HYPHY : STUPID DUMB RETARDED

Posté il y a 7 mois à 2:04. 2 commentaires

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Mac Dre, si ce nom n’évoque rien pour vous, c’est sans doute que vous n’êtes pas très West Coast, que le dernier disque que vous avez achetez date de 1998 ou que tout simplement vous n’aimez pas le rap.

Mac Dre est un rappeur du Nord de la Californie, originaire de la banlieue de San Francisco, mort en 2004 dans une fusillade en voiture. Avant de disparaitre de la manière la plus hip hop qui soit, il aura donné naissance à un mouvement musical, de petite envergure mais tellement sympathique qu’une trace dans mes archives s’impose : le Hyphy. Prononcez Aïefaïe. Son mot d’ordre « soyez stupides », « agissez comme des cons ». De même que le mouvement psychédélique dans les années 60 était lié à l’introduction du LSD dans la culture américaine, le Hyphy fait un avec l’extasie. En californien, le fait d’être sous l’emprise de l’exta se dit Thizzle. Et précisément, l’hymne du Hyphy composé par Mac Dre se nomme la « Thizzle dance ».

Depuis la mort de Mac Dre, le mouvement a grandit, comme une nouvelle branche du Gangsta Rap faisant la part belle à l’inconscience, le j’m’en foutisme, l’apologie de la défonce, avec comme dénominateur commun à tous ces partisan : la joie. Parmi les grands morceaux de Hyphy, les pierres angulaires de ce courant musical, on peut citer les tubes de Mac Dre : « Feeling Myself », « Since’84 » ou encore « Rappers Island ». D’une manière générale tous les albums de Mac Dre sont des chefs d’œuvres. L’insouciance synthétique des claviers californiens, entre groove, calypso et sonnerie diatonique de vieux téléphones portables, le rap cru et joyeux d’une génération sans illusions ni espoirs, sans aspiration autre que de déconner à plein tube, tout ça est ma fois fort rafraichissant.

Comme on dit dans la Thizz nation : «Thizz is what it is », rien de plus. Un vrai son pour les retardés, pour tout ceux qui ont pris le parti de ne pas grandir, de ne pas devenir blasé, de s’émerveiller pour un rien, de continuer à apprécier les joies simples comme écouter du rap avec des oreilles d’enfant et un sourire de débile mental.

DOWNTOWN 81

Posté il y a 7 années 5 mois à 18:28. 0 commentaire

Massacré par la critique, ce film de Edo Bertoglio qui raconte une journée à New York avec Jean-Michel Basquiat mérite pourtant d’être vu car il est tout bonnement trofor.
L’artiste qui joue son propre rôle et les images d’époque (1981) donnent des faux airs de documentaire à cette fiction. Pour résumer, il s’agit d’une plongée dans l’univers artistique et décadent du début des années 80, à l’origine du hip hop. La voix off qui nous livre les pensées poétiques du héros est celle de Saul Williams et c’est une véritable galerie de stars de l’underground qui peuplent la folle journée de celui que tout le monde appelle simplement Jean.
Peintre, graffeur et musicien, il zone pendant toute la durée du film, arpentant les rues, à la recherche d’un billet, d’un ami ou d’une femme. Contrairement à la mythification que certains dénoncent, Basquiat m’a semblé très simple dans ce film, très naturel et on s’identifie finalement assez facilement à lui, artiste paumé, bienheureux, content de parler à ses amis, ne crachant pas sur un joint d’herbe, ne sachant pas vraiment ce qu’il veut ni où il va. C’est l’histoire d’un galérien authentique, comme il en existe encore aujourd’hui, un esprit libre dans la ville.
Ce film, dont la B.O. est une pure merveille, du morceaux Rapture de Blondie aux hystériques solos de Arto Lindsay en passant par les impros de Fab Five et les délires scéniques de Kid Créole, est une bouffé d’oxygène, une pierre de plus à l’édifice de la sous-culture qui pousse dans les failles des murs décrépits. C’est la vie.