THE GROOVE OF SATYRE

Posté il y a 2 années 6 mois à 1:57. 0 commentaire

Parmi les courants musicaux récemment identifiés, les américains ont le “Dirty South”, nous nous avons beaucoup mieux : le “Crazy South”. Oubliez Atlanta et Miami, c’est à Montpellier et à Béziers que ça se passe.
C’est à Béziers que se trouve le studio-laboratoire “Infernale Machine” qui a rendu possible la réalisation d’un projet hors du commun : l’album “The Groove Of Satyre” (TGOS). Le sous-titre de cet œuvre est suffisamment explicite pour que vous saisissiez l’ampleur du phénomène : soundscape for deviants turntablists and producers. Renonçant à écrire de la musique sous sa forme traditionnelle, nos activistes ont mis au point un produit nouveau : la banque de sons sous forme vinylistique. Ayant pris acte de la façon dont on compose désormais la musique en y intégrant des sons venus de tous les horizons et de tous les supports, désireux de damer le pion à tous les fabricants d’émulateurs et autres synthétiseurs numériques qui restituent approximativement des sonorités à la mode, TGOS est à la fois une œuvre originale et un concept subversif.
Techniquement, l’album se présente sous la forme de deux faces “Random” et “Dialogue” qui explorent le potentiel de diverses machines à travers des collections de sons et d’effets. Ces machines sont les véritables interprètes de TGOS. On y retrouve leur âme, leur grain, leur envergure… Les sons ainsi produits ne s’intègrent pas dans des chansons ou dans des morceaux, ils existent par eux-mêmes. Leur puissance d’évocation est surprenante, on y reconnaît des textures, des vibrations qui nous sont familière. Dans un sens, aucune mélodie ne vient perturbé leur nature profonde, ils acquiert une forme d’autonomie musicale. Cet album de sons destinés à être digéré et restitué par son public est à la musique ce qu’un essai philosophique est à la littérature : il ne s’embarrasse pas de fictions ou d’éléments contextuels, il se focalise sur l’essence.
A l’opposé des conceptions consumériste de l’entertainment qui veut qu’une production culturelle soit divertissante et consommable par le plus grand nombre, TGOS se place sur le terrain de l’intelligence, de la réflexivité et de la connaissance des arts. Impossible de ne pas terminer cet article sans évoquer le très bon album du groupe Mass Influence datant de 2000 et dont le titre résume bien la démarche dont il est question ici : “The Underground Science”.

LES TRANS FORMENT LES OREILLES

Posté il y a 2 années 7 mois à 23:27. 0 commentaire

Une fois de plus, Rennes aura su se hisser, début décembre et le temps d’un long week end, au rang de capitale mondiale de la vibration sonore ; entre travellers et producteurs, voyage au centre du noyau dur.
Les Transmusicales de Rennes sont chaque année un moment délectable, comme un oasis au milieu de l’hiver. C’est le moment où les amateurs de musique du monde entier se donnent rendez vous en Bretagne pour savoir ce que la musique va devenir. D’inspiration techno punk alternatif, le festival s’est largement ouvert au hip hop durant la décennie écoulée et reste aujourd’hui encore un lieu où les talents qu’on a du mal à classer peuvent se révéler et faire leur première grande scène. La programmation est irréprochable, on vole de découvertes en expériences, d’énergies en émotions, des Etats-Unis à l’Angleterre, de la France au reste du monde, des têtes d’affiches imposées aux confidentiels underground, on trouve tout le monde aux Transmusicales.
L’édition 2005 apporte son lot de découvertes : Dwight Trible et Carlos Niño, DJ Tiga, Byard Lancaster qui accompagnait Rufus Harley, Mattafix, Birdy Nam Nam, Juliette and the Licks, etc… Et puis quelques déceptions bien sûr : un Coldcut un peu vieillissant, même verdict pour Dynamite MC qui accompagnait DJ Marky. Déception de ne pas pouvoir être partout à la fois et d’avoir manqué les Fugees, Wax Taylor, Jackson And His Computer Band entre autres. Dans l’ensemble, la moisson est riche, diverse et pleine de promesses. Mais la cerise sur le gâteau, le top du top, à Rennes c’est l’ambiance générale du festival. Les festivaliers arrivent dans une ville qui est déjà un carrefour culturel. Le triskel breton et toutes les légendes celtes offrent un terrain propice au développement de la mythologie gothique et de la transe chamanique.
Ainsi, à Rennes le souffle du grand Ouest rencontre les cultures urbaines et c’est le clash entre Fest-noz et Free-parties, druides et dealers, dolmens et murs d’enceintes. Bienvenue dans le sound system de Brocéliande temple de la musique, de la folie et de la joie. Vivement les prochaines trans !

GUY TOUJOURS

Posté il y a 2 années 9 mois à 21:58. 0 commentaire

Après cinq années de trofor.com et la plus longue trêve éditoriale que ce site n’ait jamais connue, Guy Debord, dont les écrits ne sont pas étrangers à la création même de ce site, est de retour en haut de l’affiche.
Depuis deux semaines, les voitures et les poubelles brûlent ici et là. Un symptôme, une crise, une manifestation parmi tant d’autres des conséquences de la politique spectacle. La question n’est pas, comment en est-on arrivé là ? Mais, existe-t-il une issue ? Or rien ne le laisse penser. Du Berlusconisme aux Faucons de Washington, de Lagardère à Dassault, rien ne permet d’imaginer une issue à la crispation mondiale en cours. Rien, pas même les éléments. Le spectacle est total, immanent, prétendre s’en abstraire ne serait-ce qu’un instant est impossible. Ça n’est que dans le spectacle que peut se jouer son dénouement, son évolution. Dans la société du spectacle, on ne parle plus d’Histoire mais d’intrigues.
Mais revenons un instant à la sainte parole de Guy : dans le spectacle, le spectateur est le véritable créateur. C’est lui qui produit le spectacle. Il produit principalement des émotions qui s’incarnent, se remplacent, se transmettent. En produisant son propre spectacle, chaque individu crée les conditions possibles d’un spectacle total. Personne n’échappe au spectacle et chacun obéis à ses règles. Les règles du spectacle sont elles-mêmes soumises aux émotions des spectateurs. Ainsi, lorsque l’émotion la plus partagée est la peur, elle se propage et se diffuse comme une nouvelle règle spectaculaire, une règle inhérente au spectacle lui-même.
Chaque individu est un acteur de la société pris en otage par le spectateur qu’il est en même temps. C’est de cette schizophrénie qu’a été victime notre ministre de l’intérieur quelques jours avant la mort de deux habitants de Clichy sous Bois dans des conditions suspectes.

DOWN 4 WHATEVER

Posté il y a 2 années 10 mois à 23:20. 0 commentaire

Il en va du succès comme de la fatalité. On n’est pas à l’abri d’une bonne surprise. Le hasard se mêle de tout, surtout de ce qui ne le regarde pas. Ainsi, la force des choses aidant, la normalité se fait de plus en plus originale. Le train-train du presque trentenaire, la monotonie des sanglots d’automne, l’abnégation des nabots arboricoles, la chute silencieuse des cheveux du devant, l’angoisse lancinante des tourments anodins, le classicisme épique des courses au Leader Price, la traversée téméraire de l’entrelacs métallique et bouillonnant de la marmelade automobile, le ressac des euros sur le roc, les éternels duels de moulins à vent au soleil, tout porte à croire que la vie n’est qu’une vaste partie d’auto-tamponneuses qui ne s’arrête jamais. Il y a de plus en plus de monde sur la piste. On évite les chocs, on se maintient. Ainsi, le propre du vivant c’est d’être partant. Impossible de traduire exactement l’expression “down for whatever” en français mais parmi ses nombreux sens, on pourrait dire être “partant pour n’importe quoi”. D’où l’idée de pousser les meubles, de monter le volume et de s’en refaire un petit. Juste fais la baby.

MONSTER DOPER SKILLER

Posté il y a 2 années 12 mois à 20:06. 0 commentaire

Doper Skiller c’est le titre d’un morceau incroyable tiré du dernier album de MF Doom. C’est l’occasion de vous dire qui est cet étrange personnage et pourquoi ce morceau mérite le label de “monster track”.
MF Doom n’est pas né de la dernière pluie. De sa véritable identité Daniel Dumile, MF n’a pas cessé de changer de nom depuis ses débuts dans le rap. Zev Love X pour commencer au sein du groupe KMD, puis MF Doom et (j’en oublie sûrement), Viktor Vaughn, nom sous lequel il apparaît dans son dernier album “Venomous Villain”. Tous ça est un peu confus, mais cette confusion n’est pas le fruit du hasard. MF Doom évolue dans des univers afro futuristes ou science fiction et musique se rejoignent. Un peu comme Kool Keith qui est l’invité surprise de “Doper Skiller”. Ces deux fous à lier sont les dignes héritiers du Docteur Funkenstein. Ils poursuivent la même quête musicale et psychédélique en empruntant des voies inconnues qu’ils débroussaillent à la machette verbale, albums après albums.
Doper Skiller renferme une énergie mystique, les basses y sont lourdes, profondes et lentes. Le traitement du son avec des effets un peu cheap qu’on trouve habituellement dans les mauvais morceaux de dance, authentifie et estampille la production originale comme datant bien de l’an de grâce 2005. Le solo de scratch en est l’apothéose. A l’heure de la culture pop et du retour des guitares électriques, les phases de scratch, enrichis par une génération de praticiens, atteignent un niveau supérieur. Le chaos sonore se déchire encore un peu plus dans un maelström de musiques électroniques, de nappes et d’extraits de KRS One. Un chef d’œuvre. Cela dit le reste de l’album est bien aussi.
La voix de Kool Keith rappelle celle de Dr Octagon. De deux choses l’une, soit il faut avoir vécu les années 90 et aimé le rap à cette époque pour apprécier ce morceaux et dans ce cas ceci est un article de vieux con nostalgique ; soit n’importe quelle oreille un tant soit peu curieuse et ouverte kiffe ce son et dans ce cas ceci est un article de visionnaire. Vas savoir.

TECH CELLO

Posté il y a 3 années à 16:13. 0 commentaire

Laurent Garnier est certainement le plus célèbre DJ français à travers le monde. Il jouait au Rex Club régulièrement depuis 1993. Après 12 années de résidence, il a raccroché le casque le 21 juillet dernier en donnant une soirée d’adieux inoubliable.
Pour sa dernière date, il a joué toute la nuit et en a profité pour inviter d’autres musiciens à le rejoindre dans la petite cabine du Rex. Parmi ses invités, il y avait deux inconnus : un très bon saxophoniste et un homme aux machines non moins doué. Mais la star dans l’ombre de Laurent Garnier ce soir-là c’était Vincent Segal aka Cello de Bumcello. Armé de son violoncelle électrique et de sa batterie de pédales, il a accompagné le mixe pendant toute la première moitié du set (celle à laquelle j’ai pu assister).
Laurent Garnier a livré un set techno, fidèle à son style, entre house minimaliste et trans progressive : des synthés, des nappes et des sons un peu kitch limite sirupeux. Mais le délire était plus dans le public que dans la musique. Une véritable cours des miracles s’était réunie pour faire ses adieux à un Grand de Paris. L’ambiance sur le dancefloor était donc à l’euphorie, à l’émotion. Comme pour le pot d’adieu d’un collègue qu’on aime bien. Une ambiance d’employés de bureaux qui se quittent après avoir plusieurs années ensemble. L’open bar de un quart d’heure toutes les heures à largement contribué à libérer la joie des uns et des autres.
Bref, c’était une soirée sympa. Un jeudi soir déguisé en samedi comme dirait le DJ du Baron. Une carrière de DJ résident qui s’achève par un live de 10h c’est une belle apothéose. Enfin, espérons qu’il s’agissait d’un coup de pub et qu’on retrouvera très bientôt Laurent Garnier au contrôle du son…

ASSOCIATIONS BOBOPHOBES

Posté il y a 3 années1 mois à 2:55. 0 commentaire

Les gays nous avaient habitué à leur bonne humeur. L’univers des homos c’est celui de la fête, les boîtes branchées, la techno, la gay pride. Mais, depuis quelques jours, la fête est finie. Les annulations de concert se suivent et se ressemblent. En cause les paroles homophobes des chansons de Sizzla, Buju Banton ou Capelton. Homophobie incontestable des rastas de la secte des Bobos. Il est vrai que les paroles de ces chanteurs sont parfois ultra violentes dans un registre comparable à celui du pire rap.
Cette radicalisation du message accompagne un rapprochement musical déjà largement opéré entre reggae et hip hop à travers le style dance hall. En gros c’est le son du ghetto. Punany, punany, lorsque les bobos parlent des femmes ça ne choque personne ou du moins c’est sans conséquence alors qu’ils dépassent là aussi largement les limites du respect.
C’est cette homophobie mais aussi la misogynie des textes de leurs chansons qui ont déjà détourné un large public du reggae. Un détournement qui n’a pas besoin de censure, qui se fonde sur la conscience personnelle.
Pourquoi ne pas dire un mot du reste des paroles de reggae (que personne ne comprend en France) qui prônent l’usage du cannabis, l’irrespect des femmes, la violence, la haine de la police, des blancs, la ferveur religieuse comme moyen de s’en sortir, etc.
Pourquoi Sizzla est-il condamné pour homophobie et par pour connerie tout simplement ?
Parce que le jour ou l’infraction « connerie » sera reconnu dans le code pénal, il faudra mettre tout le monde en taule.
J’espère au moins que les bons concerts de Reggae qui sont annulés seront remplacés par des mauvais concerts de Mylène Farmer ou d’Etienne Daho.
L’interdiction des concerts de reggae pour propos homophobes, sous la pression d’associations et donc en l’absence de décision de justice, constitue une atteinte grave à la liberté d’expression et au système de libertés publiques.
Conclusion : enculés de censeurs !

LORD QUASIMOTO

Posté il y a 3 années 2 mois à 9:13. 0 commentaire

Cet article est dédicacé à tous les fossoyeurs du hip hop. Tous ceux qui pensent que le rap a fait son temps et que le meilleur est derrière nous. Madlib aka Quasimoto remet les pendules à l’heure. Il reprend le flambeau et assure la relève en affirmant une fois de plus son style unique.
Producteur et rappeur, Lord Quasimoto est un artiste de génie dont le talent échappe naturellement à nombre de ses contemporains. Il appartient à la dernière génération du hip hop, celle qui a émergée à la fin des années 90. Depuis l’album de Lootpack qui l’a fait connaître en 1999, il pond en moyenne une bombe atomique chaque année. Retour sur les 5 premières années du millénaire, les années Madlib.
2000 : sortie de son premier album solo “The Unseen”, les samples se bousculent en désordre dans les morceaux, la voix du MC semble traverser quinze filtres avant d’arriver à nos oreilles, le ton est donné. 2001-2002 : Il participe à la production de moult albums ici et là et sort une compile de reggae reprenant des classiques de funk et de soul sur l’obscur label “Antidote”. 2003 : “Shades of Blue”, le label Blue Note reconnaît l’immense talent de notre homme et lui propose d’exploiter son prestigieux catalogue donnant ainsi naissance à 16 remix à sa façon. La même année Jaylib le groupe formé par Jay Dee et Madlib sort “Champion Sound”. 2004 : Madlib et MF Doom se rencontrent à leur tour pour former “Madvillain” et une fois de plus il apporte une grande bouffée d’oxygène aux amateurs de bon son. 2005, on y arrive enfin, Madlib redevient Quasimoto et livre “The Further Adventures of Lord Quas” le prochain disque que vous allez acheter si ce n’est pas déjà fait.
A contre courrant total de la vague de vulgarisation, de paupérisation R’n’B, à laquelle on participés les 50cent, Snoop, Outkast ou Neptunes, Madlib a tout simplement réinventé le hip hop à lui tout seul. Quasimoto mérite son titre de Lord, à l’ancienne. Son style unique est à la fois doux et trash, sensible et bourrin, fragile et corrosif, beau comme une coulure de Krylon. La vivacité incarnée, le jaillissement, la fulgurance, Otis Jackson Jr de son vrai nom est une source, un génie de la spontanéité.
PS : Il manque évidemment dans cette pseudo discographie d’innombrables références (albums, compiles, remix) et collaborations (Jurassic 5, Peanut Butter Wolf, Beastie Boys, The Alkaholiks, etc.)

KING CONGOPUNQ

Posté il y a 3 années 3 mois à 1:40. 0 commentaire

Voilà un concept neuf, musical, artistique, fait de bruits, de performances, de simagrées et de bonne humeur : le parfait sujet pour trofor.com. Qui se cache sous le nom de Congopunq ? Deux artistes sans limites bien sûr : Cyril Atef et Monsieur Cong.
Vous connaissez Cyril Atef sous un autre nom, celui de Bum, moitié percussive de Bumcello et accessoirement trofornaute de milieu de tableau. Il est sans doute le Punq du groupe puisqu’à n’en pas douter Monsieur Cong en est le Congo à lui tout seul. Monsieur Cong est un mystère de 2 mètres de haut pour un poids qui ne doit pas être loin du quintal. Pourvu d’une barbe digne de Skanderbeg, Monsieur Cong joue un rôle dans le groupe qui est pour le moins original. En effet il ne joue pas d’instrument et il ne chante pas. Vous me direz que de nombreux groupes font déjà appelle à des danseuses pour égayer la scène mais alors pour le coup : v’l’a la danseuse !
Pendant que Cyril transforme ses gargarismes en boucles techno-house et produit une musique à l’énergie communicative, Monsieur Cong fait son show, à sa manière. Tantôt immobile, tantôt en mouvement il est un musicien silencieux à part entière. Silencieux du moins lorsqu’il ne pousse pas des cris barbares entre deux mouvements de sabre. Parce que ce que je n’ai pas encore dit c’est que Monsieur Cong est armé. Il vient sur scène avec une batterie d’accésoires tels qu’un journal, une table, une peau de bête, une bobine de fil, un sabre turc sans oublier son indispensable boite de cassoulet froid qu’il propose au public de déguster avec lui dans la bonne humeur la plus loufoque.
Bref difficile de rendre compte d’un tel sommet de folie théâtrale, de barbarie musicale, de delirium tremens, en un mot puisqu’il existe désormais : de Congopunq.

RADIO RORO

Posté il y a 3 années 4 mois à 16:15. 0 commentaire

Le phénomène ne fait que commencer et déjà, les aficionados craquent, ne parlent plus que de ça et sentent poindre le manque. Après le clubbing, internet fait franchir une nouvelle étape à la branchitude de la hype connectée : le housing.
Le principe est le même : se divertir avec des gens en écoutant de la bonne musique mais la seule différence c’est que tout ça se passe sur internet, chacun de son côté. On ne sort plus de chez soi pour allez en boite, on se connecte directement au réseau et chaque appartement devient une boite autonome reliée aux autres par deux cordons électroniques : celui du son, diffusé en streaming live depuis la chambre du DJ et celui du chat, sur lequel les auditeurs tiennent le même genre de propos que sur un dancefloor. Ça drague, ça raconte sa journée, sa commente le son, ça balances des vannes, le tout sans avoir besoin de hurler pour couvrir la sono (il suffit de baisser le volume de son ordinateur).
L’instigateur d’une telle révolution, le mot est faible, n’est autre que Romain BNO, dj auquel trofor.com consacrait un article il y a quelques semaines à peine. D’où le titre de son show : Radio Roro. La diffusion n’est pas permanente et un mini blog permet de se tenir au courrant des dates et des horaires d’émissions. Le dancefloor est mort, vive le dancefloor. Internet, temple de la culture du futur, se nourrit du monde d’avant et laisse les internautes y interpréter le monde à venir. Prenons un exemple : avant de retrouver les autres, l’enjeu n’est plus de savoir comment on va se saper pour sortir mais quelle image va-t-on mettre en ligne pour illustrer son pseudo. Si ce qu’on aime faire c’est écouter du bon son en racontant des conneries, pourquoi ne pas importer cette pratique sur le web ?
Une fois de plus, la devise de trofor.com se concrétise : “Internet c’est comme la rue, tu y trouves ce que tu y apportes”, un peu comme une auberge espagnole en quelque sorte. Belle initiative de Romain donc qui apporte avec ses cyberpotes un peu de wachi wacha à une toile qui en manquait cruellement. A votre tour, faites péter !