STEPHEN SHORE

Posté il y a 3 années 11 mois à 3:30. 0 commentaire

Avis à la population : sont exposés à l’hôtel Sully dans le Marais à Paris et ce jusqu’au 20 mars, soixante dix clichés photographiques de la grosse pointure des grosses pointures en la matière, le maître Stephen Shore.
Ce photographe américain de la génération du baby boom apparaît comme le parfait génie. Précoce, surdoué, précurseur, sa notoriété auprès du grand public est apparemment inversement proportionnelle à son talent. Les initiés au moins lui vouent le culte qu’il mérite. A commencer par Warhol qu’il fréquenta à l’âge de 17 ans et qui “l’aida à se construire une identité” pour vous le situer grossièrement c’est-à-dire dans les années 60-70, période de grande ébullition. Mais, bien au-delà du pop, le créneau de notre homme en est une composante élémentaire : la couleur.
Cette photographie couleur américaine qui structure l’inconscient de tous les sujets de la société de consommation, cette couleur qu’on retrouve chez William Eggleston, qui raconte la mythologie du paquet de lessive, l’extraordinaire beauté d’une route, le rêve américain, cette photographie couleur c’est celle de Stephen Shore. Et à l’image du monde qu’elle décrit, de ces paysages ou de ces autobiographies peu importe c’est la même chose, elle dégage une puissance irradiante, le sentiment fataliste du destin scellé d’un papier gras qu’on jette à la poubelle. Les motels où nous n’avons pas dormis, qui nous sont étranger et qui pourtant nous appartiennent parce qu’ils habitent notre littérature cathodique, Stephen Shore les a admirablement saisis.
Une excellente vidéo situationniste intitulée “intersection” vient couronner le tout et pour ceux qui en voudraient encore, d’autres photos de Stephen sont visibles à la galerie Kamel Mennour à Paris jusqu’au 13 février. Et si vous ratez les deux expos souvenez-vous qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir les classiques.

WILLIAM EGGLESTON

Posté il y a 7 années à 17:22. 0 commentaire

Pour bien commencer l’année 2002, allez donc profiter de l’expo que propose actuellement et jusqu’au 24 février la fondation cartier pour l’Art Contemporain. Ça c’est du ghetto riche underground !
Si vous ne connaissez pas le lieu, sur le Boulevard Raspail à proximité de la place Denfert Rochereau, le déplacement en vaut déjà la chandelle, rien que pour le bâtiment qui pète vraiment. L’événement qui se déroule là-bas en ce moment est purement photographique et vous fera découvrir l’Américain William Eggleston considéré comme un pionnier de la photo couleur et un maître du petit boîtier. Effectivement, ça cartonne.
Certainement un grand technicien cet Eggleston avec ses techniques perso de genre dye-transfer et autres traitements de la couleur… Il n’y a pas vraiment d’autre fil conducteur dans ses clichés que l’art de photographier et de tirer. Son environnement nous apparaît avec la fraîcheur du technicolor ! Et le voyage graphique et esthétique dure tout au long du parcours des quelques 250 photos accrochées.
Cette expo bénéficie du label de qualité Trofor. Allez-y et n’hésitez pas à commenter cet article pour partager vos réactions, c’est le côté interactif de la chose.

C’EST MOI DENIS ROCHE

Posté il y a 7 années 3 mois à 19:03. 0 commentaire

Enfin, l’événement photographique de la rentrée que tout le monde attendait est arrivé. L’écrivain photographe Denis Roche expose des photos pris au cours des trente dernières années sous le titre : “Les preuves du temps”.
Capitale finesse dans le titre de l’expo qui suggère une confusion entre le mot et l’image. D’entrée le thème principal est donné, c’est une réflexion sur le temps, sur la condition humaine et la condition de photographe, sur le langage photographique et son analogie avec le langage poétique, notamment dans sa construction. Ce qui frappe le plus dans les photos en noir et blanc de Denis Roche, c’est la position du photographe d’où se dégage une sincérité poétique aux confins du génie et de la mégalomanie. Denis Roche apparaît dans son travail comme un véritable écrivain visuel, mettant en scène ce que la vie met face au poète : lui-même, son ombre, ses reflets, ses songes et ses proches.
Dans une vitrine présentant les ouvrages littéraires du photographe, on découvre un livre intitulé : Légendes de Denis Roche. Il est à la fois l’observateur et l’observé, le sujet et l’objet, le subjectif et l’objectif photo cela va sans dire. La juxtaposition de clichés représentants les mêmes scènes, prises de la même manière mais à des époques différentes ressemble à ces phrases qu’on réécrit sans s’en rendre compte. Comme si le mythe que chacun garde en lui était à l’épreuve du temps comme les images.
L’expo qui se déroule actuellement et jusqu’au 4 novembre à la Maison Européenne de la Photographie est une démonstration probante de la thèse de l’auteur et en tout cas une stimulante ballade visuelle pour tous ceux que l’acte de photographier intéresse et interroge.

32EME R.I.P

Posté il y a 7 années 6 mois à 14:55. 0 commentaire

Non ceci n’est pas un article sur les régiments d’infanterie parachutés, les RIP sont les Rencontres Internationales de la Photographie et comme chaque année, cette manifestation a lieu en Arles.
Le thème de cette édition était « l’anonyme ». N’ayant été que 24 heures sur place, j’ai été au pas de course et emmené par un guide savant, lui-même élève à l’école de photographie d’Arles, visiter les incontournables. On retiendra un nom parmi tous : Garry Winogrand. Ce Street Photographer est à l’image de ses clichés : mythique. Contrairement à un Cartier Bresson, il n’est pas un adepte de « l’instant décisif », bien au contraire. Ses photos surprennent leur sujet tout autant que leur spectateur. Mention spéciale donc pour ce photographe américain du siècle dernier dont le talent est tout bonnement éblouissant.
A voir aussi : « Villes Génériques » de Stéphane Couturier qui présente des façades d’immeubles anonymes et « Remake Berlin » réunissant plusieurs photographes et présentant un travail original et pertinent made in Germany.
Mais mon coup de cœur va sans hésitation à l’accrochage de la Casa Del Luz. On y trouve les travaux d’Aymeric sur les espaces en cours d’aménagement, de Florence qui photographie les œufs et beaucoup d’autres choses avec brio, de Johan qui propose des friandises visuelles avec ses petits formats carrés, d’Olivier (alias Zitoune) qui par un jeu d’habile cadrage transforme le bas côté de la route en un spectacle graphique de toute beauté et enfin de Vanessa, Thomas (alias Dader) et Laurent (alias Sundae) qui déstructurent les images autant que les idées de ceux qui regardent, au programme : photomontages, subversion, vidéos, break beat, diapositives, records mondiaux et aménagement de l’espace…
C’est par une soirée au même endroit, la Casa Del Luz, que s’est clôturé en apothéose le festival. Le désormais célèbre collectif de créateurs Electrik 2600 ( Sundae, Dader, Nanomaître, Kde, Electrozit, etc…) y organisait une soirée spéciale qui s’est évidemment transformée en orgie et qui a pris fin avec l’arrivée de la police vers 4-5h du matin.
Le festival s’est achevé hier dimanche mais les expos continuent et seront visibles jusqu’au19 août.

WASSUP MEP

Posté il y a 7 années 10 mois à 0:00. 0 commentaire

Quoi de neuf à la Maison Européenne de la Photo ?
Six nouvelles expos viennent d’ouvrir leurs portes dans le célèbre établissement parisien. Elles sont toutes les six très différentes les unes des autres et offrent un éventail assez large de ce que la photographie peut avoir de beau, d’intéressant et de créatif.
Commençons par le sou-sol : « Le plus bel âge » est ce qu’on appelle une commande publique. Les photographes qui exposent leurs clichés répondent à la question suivante avec beaucoup de sensibilité et d’originalité : comment voyez-vous les jeunes d’aujourd’hui ? On retiendra les noms de Denis Darzacq et Marie-Jo Lafontaine.
Plus haut dans le bâtiment on découvre « Yeux », le travail de Jean-Baptiste Huynh que je n’ai pas adoré mais qui vaut le coup d’œil (rires).
Passons à Jean Baudrillard, plus théoricien que photographe, ce qu’il expose « Le meurtre de l’image » pourrait être qualifié d’art conceptuel, il étudie l’aspect sériel et le rapport au réel qu’on trouve dans l’acte de photographier. Ça ne m’a pas emballé, visuellement c’est assez naze.
Les deux derniers sont les deux meilleurs.
Sous l’intitulé « Photographe, critique, théoricien », on peut découvrir une partie de l’œuvre de Daniel Masclet (1892-1969) qui est un véritable master du boîtier ; ses clichés sont maîtrisés, rares, subtils, en un mot trofor.
Mais mon préféré c’est Guy Peellaert, ce créateur belge pratique le mix-média où l’ordinateur vient seconder l’appareil photo. Le résultat donne des montages spectaculaires, retouchés, colorisés et mettant en scène un siècle entier. Son œuvre ressemble à du graffiti parce qu’elle a l’impact de la bande dessiné, l’humour de la rue et la réalité des mythes. A voir.

DEPARDON ERRANCE

Posté il y a 8 années à 22:59. 0 commentaire

Raymond est un photographe célèbre. Il a derrière lui une expérience de photo-reporter de ouf faite de guerres et de voyages au bout du monde.
« Errance » est un recueil de photos issues d’un travail poussé, tant sur le plan figuratif et plastique que sur l’auteur lui-même. Une espèce de mise en condition mentale, une étude expérimentale, en un mot une quête. C’est donc un ouvrage dans lequel recherche esthétique et recherche mentale se mêlent et s’entremêlent, parvenant ainsi à nous faire sentir d’une main intérieure l’inexorabilité de la rencontre finalement enthousiasmante de nos trajectoires propres. En ce monde de la visualité, la sensibilité aux photos de Depardon qui souffle la réalité avec son objectif, est exacerbée et excitée par le règne des « images » et le show médiatique permanent. Chacun se retrouve dans les photos de Raymond, seul au milieu du monde.
Bref, to make a long story short, “Errance” ce sont des photos magnifiques, en noir et blanc, toutes au même format et qui raconte le cheminement.
Le label trofor.com est attribué haut la main mais souvenez-vous que la confiance à ses limites que les limites ignorent et qu’il serait dommage de foncer les yeux fermés sur un si beau livre d’images.