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LES TRANS FORMENT LES OREILLES

Posté il y a 2 années 7 mois à 23:27. 0 commentaire

Une fois de plus, Rennes aura su se hisser, début décembre et le temps d’un long week end, au rang de capitale mondiale de la vibration sonore ; entre travellers et producteurs, voyage au centre du noyau dur.
Les Transmusicales de Rennes sont chaque année un moment délectable, comme un oasis au milieu de l’hiver. C’est le moment où les amateurs de musique du monde entier se donnent rendez vous en Bretagne pour savoir ce que la musique va devenir. D’inspiration techno punk alternatif, le festival s’est largement ouvert au hip hop durant la décennie écoulée et reste aujourd’hui encore un lieu où les talents qu’on a du mal à classer peuvent se révéler et faire leur première grande scène. La programmation est irréprochable, on vole de découvertes en expériences, d’énergies en émotions, des Etats-Unis à l’Angleterre, de la France au reste du monde, des têtes d’affiches imposées aux confidentiels underground, on trouve tout le monde aux Transmusicales.
L’édition 2005 apporte son lot de découvertes : Dwight Trible et Carlos Niño, DJ Tiga, Byard Lancaster qui accompagnait Rufus Harley, Mattafix, Birdy Nam Nam, Juliette and the Licks, etc… Et puis quelques déceptions bien sûr : un Coldcut un peu vieillissant, même verdict pour Dynamite MC qui accompagnait DJ Marky. Déception de ne pas pouvoir être partout à la fois et d’avoir manqué les Fugees, Wax Taylor, Jackson And His Computer Band entre autres. Dans l’ensemble, la moisson est riche, diverse et pleine de promesses. Mais la cerise sur le gâteau, le top du top, à Rennes c’est l’ambiance générale du festival. Les festivaliers arrivent dans une ville qui est déjà un carrefour culturel. Le triskel breton et toutes les légendes celtes offrent un terrain propice au développement de la mythologie gothique et de la transe chamanique.
Ainsi, à Rennes le souffle du grand Ouest rencontre les cultures urbaines et c’est le clash entre Fest-noz et Free-parties, druides et dealers, dolmens et murs d’enceintes. Bienvenue dans le sound system de Brocéliande temple de la musique, de la folie et de la joie. Vivement les prochaines trans !

MONSTER DOPER SKILLER

Posté il y a 2 années 12 mois à 20:06. 0 commentaire

Doper Skiller c’est le titre d’un morceau incroyable tiré du dernier album de MF Doom. C’est l’occasion de vous dire qui est cet étrange personnage et pourquoi ce morceau mérite le label de “monster track”.
MF Doom n’est pas né de la dernière pluie. De sa véritable identité Daniel Dumile, MF n’a pas cessé de changer de nom depuis ses débuts dans le rap. Zev Love X pour commencer au sein du groupe KMD, puis MF Doom et (j’en oublie sûrement), Viktor Vaughn, nom sous lequel il apparaît dans son dernier album “Venomous Villain”. Tous ça est un peu confus, mais cette confusion n’est pas le fruit du hasard. MF Doom évolue dans des univers afro futuristes ou science fiction et musique se rejoignent. Un peu comme Kool Keith qui est l’invité surprise de “Doper Skiller”. Ces deux fous à lier sont les dignes héritiers du Docteur Funkenstein. Ils poursuivent la même quête musicale et psychédélique en empruntant des voies inconnues qu’ils débroussaillent à la machette verbale, albums après albums.
Doper Skiller renferme une énergie mystique, les basses y sont lourdes, profondes et lentes. Le traitement du son avec des effets un peu cheap qu’on trouve habituellement dans les mauvais morceaux de dance, authentifie et estampille la production originale comme datant bien de l’an de grâce 2005. Le solo de scratch en est l’apothéose. A l’heure de la culture pop et du retour des guitares électriques, les phases de scratch, enrichis par une génération de praticiens, atteignent un niveau supérieur. Le chaos sonore se déchire encore un peu plus dans un maelström de musiques électroniques, de nappes et d’extraits de KRS One. Un chef d’œuvre. Cela dit le reste de l’album est bien aussi.
La voix de Kool Keith rappelle celle de Dr Octagon. De deux choses l’une, soit il faut avoir vécu les années 90 et aimé le rap à cette époque pour apprécier ce morceaux et dans ce cas ceci est un article de vieux con nostalgique ; soit n’importe quelle oreille un tant soit peu curieuse et ouverte kiffe ce son et dans ce cas ceci est un article de visionnaire. Vas savoir.

TECH CELLO

Posté il y a 3 années à 16:13. 0 commentaire

Laurent Garnier est certainement le plus célèbre DJ français à travers le monde. Il jouait au Rex Club régulièrement depuis 1993. Après 12 années de résidence, il a raccroché le casque le 21 juillet dernier en donnant une soirée d’adieux inoubliable.
Pour sa dernière date, il a joué toute la nuit et en a profité pour inviter d’autres musiciens à le rejoindre dans la petite cabine du Rex. Parmi ses invités, il y avait deux inconnus : un très bon saxophoniste et un homme aux machines non moins doué. Mais la star dans l’ombre de Laurent Garnier ce soir-là c’était Vincent Segal aka Cello de Bumcello. Armé de son violoncelle électrique et de sa batterie de pédales, il a accompagné le mixe pendant toute la première moitié du set (celle à laquelle j’ai pu assister).
Laurent Garnier a livré un set techno, fidèle à son style, entre house minimaliste et trans progressive : des synthés, des nappes et des sons un peu kitch limite sirupeux. Mais le délire était plus dans le public que dans la musique. Une véritable cours des miracles s’était réunie pour faire ses adieux à un Grand de Paris. L’ambiance sur le dancefloor était donc à l’euphorie, à l’émotion. Comme pour le pot d’adieu d’un collègue qu’on aime bien. Une ambiance d’employés de bureaux qui se quittent après avoir plusieurs années ensemble. L’open bar de un quart d’heure toutes les heures à largement contribué à libérer la joie des uns et des autres.
Bref, c’était une soirée sympa. Un jeudi soir déguisé en samedi comme dirait le DJ du Baron. Une carrière de DJ résident qui s’achève par un live de 10h c’est une belle apothéose. Enfin, espérons qu’il s’agissait d’un coup de pub et qu’on retrouvera très bientôt Laurent Garnier au contrôle du son…

ASSOCIATIONS BOBOPHOBES

Posté il y a 3 années1 mois à 2:55. 0 commentaire

Les gays nous avaient habitué à leur bonne humeur. L’univers des homos c’est celui de la fête, les boîtes branchées, la techno, la gay pride. Mais, depuis quelques jours, la fête est finie. Les annulations de concert se suivent et se ressemblent. En cause les paroles homophobes des chansons de Sizzla, Buju Banton ou Capelton. Homophobie incontestable des rastas de la secte des Bobos. Il est vrai que les paroles de ces chanteurs sont parfois ultra violentes dans un registre comparable à celui du pire rap.
Cette radicalisation du message accompagne un rapprochement musical déjà largement opéré entre reggae et hip hop à travers le style dance hall. En gros c’est le son du ghetto. Punany, punany, lorsque les bobos parlent des femmes ça ne choque personne ou du moins c’est sans conséquence alors qu’ils dépassent là aussi largement les limites du respect.
C’est cette homophobie mais aussi la misogynie des textes de leurs chansons qui ont déjà détourné un large public du reggae. Un détournement qui n’a pas besoin de censure, qui se fonde sur la conscience personnelle.
Pourquoi ne pas dire un mot du reste des paroles de reggae (que personne ne comprend en France) qui prônent l’usage du cannabis, l’irrespect des femmes, la violence, la haine de la police, des blancs, la ferveur religieuse comme moyen de s’en sortir, etc.
Pourquoi Sizzla est-il condamné pour homophobie et par pour connerie tout simplement ?
Parce que le jour ou l’infraction « connerie » sera reconnu dans le code pénal, il faudra mettre tout le monde en taule.
J’espère au moins que les bons concerts de Reggae qui sont annulés seront remplacés par des mauvais concerts de Mylène Farmer ou d’Etienne Daho.
L’interdiction des concerts de reggae pour propos homophobes, sous la pression d’associations et donc en l’absence de décision de justice, constitue une atteinte grave à la liberté d’expression et au système de libertés publiques.
Conclusion : enculés de censeurs !

LORD QUASIMOTO

Posté il y a 3 années 2 mois à 9:13. 0 commentaire

Cet article est dédicacé à tous les fossoyeurs du hip hop. Tous ceux qui pensent que le rap a fait son temps et que le meilleur est derrière nous. Madlib aka Quasimoto remet les pendules à l’heure. Il reprend le flambeau et assure la relève en affirmant une fois de plus son style unique.
Producteur et rappeur, Lord Quasimoto est un artiste de génie dont le talent échappe naturellement à nombre de ses contemporains. Il appartient à la dernière génération du hip hop, celle qui a émergée à la fin des années 90. Depuis l’album de Lootpack qui l’a fait connaître en 1999, il pond en moyenne une bombe atomique chaque année. Retour sur les 5 premières années du millénaire, les années Madlib.
2000 : sortie de son premier album solo “The Unseen”, les samples se bousculent en désordre dans les morceaux, la voix du MC semble traverser quinze filtres avant d’arriver à nos oreilles, le ton est donné. 2001-2002 : Il participe à la production de moult albums ici et là et sort une compile de reggae reprenant des classiques de funk et de soul sur l’obscur label “Antidote”. 2003 : “Shades of Blue”, le label Blue Note reconnaît l’immense talent de notre homme et lui propose d’exploiter son prestigieux catalogue donnant ainsi naissance à 16 remix à sa façon. La même année Jaylib le groupe formé par Jay Dee et Madlib sort “Champion Sound”. 2004 : Madlib et MF Doom se rencontrent à leur tour pour former “Madvillain” et une fois de plus il apporte une grande bouffée d’oxygène aux amateurs de bon son. 2005, on y arrive enfin, Madlib redevient Quasimoto et livre “The Further Adventures of Lord Quas” le prochain disque que vous allez acheter si ce n’est pas déjà fait.
A contre courrant total de la vague de vulgarisation, de paupérisation R’n’B, à laquelle on participés les 50cent, Snoop, Outkast ou Neptunes, Madlib a tout simplement réinventé le hip hop à lui tout seul. Quasimoto mérite son titre de Lord, à l’ancienne. Son style unique est à la fois doux et trash, sensible et bourrin, fragile et corrosif, beau comme une coulure de Krylon. La vivacité incarnée, le jaillissement, la fulgurance, Otis Jackson Jr de son vrai nom est une source, un génie de la spontanéité.
PS : Il manque évidemment dans cette pseudo discographie d’innombrables références (albums, compiles, remix) et collaborations (Jurassic 5, Peanut Butter Wolf, Beastie Boys, The Alkaholiks, etc.)

KING CONGOPUNQ

Posté il y a 3 années 3 mois à 1:40. 0 commentaire

Voilà un concept neuf, musical, artistique, fait de bruits, de performances, de simagrées et de bonne humeur : le parfait sujet pour trofor.com. Qui se cache sous le nom de Congopunq ? Deux artistes sans limites bien sûr : Cyril Atef et Monsieur Cong.
Vous connaissez Cyril Atef sous un autre nom, celui de Bum, moitié percussive de Bumcello et accessoirement trofornaute de milieu de tableau. Il est sans doute le Punq du groupe puisqu’à n’en pas douter Monsieur Cong en est le Congo à lui tout seul. Monsieur Cong est un mystère de 2 mètres de haut pour un poids qui ne doit pas être loin du quintal. Pourvu d’une barbe digne de Skanderbeg, Monsieur Cong joue un rôle dans le groupe qui est pour le moins original. En effet il ne joue pas d’instrument et il ne chante pas. Vous me direz que de nombreux groupes font déjà appelle à des danseuses pour égayer la scène mais alors pour le coup : v’l’a la danseuse !
Pendant que Cyril transforme ses gargarismes en boucles techno-house et produit une musique à l’énergie communicative, Monsieur Cong fait son show, à sa manière. Tantôt immobile, tantôt en mouvement il est un musicien silencieux à part entière. Silencieux du moins lorsqu’il ne pousse pas des cris barbares entre deux mouvements de sabre. Parce que ce que je n’ai pas encore dit c’est que Monsieur Cong est armé. Il vient sur scène avec une batterie d’accésoires tels qu’un journal, une table, une peau de bête, une bobine de fil, un sabre turc sans oublier son indispensable boite de cassoulet froid qu’il propose au public de déguster avec lui dans la bonne humeur la plus loufoque.
Bref difficile de rendre compte d’un tel sommet de folie théâtrale, de barbarie musicale, de delirium tremens, en un mot puisqu’il existe désormais : de Congopunq.

RADIO RORO

Posté il y a 3 années 4 mois à 16:15. 0 commentaire

Le phénomène ne fait que commencer et déjà, les aficionados craquent, ne parlent plus que de ça et sentent poindre le manque. Après le clubbing, internet fait franchir une nouvelle étape à la branchitude de la hype connectée : le housing.
Le principe est le même : se divertir avec des gens en écoutant de la bonne musique mais la seule différence c’est que tout ça se passe sur internet, chacun de son côté. On ne sort plus de chez soi pour allez en boite, on se connecte directement au réseau et chaque appartement devient une boite autonome reliée aux autres par deux cordons électroniques : celui du son, diffusé en streaming live depuis la chambre du DJ et celui du chat, sur lequel les auditeurs tiennent le même genre de propos que sur un dancefloor. Ça drague, ça raconte sa journée, sa commente le son, ça balances des vannes, le tout sans avoir besoin de hurler pour couvrir la sono (il suffit de baisser le volume de son ordinateur).
L’instigateur d’une telle révolution, le mot est faible, n’est autre que Romain BNO, dj auquel trofor.com consacrait un article il y a quelques semaines à peine. D’où le titre de son show : Radio Roro. La diffusion n’est pas permanente et un mini blog permet de se tenir au courrant des dates et des horaires d’émissions. Le dancefloor est mort, vive le dancefloor. Internet, temple de la culture du futur, se nourrit du monde d’avant et laisse les internautes y interpréter le monde à venir. Prenons un exemple : avant de retrouver les autres, l’enjeu n’est plus de savoir comment on va se saper pour sortir mais quelle image va-t-on mettre en ligne pour illustrer son pseudo. Si ce qu’on aime faire c’est écouter du bon son en racontant des conneries, pourquoi ne pas importer cette pratique sur le web ?
Une fois de plus, la devise de trofor.com se concrétise : “Internet c’est comme la rue, tu y trouves ce que tu y apportes”, un peu comme une auberge espagnole en quelque sorte. Belle initiative de Romain donc qui apporte avec ses cyberpotes un peu de wachi wacha à une toile qui en manquait cruellement. A votre tour, faites péter !

DON LOU DONALDSON

Posté il y a 3 années 6 mois à 13:03. 0 commentaire

Lou Donaldson is the Don ! comme dirait KRS one. Monstre sacré du jazz, fer de lance du label Blue Note à la grande époque, Lou Donaldson est toujours là et bien là, il fait partie du gang et en est un parrain respecté.
En deux mot et trois morceaux, voici une présentation de cette star de l’underground : alto, saxophone, “Blues Walk”, “Alligator Boogaloo”, “Midnight Creeper”. Il donnait hier soir un concert au New Morning et du haut de ses 78 ans, il a tenu son rang de king. Avec l’âge, les musiciens de jazz se bonifient, ça ne fait aucun doute. Pour ce qui est du son je vous laisse vous procurer son entière discographie, ainsi que celle de Thelonious Monk, de Art Blakey et de Jimmy Smith dont il a été le saxophoniste. En plus de ses classiques, il a interprété quelques reprises bien senties comme “What A Wonderfull World” de Louis Armstrong, morceau d’une intensité exceptionnelle quand elle chanté par un vieillard, et deux morceaux de Charlie “The Bird” Parker a qui il voue manifestement une immense admiration.
Mais pour revenir un instant sur sa personnalité, il serait injuste de ne pas dire un mot de son excellent sens de l’humour. “No fusion, no confusion” pour ce puriste du jazz, il n’y a que le jazz qui vaille, “No Puff Daddy, no Heavy D” et même tenez-vous bien : “No Snoop Doggy Dog” ! Bien qu’il admette tout de même au sujet de Snoop qu’il lui envie une chose, une seule : les filles qui l’accompagnent. Sacré Loulou ! Et puis, toujours dans son approche bien traditionnelle du son, il a gratifié l’audience de deux morceaux de blues à se pisser dessus. Il chante. Et quand il chante le blues, il a le sourire aux lèvres et ne manque pas de verve. Il a réussi à taper sur George Bush et ses armes de destructions massives, mettant du même coup toute la salle dans sa poche.
Avec ses 80 balais, son costume noir bien coupé et sa fine moustache de mafioso, ses valises sous ses yeux et l’air crevé des jazzmen, il peut revendiquer fièrement le titre d’un des albums qui ont fait sa gloire : “Everything I Play Is Funky”. Lou let me tell you something : you will never die.

SA-RA CREATIVE PARTNERS

Posté il y a 3 années 8 mois à 13:35. 0 commentaire

Ils sont trois, trois producteurs venus des Etats-Unis sous l’identité énigmatique de Sa-Ra Créative Partners. Ils ont à ce jour sorti deux maxis et préparent un album pour le printemps 2005 “Synthesizers and Sex Toys” qui est déjà impatiemment attendu par ceux qui voient en eux les nouveaux prodiges du son.
Avec leurs touches d’avocats, Om’Mas, Taz et Arnold constituent un groupe d’un genre nouveau : une association de producteurs. Après le concept album, voici le concept band. Certains voient en eux les nouveaux Neptunes. Peut-être parce qu’ils ont un son unique qui les distingue de tous les autres. Plus vraisemblablement parce que eux aussi sont des producteurs de l’ombre, des hommes de studio qui décident de se mettre à jour en sortant les sons qu’ils ont longtemps fournis et fourbis pour les autres. Pour y voir plus clair, un peu d’histoire s’impose.
Taz Arnold, le californien de la bande, vient de South Central Los Angeles, producteur indépendant depuis la fin des années 90, il a entre autre accompagné Dr.Dre dans la production de son album « 2001 ». Om’Mas Keith, originaire de Queens new York, était, à 16 ans, l’élève de Jam Master Jay. Il a depuis participé à la production des albums de Mobb Deep et de Foxy Brown entre autre. Le troisième larron, Shafiq Husayn, producteur de Lord Finesse, de king Tee et de Ice-T a aussi réalisé des remix pour Prince. Ce sont des vieux de la vieille, à qui on ne la fait pas et ils maîtrisent la chaîne de production du début à la fin, des premiers accords de guitare ou de synthé à la rédaction des lyrics ou des contrats de distribution…
Sa-Ra la petite entreprise, balaye et dépoussière le paysage sonore outre-atlantique, en nous livrant une soul dopée aux hormones, une énergie funky digne des plus grands maîtres, (on les compare déjà à Sly et à Prince), et enfin, une approche futuristique et psychédélique qui rappelle les grandes heures de la Mothership Connection chère à notre grand père à tous : George Clinton.

AU REVOIR VIEUX BATARD

Posté il y a 3 années 9 mois à 9:59. 0 commentaire

Ol’Dirty Bastard a été foudroyé par la mort samedi dernier dans le studio où il enregistrait son prochain album à New York. La cause de sa mort violente liée à des problèmes de santé sera connue d’ici une semaine.
Le vieux bâtard crado, Russell Jones de son vrai nom, est un rappeur que tous les MC’s considèrent à juste titre comme extraordinaire, hors du commun. Il serait laborieux et peu intéressant de retracer ici toute la carrière de ce membre fondateur du Wu Tang Clan. Disons qu’il est une figure originale du rap, rabelaisienne, allumée, imprévisible. Ol’Dirty réussit à enfreindre des règles qui n’existent pas. Il se pose à sa façon sur le rythme et les mots dans sa bouche deviennent tous des insultes de joie. Le monde se mange cru. Il est de loin le plus déglingué, le plus j’m’en foutiste, le plus trashou, le plus véner, le plus jusqu’au boutiste de tous les rappeurs que la terre n’aie jamais porté. Fils spirituel d’un Flavor Flav, il a poussé le bouchon un peu plus loin que son aîné en ajoutant au style destroy sa touche personnelle : le delirium tremens.
ODB avait un style libre. Il était la radicalité incarnée, l’abus personnifié. Aucun adjectif ne peut vraiment décrire le phénomène. La seule façon de le comprendre passe par les oreilles. Alors à ceux qui le connaissaient comme aux autres je recommande l’écoute approfondie et régulière de son premier album solo “Return To The 36 Chambers“. Il a posé sur cette galette, comme sur les premiers morceaux du Wu Tang Clan, quelques-unes des rimes les plus puissantes jamais enregistrées sur microsillon.
Souhaitons que sa voix caverneuse et éraillée irritera encore nos oreilles pendant longtemps. Il était le roi des creuvards et à l’heure qu’il est il doit déjà être en train de fumer du crack au paradis. Off on a natural charge, bon voyage.