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Posté il y a 3 semaines 4 jours à 2:05. 0 commentaire

Le rap Français a toujours besoin d’un haut parleur, d’un représentant officiel. Il s’est trouvé un serviteur de choix dans la personne de Sefyu. Véner, sombre et talentueux, celui qui se présente comme le crouille, le sénégalo ruskov, mérite bien sa place de numéro un.
Trofor arrive bien en retard sur ce coup mais en même temps, il fallait vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un feu de paille mais bien d’un réel talent. Les années confirment donc la première impression laissée par l’album « Qui Suis-Je ?» paru en 2006. Le rappeur d’Aulnay-Sous-Bois dont la voix incendiaire incinère tous prétendant au titre vient de sortir un nouvel album le 12 mai dernier « Suis-je le gardien de mon frère ?». Bien que les titres de ses albums soient des questions, le mystère de Sefyu s’élude peu à peu et laisse apparaitre le nouveau porteur de flambeau. Le nouveau numéro un est là. Son album cartonne et il le mérite.
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Posté il y a 3 mois1 semaine à 2:38. 0 commentaire

Toujours dans la mouvance hyphy de la baie de San Francisco, the Yay Area, vous devez, si vous ne voulez pas mourir idiot, connaitre Rick Rock. Rien à voir avec Chris Rock, Kris Kross ou Rick Ross, bien que noir américain à tendance hip hop, Rick Rock c’est encore un autre trip.
On apprend sur la version anglaise de wikipedia que son vrai nom est Ricardo Thomas, ça, et quelques références discographiques mais pas grand chose d’autre. Le reste des écrits sur le lui n’en disent pas d’avantage, ils se contentent de le comparer à Dr.Dre, Timbaland, The Neptunes et Scott Storch. Le plus souvent, il est précisé qu’il a produit une grande partie des morceaux de E-40, ainsi que tous les morceaux de son groupe perso Federation et dans les bios les plus détaillées et les plus à jour, on apprend également qu’il a participé aux deux derniers albums de Snoop « Tha Blue Carpet Treatment » avec un bon sample de Digable Planets et « Ego Trippin ». Bref on comprend que ça doit être un bon mais nulle part il n’est expliqué pourquoi ni comment. Autant dire qu’aucun critique ne s’est encore penché sur son cas. Coup de bol, moi qui vais être le premier, je l’adore, je vais pouvoir l’encenser sans retenue.
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Posté il y a 3 mois1 semaine à 2:46. 0 commentaire

Yellowman, Toyan, Barrington Levy, Little John, Charlie Chaplin, Michigan and Smiley, autant de noms qui illuminent le Panthéon du rub a dub mais qui malheureusement n’évoquent rien chez le simple mortel, ignorant la substantifique moelle gargantuesque de l’existence.
Le rub a dub est une chance, c’est comme la foi. Ceux qui l’ont, ceux qui croient en la puissance du flow, à l’effet de ces phrases scandées, à l’énergie rythmique de l’intarissable logorrhée verbale qu’on appelle toast, ceux là, qui pour la plupart connaissent ceux-ci, ceux là sont chanceux, car ils détiennent un énorme kif, aux portes du cerveau et même jusqu’en son sein grâce au truchement névralgique de l’oreille ainsi qu’à celui d’autres organes sensoriels tous parfaitement réceptifs. Le rub a dub est une expérience totale, corporelle et englobante. C’est une attitude quasi méditative par rapport à la musique, une approche presque mystique qui implique l’adhésion de l’auditeur, son implication, sa croyance en la magie et aux rites.
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Posté il y a 3 mois 3 semaines à 3:33. 0 commentaire

Sur les conseils de DJ Sundae, une fois de plus, j’ai fait la récente découverte d’un nouveau label dont tous les albums sont, excusez du peu, distribués chez Colette, rien que ça, rue du Faubourg Saint Honoré, oui Madame, à côté du Ritz, oui Monsieur.Et pour cause, ce petit label indépendant New Yorkais qui n’a rien d’italien, donne dans le luxe, dans le raffinement, dans la sophistication, dans le glamour chic bref dans tout ce qui fait la tendance…
Mais il ne s’agit pas là d’une tendance temporaire, d’un effet de mode, d’une nouvelle frivolité qui durera deux mois. Dans deux mois, certes les albums d’Italians do it better ne seront plus en ventes dans les boutiques fashions, ils n’en resteront pas moins des excellents albums d’une musique, qui, comme toutes les bonnes, restera intemporelle.Allez, mettons le dans une case lui aussi : post-disco, electro-pop. C’est du New york undeground, de la blondiefication des esprits, du punk plein d’amour, de la BO de film X des années 70, de la dance pour jeunes vieux, etc.
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Posté il y a 3 mois 3 semaines à 3:29. 0 commentaire

C’est sous cet acronyme imprononçable que se cache un duo d’une fraîcheur à faire reprendre son clavier et à partager avec le plus grand nombre ce que certains n’hésitent pas à qualifier de sensation musicale de ce début d’année 2008.
On sait peu de choses sur eux mais le choc est trop grand pour les passer sous silence. Ils sont deux, Andrew Van Wyngarden et Ben Goldwasser, ils sont jeunes, 23 et 24 ans, ils sont Américains, voir même New-Yorkais et par dessous tout ils sont extrêmement doués. Ces deux musiciens qui se sont rencontrés voilà 4 ans à la fac forment le groupe MGMT qui se prononce différemment qu’il s’écrit à savoir Management. Ça vous rappelle peut-être Chick Chick Chick (qui s’écrit !!!) et la ressemblance ne s’arrête pas là. Tous comme Chick Chick Chick, Block Party, CSS ou the Rapture, MGMT est un groupe authentiquement post an deux mille. Même si leurs influences sont très nettes et que les références à Pink Floyd, Led Zeppelin ou David Bowie sont évidentes, ils produisent néanmoins une musique totalement neuve. Nourrie de synthétiseurs, de sampleurs, de société de consommation et d’overdose du spectacle médiatique permanent, le premier de leurs ingrédients semble pourtant une énergie débordante ou, comme dirait Bob Marley lui-même, une Positive Vibration yeah hé !
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Posté il y a 5 mois 2 semaines à 2:04. 2 commentaires

Mac Dre, si ce nom n’évoque rien pour vous, c’est sans doute que vous n’êtes pas très West Coast, que le dernier disque que vous avez achetez date de 1998 ou que tout simplement vous n’aimez pas le rap.
Mac Dre est un rappeur du Nord de la Californie, originaire de la banlieue de San Francisco, mort en 2004 dans une fusillade en voiture. Avant de disparaitre de la manière la plus hip hop qui soit, il aura donné naissance à un mouvement musical, de petite envergure mais tellement sympathique qu’une trace dans mes archives s’impose : le Hyphy. Prononcez Aïefaïe. Son mot d’ordre « soyez stupides », « agissez comme des cons ». De même que le mouvement psychédélique dans les années 60 était lié à l’introduction du LSD dans la culture américaine, le Hyphy fait un avec l’extasie. En californien, le fait d’être sous l’emprise de l’exta se dit Thizzle. Et précisément, l’hymne du Hyphy composé par Mac Dre se nomme la « Thizzle dance ».
Depuis la mort de Mac Dre, le mouvement a grandit, comme une nouvelle branche du Gangsta Rap faisant la part belle à l’inconscience, le j’m’en foutisme, l’apologie de la défonce, avec comme dénominateur commun à tous ces partisan : la joie. Parmi les grands morceaux de Hyphy, les pierres angulaires de ce courant musical, on peut citer les tubes de Mac Dre : « Feeling Myself », « Since’84 » ou encore « Rappers Island ». D’une manière générale tous les albums de Mac Dre sont des chefs d’œuvres. L’insouciance synthétique des claviers californiens, entre groove, calypso et sonnerie diatonique de vieux téléphones portables, le rap cru et joyeux d’une génération sans illusions ni espoirs, sans aspiration autre que de déconner à plein tube, tout ça est ma fois fort rafraichissant.
Comme on dit dans la Thizz nation : «Thizz is what it is », rien de plus. Un vrai son pour les retardés, pour tout ceux qui ont pris le parti de ne pas grandir, de ne pas devenir blasé, de s’émerveiller pour un rien, de continuer à apprécier les joies simples comme écouter du rap avec des oreilles d’enfant et un sourire de débile mental.
Posté il y a 1 année à 2:49. 0 commentaire

Y’a pas d’orthographe qui tienne, Redman c’est la déconstruction absolue, le chaos, le pur délire. En plus il nous offre ces jours-ci un petit kif particulièrement appréciable pour les anciens…
Yeah, l’homme de la célèbre phrase « Time for sum action » est de retour, à dire vrai il n’est jamais vraiment parti. Lui et son acolyte de toujours Erick Sermon aka The Green Eye Bandit nous ont habitué depuis bientôt 20 ans (débuts d’EPMD fin années 80) a un son de bourrin qui bourrine bien. Basé sur l’interprétation musicale des effets de la drogue, ils explorent la musique d’une manière à la fois singulière et stupéfiante. Une petite citation de Redman pour ne pas vous laisser en reste : « I smoke so much green I bleed guacamole ». A la pointe de la vanne, dans un esprit premier degré, provocateur et virulent, c’est clairement un griot d’Amérique avec ses compromis commerciaux et ses réussites underground.
Redman, le grossier personnage, la force brute, le rebelle en culotte courte, pose un jalon de plus dans sa discographie avec Red Gone Wild : une production de quarantenaire pas fatigué pour un sou. On y retrouve la célèbre intro utilisée par Dre dans The Chronic « This should be played at a high volume, preferably in a residential area ». C’est l’intro du morceau « Blow Treez » qui reprend un peu de tous les clichés du rap actuel dont le petit sample ragga à la Diamon Marley et la basse digitale combiné avec un son de hit hat de 4 kilobits façon crunk. Même Method Man dont personne n’ignore la fatigue et l’usure s’en sort sur ce morceau. Bref c’est que du bon.
Le hip hop va sur ses trente ans et les versions de « Soopaman Luva » vont en se bonifiant. Redman, bon comme du bon vin, vient de nous présenter son millésime 2007, ne pas le goûter serait pécher.
Posté il y a 1 année 8 mois à 22:53. 0 commentaire

Une découverte de temps en temps ça ne fait pas de mal. Marcos Valle est un musicien brésilien. Sans rien savoir de lui, le simple récit de son concert d’hier à la maroquinerie constitue un prétexte de choix pour vous le présenter.
Cheveux blancs et longs en pétard autour de sa tête folle, l’homme dirige sa formation au centre de la scène, entouré d’un Fender Rhodes 73 à caisson, d’un synthé, de sa guitare et d’un mélodica. Son nez d’alcoolique brille et sépare les deux billes vitreuses qui lui servent d’yeux. Le visage rempli de bonheur et de tranquillité, il enchaîne les morceaux tous plus tubesques les uns que les autres dans un univers insolite à la croisée de la Bossa Nova et de la House. Le rythme est speed et accélère parfois jusqu’à l’hystérie des batucadas à tel point qu’une citation hors contexte s’impose ici : Catch the beat !
Oui, de la house, du son dancefloor qui donne envie de se trémousser, de sautiller, d’entrer dans un état de marathonien du sur place et de s’oublier entièrement dans l’extatisme d’une danse pulsionnelle et par là même incontrôlable. Au commencement était la samba, emprunte de tambours africains et de rythmes yorubas. Puis vint le Jazz et sa digestion brésilienne qui donna naissance à la Bossa Nova. Aujourd’hui réconciliés dans la culture mondiale, les genres disparaissent, se mêlent. Reste une langue suave et douce qui, lorsqu’elle rencontre les conditions musicales propices, se métamorphose en un feulement primal, un ronronnement incantatoire.
Bref, Marcos Valle c’est la grande révélation du week-end. Une énergie pure, une bonne vieille efficacité des familles, le tout dans l’ambiance joviale et bon enfant du folklore brésilien. Un genre de easy listening world survitaminé : que du bon.
Posté il y a 2 années 2 mois à 22:40. 0 commentaire

Il en arrive de partout ! Des disques, des vinyles bien sûr puisque c’est dans ce matériaux que la musique à trouvé son support définitif, noble et digne. C’était la foire aux galettes, début avril au cœur de l’autre pays du fromage.
A Utrecht, les dealers de bons sons, marchands, DJ’s, collectionneurs et autres diggeurs, se donnent rendez-vous deux fois par an pour une grande bourse au disque. Une convention d’ampleur internationale. Une grosse centaine de stands, chacun pourvu de quelques milliers de vinyles, prennent place dans un lieu qui ressembla à un garage pour A380. La pochette de « Introducing » de DJ Shaddow semble représenter une petite échoppe comparée à l’immensité de cet océan de plastique et de poussière. Pour survivre, kleenex et lipstick s’avèrent indispensables.
Pendant trois jours, les hommes grattent. On est loin de la parité dans le monde disque où les femmes se font très rares. Ils grattent donc, avec leurs tronches septiques de clients des puces. C’est qu’il y en à des bacs à gratter, des cartons entiers de merdes dont personne ne veut plus depuis longtemps… Et puis, au hasard d’un bac de solde à un euro : la perle, le track, la tune, le somor, la boucle, the joint ! Le disque qui « pète tout » et qui donne au chineur la force nécessaire pour continuer à gratter.
Armés d’un petit pickup à piles et d’un sac à disque ou d’une valise, les vinyles-maniaques grouillent pendant trois jours, excités comme des fans, motivés par une quête sans fin, ils explorent, chacun à sa façon, l’immensité de la jungle phonographique. Ici, on parle plus de musique que de support mais force est de constater : la déforestation a bel et bien commencée.
Posté il y a 2 années 5 mois à 1:57. 0 commentaire

Parmi les courants musicaux récemment identifiés, les américains ont le “Dirty South”, nous nous avons beaucoup mieux : le “Crazy South”. Oubliez Atlanta et Miami, c’est à Montpellier et à Béziers que ça se passe.
C’est à Béziers que se trouve le studio-laboratoire “Infernale Machine” qui a rendu possible la réalisation d’un projet hors du commun : l’album “The Groove Of Satyre” (TGOS). Le sous-titre de cet œuvre est suffisamment explicite pour que vous saisissiez l’ampleur du phénomène : soundscape for deviants turntablists and producers. Renonçant à écrire de la musique sous sa forme traditionnelle, nos activistes ont mis au point un produit nouveau : la banque de sons sous forme vinylistique. Ayant pris acte de la façon dont on compose désormais la musique en y intégrant des sons venus de tous les horizons et de tous les supports, désireux de damer le pion à tous les fabricants d’émulateurs et autres synthétiseurs numériques qui restituent approximativement des sonorités à la mode, TGOS est à la fois une œuvre originale et un concept subversif.
Techniquement, l’album se présente sous la forme de deux faces “Random” et “Dialogue” qui explorent le potentiel de diverses machines à travers des collections de sons et d’effets. Ces machines sont les véritables interprètes de TGOS. On y retrouve leur âme, leur grain, leur envergure… Les sons ainsi produits ne s’intègrent pas dans des chansons ou dans des morceaux, ils existent par eux-mêmes. Leur puissance d’évocation est surprenante, on y reconnaît des textures, des vibrations qui nous sont familière. Dans un sens, aucune mélodie ne vient perturbé leur nature profonde, ils acquiert une forme d’autonomie musicale. Cet album de sons destinés à être digéré et restitué par son public est à la musique ce qu’un essai philosophique est à la littérature : il ne s’embarrasse pas de fictions ou d’éléments contextuels, il se focalise sur l’essence.
A l’opposé des conceptions consumériste de l’entertainment qui veut qu’une production culturelle soit divertissante et consommable par le plus grand nombre, TGOS se place sur le terrain de l’intelligence, de la réflexivité et de la connaissance des arts. Impossible de ne pas terminer cet article sans évoquer le très bon album du groupe Mass Influence datant de 2000 et dont le titre résume bien la démarche dont il est question ici : “The Underground Science”.