l’envers du décor de la Havane et d’un Cuba qui évoque plus Raekwon que Wim Wenders.
<i>BLACK</i>, c’est son titre, raconte l’histoire de Dayana une jeune prostituée noire qui évolue dans l’univers impitoyable des gangs cubains. C’en est fini des chemises col pelle à tarte et des grosses cylindrées américaines, de l’ambiance bon enfant de la musique traditionnelle et des glaces au coin de la rue. Place au réel : Rap, drogue, violence, machisme et corruption sont les ingrédients de ce polar décalé qui tranche avec le cliché habituel et son charme nostalgique. On atterrie dans le Cuba d’aujourd’hui, dans son ghetto et on y découvre la dure réalité de la condition féminine.
Bien sûr il serait malhonnête de prétendre que ce film est parfait et les erreurs inhérentes à un premier film sont au rendez-vous. Le son, bien que servis par une collection de morceaux bien choisis (Missy Elliott, Mangu, Los Van Van, Orichas…), n’est pas toujours de la meilleure qualité et le rythme du film a parfois quelques faiblesses mais ce n’est rien au regard de l’extraordinaire richesse de l’observation de ce milieu secret et des petits détails qui font de <i>BLACK</i> un film quasi documentaire. Au cœur d’une communauté ultra fermée et auto-régulée où se mêlent culture américaine et tradition Yoruba, qu’adviendra-t-il de Dayana la curieuse…
Pour le savoir, pour soutenir cette production anti-hollywoodienne et en finir avec l’image d’Épinal d’un cuba qui n’existe plus, pour découvrir les tribulations d’une femme courageuse et déterminée confrontée à la férocité des cailleras cubaines allez voir <i>BLACK</i>.

Posted: mars 11th, 2003
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FRANCIS PICABIA

Il ne vous reste plus qu’une semaine pour foncer au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris aller prendre une énorme claque picturale et mentale. Francis, peintre multicarte, donne autant matière à contemplation qu’à réflexion.
Qualifié « d’artiste pour artistes », l’intelligence de son approche de l’art n’a pas perdu une once de pertinence et constitue aujourd’hui encore une référence. Le Dadaïsme est une des formes que prendra ses délires mais il ne cessera jamais de pousser toujours un peu plus loin sa soif de créativité et d’expérimentation. Jusqu’où est-il allé me demanderez-vous alors et bien jusqu’en 2003 au moins. En effet, son travail est d’une stupéfiante modernité et il semble avoir dès les années 20 pisté tous les enjeux de l’art contemporain. Par exemple il est le premier à signer sa signature en guise d’autoportrait ce qui évoque naturellement avec force la démarche du graffiti d’aujourd’hui.
Provocateur, agitateur, kiffeur, Picabia laisse apparaître dans de nombreuses toiles le plaisir que lui procure la peinture et qui lui sert manifestement de moteur dans sa création. L’impact qu’ont sur lui les procédés photographique et cinématographique ne peut être sur-estimé et ils lui inspireront une série connue sous le nom de <i>Transparences</i> où il joue avec les couches de ses tableaux comme on manipule aujourd’hui les calques de Photoshop. L’univers médiatique est passé au crible par ce peintre qui sera aussi directeur de revue, romancier, poète et scénariste entre autre.
Au-delà de l’intérêt évident que présente Picabia d’un point de vue artistique, historique, culturel et intellectuel, signalons deux raisons majeures de ne pas rater cet événement : d’une part ses proportions puisque le nombre d’œuvres exposées est vertigineux ce qui permet d’en saisir l’immense diversité, et d’autre part l’extraordinaire plaisir aussi stimulant qu’excitant qui en résulte.

Posted: mars 8th, 2003
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ELEKTROPOLITAIN

Un peu d’info pour les amateurs de son, un nouveau dealer vient d’ouvrir ses portes et il a pignon sur boulevard. Son nom évocateur Elektropolitain donne le ton et son créneau unique sur Paris, le vinyle électro d’occasion, devrait en faire un incontournable.
A l’origine il y a Silly Melody, disquaire et libraire d’occasion au 14 boulevard Saint-Michel. Ce magasin existe toujours et continue à pratiquer le commerce du disque mais il s’est séparé de tout son stock de son électronique pour créer une nouvelle boutique à quelques centaines de mètres de là : 69 boulevard Saint-Germain. Elektropolitain a ouvert ses portes en décembre 2002 et propose donc tant en quantité qu’en qualité de l’électro c’est à dire de la House, de la Techno, de la Drum’n’Bass, du 2 Step enfin tout ce qui est fait avec des machines et qui énerve les voisins.
La production de son électronique qui existe à grande échelle depuis 15 ans maintenant n’a jamais cessé d’être éditée sur vinyle pour des raisons évidentes de dee jaying. Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de trouver des morceaux qui commencent un peu à dater et la plupart des disquaires en la matière restent à l’affût des nouveautés donc souvent incapables de combler les attentes de certains mélomanes ou DJ amateurs de voyages dans le temps.
Et oui, la nostalgie du 20ème siècle commence ici, les premiers Mo’Wax, Stricly Rythme, Relief Records et autres Planet-e seront bientôt des raretés introuvables mais vous savez désormais où aller les chiner. Cerise sur le gâteau, l’équipe qui fait tourner le shop est emmenée par la délicieuse Kimo et sait accueillir le chaland avec le smile bien sûr.

Posted: mars 6th, 2003
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UGO RONDINONE

Plus discret que Stark, Rondinone squatte à son tour une des salles d’exposition du désormais sacro-saint temple de l’art consommable et grand public : Beaubourg. Après l’électroménager au musée, c’est la rue qui reprend le haut du pavé.
Ugo Rondinone, citoyen helvétique est un de ces artistes dont la longévité interdit de confirmer son appartenance à telle ou telle mouvance. Disons qu’il est proche de la grande famille des Nouveaux Réalistes même si ça peut avoir un côté un peu réducteur. Dans un esprit proche de celui de Raymond Hains, il mène une réflexion graphique et psychologique sur la ville en utilisant cette fois-ci le procédé vidéo. L’exposition dont il est question se résume à la présentation d’une œuvre unique mais conséquente, commandée par le Centre Pompidou.
<i>Roundelay</i>, c’est son titre, se présente comme un réceptacle à spectateurs composé de six écrans géants disposés de manière hexagonale. Sur ces écrans sont diffusés six films montés avec précision et efficacité, diffusant des images de la dalle Beaugrenelle et de deux personnages qui évoluent dans ce décor, le tout sur une musique et à un rythme organique rappelant celui d’une respiration. On retrouve des plans qu’on aurait pu voir dans une vidéo de graffiti, de cages d’escaliers, de longs murs et de tours monumentales, c’est à dire la réalité contemporaine d’un certain type de paysage urbain.
La ville et son énergie perdue, voilà peut-être un des thèmes abordés par Roundelay, œuvre polysémique dont les autres sens se révèleront à chacun, selon sa sensibilité et son degré personnel de capacité de contemplation et d’abandon. L’expo aura lieu du 5 mars au 28 avril et constitue un must pour tous les amateurs d’exploration esthético-ambulatoire.

Posted: mars 5th, 2003
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MUTANTS CONTRE LE TEMPS

Quand la mélodie est triste … et le refrain aussi : voilà la marque de fabrique du Mutant Clan, aussi connu sous le nom de Fondation Métisse. Son unique production à ce jour, <i>Mutants Contre Le Temps</i>, est sortie en 2002 sur le label obscur, indépendant et donc pratiquement pas distribué : Autarcie Prod.
Quelques têtes connues conduisent néanmoins vers ce petit bijou : Les Professionnels regroupant Frédéric Lansac et Xanax, tous deux issus du groupe culte de la scène rapologique parisienne, les Svinkels. Cette sous-division du svink est accompagnée de DSL, Basse Vision, Gen-si, Medhi l’Affranchi, Lin Ves, Picci, Chéravif et E-man. Le Mutant Clan propose un son cru et manifestement produit sans contrainte. C’est entre autre cette mauvaise facture, ce côté un peu keusse, voir même poucard qui donne toute son authenticité et toute sa saveur à un album plongé dans une ambiance de chaos urbain post punk évoquant à bien des égards le <i>Brooklyn Zoo</i> de Ol’Dirty.
Sur les treize titres de <i>Mutants Contre Le Temps</i>, il y a donc cette ambiance générale d’apocalypse sonore d’une grande fraîcheur minimaliste, mais il a surtout une perle, un trésor. Cette perle c’est <i>Bienvenue Sur Terre</i>, le morceau parmi les morceaux. Sur un refrain à la fois millénariste et prophétique, Xanax égraine ses phases avec une décontraction verbale digne de Gainsbourg. Lorsque le dépouillement musical est mis au service d’une variété moderne de blues urbain, le jazz replonge alors ses racines au plus profond de la Terre à travers toutes les couches de bitume et le rapport au son en devient tellurique.
<i>Bienvenue sur Terre</i>, est un morceau conçu pour durer et qui a de bonnes chances de remporter son combat contre le temps. Une prière, une incantation, un écho, une complainte, impossible d’identifier clairement cette œuvre originale qui résonne dans la tête de ceux qui l’écoutent comme le glas du vingtième siècle.

Posted: mars 4th, 2003
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UN HOMME SANS L’OCCIDENT

Raymond Depardon a un grain, c’est certain ! Et quel grain, le grain de sa photo, le grain de sable du désert ou tout simplement le grain de ceux qui en ont un ? Un Homme Sans l’Occident, son dernier film, nous les livre tous d’un coup et c’est un coup de maître.
On ne présente plus Depardon, photographe connu et reconnu, on présente son travail : en l’occurrence un long métrage distribué dans une trentaine de salles en France ce qui est remarquable pour un film d’auteur. Mais venons en au fait, l’homme dont il s’agit c’est Alifa, chasseur nomade du Sahara dont l’existence se mêle à celle du désert dans un tourbillon de sable emporté par le vent. C’est un film d’une qualité graphique et esthétique inestimable, chaque plan, chaque séquence retient l’intensité de l’instant comme les bosses du chameau retiennent l’eau.
La dureté du désert et son extrême exigence se retrouve dans les populations qui l’habitent et qui s’y fondent sans mauvais jeu de mots. C’est en noir et blanc que la lumière aveuglante découpe les dunes et révèle les traces que le vent aura bientôt fait disparaître. C’est aussi le noir et blanc qui souligne le contraste entre la peau sombre de ces hommes et les tissus claires dont ils se vêtissent en renforçant un peu plus leur élégance rare.
Assisté dans sa tache par le scénariste Louis Gardel et le livre de Diego Brosset, Raymond Depardon ne signe pas non plus un documentaire : il raconte une histoire, une fable de méhariste. Une heure et demie de rêve éveillé ça le fait !

Posted: janvier 22nd, 2003
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