SEFYU MOLOTOV

Posté il y a 2 mois1 semaine à 2:05. 0 commentaire

molotov

Le rap Français a toujours besoin d’un haut parleur, d’un représentant officiel. Il s’est trouvé un serviteur de choix dans la personne de Sefyu. Véner, sombre et talentueux, celui qui se présente comme le crouille, le sénégalo ruskov, mérite bien sa place de numéro un.

Trofor arrive bien en retard sur ce coup mais en même temps, il fallait vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un feu de paille mais bien d’un réel talent. Les années confirment donc la première impression laissée par l’album « Qui Suis-Je ?» paru en 2006. Le rappeur d’Aulnay-Sous-Bois dont la voix incendiaire incinère tous prétendant au titre vient de sortir un nouvel album le 12 mai dernier « Suis-je le gardien de mon frère ?». Bien que les titres de ses albums soient des questions, le mystère de Sefyu s’élude peu à peu et laisse apparaitre le nouveau porteur de flambeau. Le nouveau numéro un est là. Son album cartonne et il le mérite.
Lire la suite…

HYPHY : STUPID DUMB RETARDED

Posté il y a 7 mois à 2:04. 2 commentaires

hyphy.jpg

Mac Dre, si ce nom n’évoque rien pour vous, c’est sans doute que vous n’êtes pas très West Coast, que le dernier disque que vous avez achetez date de 1998 ou que tout simplement vous n’aimez pas le rap.

Mac Dre est un rappeur du Nord de la Californie, originaire de la banlieue de San Francisco, mort en 2004 dans une fusillade en voiture. Avant de disparaitre de la manière la plus hip hop qui soit, il aura donné naissance à un mouvement musical, de petite envergure mais tellement sympathique qu’une trace dans mes archives s’impose : le Hyphy. Prononcez Aïefaïe. Son mot d’ordre « soyez stupides », « agissez comme des cons ». De même que le mouvement psychédélique dans les années 60 était lié à l’introduction du LSD dans la culture américaine, le Hyphy fait un avec l’extasie. En californien, le fait d’être sous l’emprise de l’exta se dit Thizzle. Et précisément, l’hymne du Hyphy composé par Mac Dre se nomme la « Thizzle dance ».

Depuis la mort de Mac Dre, le mouvement a grandit, comme une nouvelle branche du Gangsta Rap faisant la part belle à l’inconscience, le j’m’en foutisme, l’apologie de la défonce, avec comme dénominateur commun à tous ces partisan : la joie. Parmi les grands morceaux de Hyphy, les pierres angulaires de ce courant musical, on peut citer les tubes de Mac Dre : « Feeling Myself », « Since’84 » ou encore « Rappers Island ». D’une manière générale tous les albums de Mac Dre sont des chefs d’œuvres. L’insouciance synthétique des claviers californiens, entre groove, calypso et sonnerie diatonique de vieux téléphones portables, le rap cru et joyeux d’une génération sans illusions ni espoirs, sans aspiration autre que de déconner à plein tube, tout ça est ma fois fort rafraichissant.

Comme on dit dans la Thizz nation : «Thizz is what it is », rien de plus. Un vrai son pour les retardés, pour tout ceux qui ont pris le parti de ne pas grandir, de ne pas devenir blasé, de s’émerveiller pour un rien, de continuer à apprécier les joies simples comme écouter du rap avec des oreilles d’enfant et un sourire de débile mental.

AU REVOIR VIEUX BATARD

Posté il y a 3 années 9 mois à 9:59. 0 commentaire

Ol’Dirty Bastard a été foudroyé par la mort samedi dernier dans le studio où il enregistrait son prochain album à New York. La cause de sa mort violente liée à des problèmes de santé sera connue d’ici une semaine.
Le vieux bâtard crado, Russell Jones de son vrai nom, est un rappeur que tous les MC’s considèrent à juste titre comme extraordinaire, hors du commun. Il serait laborieux et peu intéressant de retracer ici toute la carrière de ce membre fondateur du Wu Tang Clan. Disons qu’il est une figure originale du rap, rabelaisienne, allumée, imprévisible. Ol’Dirty réussit à enfreindre des règles qui n’existent pas. Il se pose à sa façon sur le rythme et les mots dans sa bouche deviennent tous des insultes de joie. Le monde se mange cru. Il est de loin le plus déglingué, le plus j’m’en foutiste, le plus trashou, le plus véner, le plus jusqu’au boutiste de tous les rappeurs que la terre n’aie jamais porté. Fils spirituel d’un Flavor Flav, il a poussé le bouchon un peu plus loin que son aîné en ajoutant au style destroy sa touche personnelle : le delirium tremens.
ODB avait un style libre. Il était la radicalité incarnée, l’abus personnifié. Aucun adjectif ne peut vraiment décrire le phénomène. La seule façon de le comprendre passe par les oreilles. Alors à ceux qui le connaissaient comme aux autres je recommande l’écoute approfondie et régulière de son premier album solo “Return To The 36 Chambers“. Il a posé sur cette galette, comme sur les premiers morceaux du Wu Tang Clan, quelques-unes des rimes les plus puissantes jamais enregistrées sur microsillon.
Souhaitons que sa voix caverneuse et éraillée irritera encore nos oreilles pendant longtemps. Il était le roi des creuvards et à l’heure qu’il est il doit déjà être en train de fumer du crack au paradis. Off on a natural charge, bon voyage.

KERY LE REPENTI

Posté il y a 4 années 6 mois à 13:39. 0 commentaire

Trois ans après son premier album solo, Kery James ancien leader du groupe Ideal J, persiste et signe. Avec la sortie de son projet-album-concept-caritatif “Savoir et vivre ensemble”, il affirme un peu plus son style résolument original.
Du rap hardcore engrainant aux discours de premiers communiants il y a un monde que Kery franchi allègrement. Personne n’a oublié le détonnant “Original MC sur une mission” paru en 1996 mais qui pouvait penser à l’époque qu’il fallait prendre le mot mission au premier degré : celui qui caractérise les missionnaires. Converti à l’Islam depuis la violente disparition de son compagnon de route L.A.S Montana, Kery prêche désormais au sens propre quand il rape. Les instrus de son nouvel album, dénuées d’instruments à corde et à vent en accords avec les percepts de l’Islam qu’il prône désormais, sont néanmoins efficaces et font la part belle aux synthé et aux instruments traditionnels africains.
Kery continue à développer un son original dans la lignée de l’album précédent. Au niveau des textes, la violence a fait place au calme, la haine à la sagesse et le rap se combine aux chants traditionnels. On appréciera l’hommage rendu à Grand Master Flash avec la reprise de “The Message” - version positive du single “Une vie de malheur” - sur laquelle pose une pléiade de featuring impressionnante. Malgré ce titre, “Savoir et vivre ensemble” est tout sauf un album dancefloor. C’est plutôt une invitation au voyage sans se déplacer, juste en essayant de connaître un peu mieux la diversité des origines de ceux qui font la France d’aujourd’hui.
L’occasion était trop belle d’évoquer l’actualité de Kery James qui reste un des rappeurs les plus charismatiques et les plus talentueux de l’histoire du rap français. Son rap est plus sérieux, moins déconnant et moins funky qu’à ses débuts mais il reste de toute beauté : l’âge de la maturité sans doute.

FREE EAZY-E

Posté il y a 5 années 3 mois à 16:09. 0 commentaire

Il y a huit ans, on annonçait dans l’indifférence générale la mort de Eazy-E, le premier géant du hip hop qui quittait la scène prématurément, emporté en quelques semaines par le virus du sida après avoir donner naissance à un genre musical qui, aujourd’hui encore, s’appelle le gangsta rap.
“I’m a hundred percent legend” déclarait-il lui-même dans le premier morceau de son premier et excellent album solo, intitulé “Eazy-Duz-It”, sans savoir le sort que le destin lui réservait. Au début des années 80, Eric Wright de son vrai nom, n’est qu’un petit dealer d’une banlieue alors anonyme de Los Angeles : Compton. Grâce à son business il met suffisamment d’argent de côté pour monter son propre label de rap Ruthless. Outre le fait d’avoir créé le groupe NWA et contribué ainsi au lancement d’artistes comme Dr Dre et Ice Cube, Eazy incarne la facette la plus radicale de son propre label et produit un rap volontairement à contre pied de l’engagement politique des Public Enemy qui sont alors le groupe phare du hip hop dans ce qu’il a de plus contestataire.
Aux prises de conscience politique et aux réflexions sociales de Chuck-D, Eazy et son posse répondent par des morceaux comme Gangsta Gangsta ou Fuck Tha Police. Ils déclarent sans scrupule “Fuck Respect”, insultent tout ce qui bouge et finissent même par être contactés par le FBI, ambiance ministère. Eazy-E est le Johnny Rotten du hip hop. Le gangsta rap tout comme le punk marque un point de non-retour, le terme d’une idéologie collective, le début du déclin, la fin de l’âge d’or d’un mouvement. Tout comme le rock’n’roll n’a pu survivre au mouvement punk, le rap ne s’est jamais vraiment relevé du souffle gangsta venu de l’Ouest et décliné sous toutes ses formes jusqu’à nos jours. Avec les deux albums de NWA “Straight Outta Compton” et “Efil4zaggin” en 89 et 91, Eazy-E a fait ce qu’il fallait pour devenir la légende qu’il se prétendait déjà être de son vivant.
La voix de crécelle de Eazy Motherfuckin’ E, sa façon unique de harceler le micro en crachant son piquant venin, son extrême agressivité manifestement si naturelle, son irrespect absolu et son parcours personnel ont fait de lui si ce n’est le dernier punk du 20ème siècle, en tout cas l’icône parfaite de la violence verbale et un exemple pour les générations futures.

MADE IN THAI ONE

Posté il y a 6 années 11 mois à 17:19. 0 commentaire

La semaine dernière, le Batofar (encore lui) organisait une après midi Cake and Milk dédiée à la venue en France du fameux label anglais Ninja Tune. La raison de leur venue était entre autre la sortie du nouvel album de Roots Manuva. Trofor.com était là pour vous et a découvert le nouveau talent qui s’y cachait : Thaï One.
Agé de 22 ans seulement, ce jeune Américain originaire de Chicago m’a pratiquement défoncé les oreilles en lâchant des free styles de fou dans l’Otocar, annexe du bateau. Alors que l’interview de Roots Manuva, la star du jour, semblait de plus en plus improbable, j’ai surpris Thaïone en train de faire sa démo à Juice, un des acolytes de Roots Manuva évoluant lui aussi au sein de l’écurie Big Dadda, sous label de Ninja Tune, en tant que membre du groupe New Flesh For Old. Derrière ses petites lunettes rondes et son air de rien, Thaï défouraille. Face à un tel flow et un tel enthousiasme, votre serviteur n’a pu que faire le human beat box pour satisfaire la soif créatrice de ce jeune prodige.
Lors de la conversation, je lui explique qu’il y a freestyle et freestyle. Dans les deux cas, le tchatcheur sort des rimes en direct, mais ils arrivent que l’exercice se rapproche de la récitation lorsque les rimes sont déjà écrites et apprises par cœur. Or Thaïone a bien insisté la dessus : à New York les freestylers récitent leur texte, à Chicago la règle c’est l’impro. Et pour le prouver, il continuait à rimer en incluant dans son flow des références à Paris, au Batofar, à moi et à mon voisin de banquette…
Prêt à représenter dans toutes les situations, Thaï était muni de son CD auto produit et me l’a gentiment laissé ; son titre : “Progress”, 6 morceaux à son actif, dans un esprit de Hip Hop moderne ultra jazzy, tantôt cool et tantôt plus véner. Si vous voyez son nom quelque part, ne le ratez pas.

SAUL FANATIQUE

Posté il y a 7 années 4 mois à 16:24. 0 commentaire

Le souvenir que laissera dans les mémoires le concert d’hier à l’Elysée Montmartre est du genre impérissable. Monsieur Saul Williams s’y produisait et il a, comme on pouvait s’y attendre, mystifié son public.
Dès son entrée en scène, les dés étaient jetés : il commence par quelques respirations méditatives comme s’il avait voulu prendre le silence à témoin et enchaîne aussi sec sur un de ses morceaux phares (il n’y en à pas beaucoup) dont j’ignore le nom mais que l’on peut rebaptiser sans prendre trop de risques « The beat goes Om » L’auditoire qu’il a en face de lui ne ressemble pas vraiment au public d’un concert de rap mais beaucoup plus à une brochette d’intellos post-punk et néo-new wave. Totalement en phase finalement avec Saul qui prêche d’une verve débordante des théories sur tout. Le charisme de ce mégalomane n’aura échappé à personne, lui qui prétend que nous sommes tous au plus profond de nous des petits morceaux d’étoile comme le résume bien la dernière phrase sortie de sa bouche : « (…) and so you’re all a « rock star » by birth. »
Entre cosmologie et poésie de comptoir, entre radicalisme et volonté d’ouverture, entre générosité et égocentrisme, entre New York et Paris : Saul Williams est un paradoxe. Extrêmement attaché à la compréhension des textes et soucieux de distiller un rap conscient et pertinent, son discours s’efface pourtant lorsque s’élèvent et résonnent les accords de la guitare folle, les cymbales de la batterie sauvage, les scratchs du DJ et l’organe du maître, dans un tourbillon d’émotions purement physiques, ressenties, incalculables et irrationnelles.
Par ce concert, Saul Williams a réservé sa place au Panthéon des légendes scéniques… A suivre.

JERU LE MAITRE

Posté il y a 7 années 4 mois à 18:18. 0 commentaire

Dans la série des énormes talents incontournables et pourtant méconnus du grand public, je demande le boucher de New York, le sage de Brooklyn, le rasta de Gangstarr j’ai nommé Jeru the Damaja alias The Original Dirty Rotten Scoundrel.
Après ses deux albums cultes « Sun rises in the East » et « Warth of the Math » il a sorti un album en 1999 intitulé « Heroz 4 Hire ». A l’instar de Soundicate.com (voir le lien en fin d’article) je déplore la distribution exécrable de ce disque en France. Le vinyle n’a apparemment même pas traversé l’Atlantique. Pourquoi, parce que Jeru, fidèle à l’image radicale qu’il donne de lui a fait le choix de l’indépendance, de l’autonomie en un mot de l’auto production. C’en est fini de la collaboration avec DJ Premier qui a fait de Jeru le mythe qu’il est aujourd’hui. Le dernier LP est donc signé Jeru à 100%. Les boucles, les samples et le mix sont de lui tout comme les textes de son flow légendaire. Jeru ne rappe pas, il scande, il déclame, il prophétise, il assène les rimes comme des coups de poing. La puissance qu’il dégage est tout bonnement indescriptible et c’est la raison pour laquelle je vous engage vivement à aller consulter l’interview de 4 pages que Soundicate a recueillie.
Jeru est rare et il ne doit pas y avoir beaucoup d’interview de lui en français. En trouver une est donc une occasion de mieux connaître ce mystérieux maître de « l’art de parler » et un événement qui méritait d’être signalé sur Trofor.com. C’est chose faite.

LIVE DE PHARCYDE

Posté il y a 7 années 5 mois à 18:17. 0 commentaire

Hier, à l’Elysée Monmartre à Paris, s’est produit le légendaire groupe de rap Californien «The Pharcyde» ou du moins ce qu’il en reste. Comme je l’avais pressenti il y à quelques semaines déjà, le groupe dont vous savez presque tout (cf. article sur Pharcyde) est venu nous rendre visite.
Depuis le départ de Fatlip, les Pharcyde ne sont plus que trois et Slimkid n’étant pas de la tournée, c’est Booty Brown et Imani qui tenaient les micros. Mais ils étaient accompagnés d’une belle section rythmique : un DJ, un guitariste et un clavier. Les ambiances sonores ainsi créées, dégageaient une espèce de groove, extrêmement funky et soutenu par les riffs saccadés d’une guitare minimaliste et le souffle mielleux des accords feutrés du synthé Roland, ambiance Fender Rhodes et Bay Area.
Si la formation est réduite, cela n’a en rien entamé le talent de ses membres. La voix de Booty Brown est tout bonnement incroyable, elle déchire l’atmosphère comme aucune autre, à la fois nasillarde et suraiguë. Imani a lui aussi atteint des sommets dans l’art lyrical, tant au nivaux du flow, qu’au niveau du chauffage de la salle. Ce dernier s’est révélé être un énorme showman, imitant James Brown sur le morceau «soul flower», interpellant la foule et même provoquant le public en chantant le premier couplet de «I will survive» de Gloria Gainor pour se foutre de notre gueule (hymne de la coupe du monde).
Ils ont joué longtemps pour des américains et, en piochant dans leur discographie, ont réveillé des souvenirs qui déchaînèrent la foule comme un tsunami.
C’est ça Pharcyde : 1/3 d’humour, 1/3 d’énergie pure, 1/3 de couché de soleil sur la ville. Une ambiance qu’on a envie de retrouver, le plus tôt possible.

ACEYALONE ARRIVE

Posté il y a 7 années 6 mois à 2:09. 0 commentaire

Aceyalone c’est le nom d’un rappeur américain, un Californien de Los Angeles. Anonyme en France il n’en est pas moins un rappeur reconnu outre-atlantique comme l’un des meilleurs de tous les temps.
C’est à l’époque où N.W.A produisait le son spécifique à la West Coast qui allait devenir le gangsta rap qu’Aceyalone et trois potes montent le groupe « Freestyle Fellowship ». C’était le véritable son underground de Los Angeles à l’époque. En 1991 ils sortent un album “To Whom It May Concern”, puis un autre « Inner City Griots » et le groupe se sépare. Aceyalone commence alors un nombre impressionnant de featuring. Partout où il passe on reconnaît son phrasé unique.
En 1995, il sort son premier album solo « All Balls Don’t Bounce » et trois ans plus tard le deuxième « A Book of Human Language » un pur bijou. Entre temps il aura été le maître d’œuvre d’un projet : Project Blowed qui donna naissance à une compile puis à un label Project Blowed Recordings sur lequel il continu d’éditer ses morceaux.
Ce qui caractérise ce MC à part c’est sa capacité à créer des mélodies et des rimes quel que soit l’environnement sonore. Basé sur des techniques de spoken word et d’improvisation dans tous les styles, il rappe à la marge, toujours sur le fil du rasoir, à la limite de l’essoufflement, mais comme un chat il finit toujours par retomber sur ses pattes. Adepte du Slam il cultive les mêmes vertus qu’un Saul Williams souvent plus médiatisé.
Aceyalone arrive non seulement parce que son dernier album « Accepted Eclectic » devrait sortir sous peu, mais il arrive surtout parce que l’écho médiatique qui lui est du sera, je l’espère, au rendez-vous de l’an 2001. Il est temps qu’il sorte de l’ombre et que chacun puisse apprécier son talent autant qu’il le mérite.