Posté il y a 2 années 11 mois à 1:57. 0 commentaire

Parmi les courants musicaux récemment identifiés, les américains ont le “Dirty South”, nous nous avons beaucoup mieux : le “Crazy South”. Oubliez Atlanta et Miami, c’est à Montpellier et à Béziers que ça se passe.
C’est à Béziers que se trouve le studio-laboratoire “Infernale Machine” qui a rendu possible la réalisation d’un projet hors du commun : l’album “The Groove Of Satyre” (TGOS). Le sous-titre de cet œuvre est suffisamment explicite pour que vous saisissiez l’ampleur du phénomène : soundscape for deviants turntablists and producers. Renonçant à écrire de la musique sous sa forme traditionnelle, nos activistes ont mis au point un produit nouveau : la banque de sons sous forme vinylistique. Ayant pris acte de la façon dont on compose désormais la musique en y intégrant des sons venus de tous les horizons et de tous les supports, désireux de damer le pion à tous les fabricants d’émulateurs et autres synthétiseurs numériques qui restituent approximativement des sonorités à la mode, TGOS est à la fois une œuvre originale et un concept subversif.
Techniquement, l’album se présente sous la forme de deux faces “Random” et “Dialogue” qui explorent le potentiel de diverses machines à travers des collections de sons et d’effets. Ces machines sont les véritables interprètes de TGOS. On y retrouve leur âme, leur grain, leur envergure… Les sons ainsi produits ne s’intègrent pas dans des chansons ou dans des morceaux, ils existent par eux-mêmes. Leur puissance d’évocation est surprenante, on y reconnaît des textures, des vibrations qui nous sont familière. Dans un sens, aucune mélodie ne vient perturbé leur nature profonde, ils acquiert une forme d’autonomie musicale. Cet album de sons destinés à être digéré et restitué par son public est à la musique ce qu’un essai philosophique est à la littérature : il ne s’embarrasse pas de fictions ou d’éléments contextuels, il se focalise sur l’essence.
A l’opposé des conceptions consumériste de l’entertainment qui veut qu’une production culturelle soit divertissante et consommable par le plus grand nombre, TGOS se place sur le terrain de l’intelligence, de la réflexivité et de la connaissance des arts. Impossible de ne pas terminer cet article sans évoquer le très bon album du groupe Mass Influence datant de 2000 et dont le titre résume bien la démarche dont il est question ici : “The Underground Science”.
Posté il y a 7 années 5 mois à 23:14. 0 commentaire

A l’heure du MP3, des mini disc et de l’infinie mémoire numérique, la cassette audio prend un bon coup de vieux et rejoint presque le vinyle au panthéon des supports à l’authenticité rare. C’est pourtant une chrome 90 minutes qui fait l’événement aujourd’hui.
Tous à vos auto-radios ! DJ Ewae frappe une fois encore en mixant et en cosignant la sélection des 24 morceaux qui composent l’excellent second volet du concept Acoustik Addiction. Sous ce nom explicite se cache un collectif qui se défini lui-même comme : The hip hop benefactors’ association. Loin de New York dont on connaît jusqu’au toaster du coin, les rappeurs qui intéressent Teorem et Ewae viennent de Minneapolis, Atlanta, Philadelphie ou Los Angeles. Underground garanti, la seule racine de ce hip hop là est vernaculaire et s’appelle aussi dans le texte : the jazz thing.
Acoustik Addiction volume 2 c’est comment dire, du sérieux, pas spectaculaire mais profond. Les morceaux s’enchaînent comme un venin senti mental parfumé au bitume fondant. On retrouve bien sûr des grosses pointures comme Jeru the Damaja, Del, Aceyalone et Company Flow, mais ils sont savamment dilués dans un univers de flots inconnus. Une musique à ne pas mettre dans toutes oreilles. Mais qui satisferont celles des amateurs pendant des heures. Et, cerise sur le gâteau, la jacket de la cassette, une fois de plus signée Ewae.
Avis à tous les chercheurs en son, considérez la sortie de cette mixtape comme une publication dans la revue Nature. Le mot expérimental est souvent péjoratif mais le fruit des recherches est toujours applaudi. Alors clap your hands every body…
Infoscommandes
acoustikaddiction@hotmail.com
Posté il y a 7 années 11 mois à 1:49. 0 commentaire
A Paris, hier, le MCM café organisait la demi-finale de son tremplin musical.
A l’affiche, les Parisiens HOPPER forment une bande de 5 musiciens talentueux : trois garçons à la section rythmique, basse, batterie, percu, et deux charmantes demoiselles toutes deux à la guitare et au chant. Aurélia est la chanteuse principale explique que le nom du groupe vient du peintre Edward Hopper (ça ne s’invente pas) et définie leur style musical de « Rock Indépendant un peu Expérimental mais juste un peu ». Ses derniers mots avant de monter sur scène furent à l’attention de ses partenaires : « Il faut jouer ce soir comme si c’était la dernière fois ». Emouvant n’est-ce pas ? Leur son est parfois pop, souvent cool, et soit on plane soit on bourre. Il paraît que c’est un style. En tout cas, la voix d’Aurélia sonne mieux dans les nappes cristallines que dans le brouhaha industriel des fenders over dosées.
Face à eux, le collectif montpelliérain JUICE. Ce collectif c’est d’abord Lionel, bassiste chevronné, il a plus de pédales sous les pieds quand il joue que de cordes à sa basse, il est clairement le chef d’orchestre du groupe. Juste avant de monter sur scène il déclarait à Trofor.com je cite : « Ici tout est crade et ça pu ». Les compositions de JUICE pourraient être qualifiées d’électro-trip-funk. Ils sont 6 membres dont Denis dit « le boucher » à la batterie, Léna au chant, Eric à la guitare, Greg au clavier et enfin, pour couronner le tout : DJ Ewae aux tables tournantes. Beaucoup moins acoustiques et donc beaucoup plus électroniques que le groupe précédent, JUICE cultive l’art de la boucle, de l’écho, de la distorsion bref de l’effet.
De ces deux prestations, on retiendra surtout l’excellente forme de DJ Ewae, parfaitement en phase avec ses scratchs.