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Posté il y a 2 années 10 mois à 23:20. 0 commentaire
Il en va du succès comme de la fatalité. On n’est pas à l’abri d’une bonne surprise. Le hasard se mêle de tout, surtout de ce qui ne le regarde pas. Ainsi, la force des choses aidant, la normalité se fait de plus en plus originale. Le train-train du presque trentenaire, la monotonie des sanglots d’automne, l’abnégation des nabots arboricoles, la chute silencieuse des cheveux du devant, l’angoisse lancinante des tourments anodins, le classicisme épique des courses au Leader Price, la traversée téméraire de l’entrelacs métallique et bouillonnant de la marmelade automobile, le ressac des euros sur le roc, les éternels duels de moulins à vent au soleil, tout porte à croire que la vie n’est qu’une vaste partie d’auto-tamponneuses qui ne s’arrête jamais. Il y a de plus en plus de monde sur la piste. On évite les chocs, on se maintient. Ainsi, le propre du vivant c’est d’être partant. Impossible de traduire exactement l’expression “down for whatever” en français mais parmi ses nombreux sens, on pourrait dire être “partant pour n’importe quoi”. D’où l’idée de pousser les meubles, de monter le volume et de s’en refaire un petit. Juste fais la baby.
Posté il y a 3 années 5 mois à 13:02. 0 commentaire
Les jeux Olympiques à Paris je crois que c’est même pas la peine d’en parler tellement c’est stupide. On a pas besoin du CIO et de sa bande de corrompus pour se doper, on y arrive très bien sans eux. 3 milliards d’euros pour remplir les poches des gros industriels français c’est vraiment du foutage de gueule : ensemble, pissons sur la flamme olympique.
Non au référendum sur la constitution européenne pourquoi ? Parce qu’aussi bon soit le texte qu’on nous demande ratifier, aussi impératif soit le besoin pour l’Europe de se doter d’un texte unificateur et d’un cadre institutionnel, nous ne pouvons pas l’accepter. Nous ne pouvons pas dire oui à tout comme le voudraient nos dirigeants. Nous ne nous coucherons pas comme Jean-Marie Colombani au nom d’un « Nous sommes tous Européens » dont nous connaissons désormais les conséquences. Accepter ce texte c’est donner raisons à ceux qui sont pressés de bâillonner la planète au nom d’une démocratie molle et finalement totalitaire. L’intégration politique par l’économie oui mais pas à l’américaine. Nous avons d’autres projets pour l’avenir que constituer les Etats-Unis d’Europe. Si le oui l’emporte c’est ce qui arrivera vraisemblablement. Les pays d’Europe Orientale deviendront notre middle-west et la porte sera grande ouverte pour un Bush européen. Voter oui, c’est renoncer à toute emprise sur le monde, c’est accélérer le processus d’acculturation aujourd’hui à l’oeuvre partout sur la planète. Le non n’est pas une remise en cause de l’Europe mais un questionnement sur elle-même, une prise de recul, un acte de confiance et non de repli ou de peur. L’argument qui discrédite définitivement les partisans du oui consiste à mettre en avant le temps que ferait perdre une victoire du non : égoïsme absolu de ceux dont la conscience de l’histoire est si inexistante que la construction européenne n’a de sens à leur yeux que s’ils en sont les témoins.
Rome ne s’est pas faite en un jour.
Posté il y a 3 années 6 mois à 15:50. 0 commentaire
Le rap est mort. Voilà bien un propos de quadragénaire. Faut-il rappeler aux fossoyeurs du hip hop ce qui se disait dans les années 80 sur le rock ? C’est une constante dans l’histoire de la musique. Les hommes vieillissent, ils se rendent compte que pour eux c’est terminé alors ils enterrent avec eux tout ce qu’ils ont connu. C’est le syndrome du pharaon, du mythomane qui veut être enterré avec son trésor. C’est surtout du n’importe quoi. C’est pas parce que les rappeurs de la première heure font une demande de carte vermeille qu’un courant artistique va disparaître. Au contraire, ça fera de la place pour les jeunes. Alors que ceux qui n’y croient plus prêchent ce qu’ils veulent, la fin du monde si ça les chante et puis avant c’était le bon temps, ils n’empêcheront pas la nouvelle génération de s’emparer de leurs œuvres. Quand on entend la production rock du moment, on ne regrette ni les Beatles ni les Stones. Kool Shen ne manquera pas trop à ceux qui l’ont connu au top. En revanche, ceux qui vont le découvrir dans cinq ou dix ans, quand on l’aura bien oublié lui et sa clique, ceux là prendront la même claque qu’on a prise à l’époque. Et ils attraperont un micro, ils insulteront tout le monde et ça sera cool. Alors les blasés, si vous voulez raccrocher, raccrochez, moi je reste. D’ailleurs ne dit on pas que les meilleurs s’en vont toujours les premiers ?
Posté il y a 3 années 6 mois à 21:48. 0 commentaire

Après l’Hôpital Ephémère, après Mains d’oeuvre, le collectif Usines Ephémères s’empare d’un nouveau lieu hautement stratégique de la capitale : l’ancien Point P du quai de Valmy à Paris.
A quelques encablures du métro Stalingrad, les instigateurs de ce projet, activistes culturels confirmés, ont trouvé le lieu idéal. Parfait compromis entre Mains d’oeuvre et le Batofar, alliant le volume d’une friche industrielle - 1400 m2 - à la proximité apaisante de l’eau qui coule – le canal Saint Martin - cet ancien entrepôt dispose d’un avantage non négligeable sur ses prédécesseurs : une situation centrale dans la capitale. Enfin, il était temps.
Le Point Ephémère se veut un “centre de dynamiques artistiques”. Ses objectifs consistent à proposer au public un espace dédié à la création pour la musique, les arts visuels et la danse. En attendant les arts visuels et la danse, on peut déjà y aller pour voir et pour danser sur de la bonne musique ! Vendredi dernier c’est le posse Katapult qui a pris la maison en main pour notre plus grand plaisir. S’y sont produits ce soir là quelques unes des grosses pointures parisiennes : DJ Chloé, Krikor, Cabanne et Ark. De quoi pendre la crémaillère en beauté et laisser présager de belles teufs à venir.
Voilà, c’était la bonne nouvelle du jour. Mais n’oublions pas de rester attentif ensemble à ce que la programmation reste aussi qualitative que la situation géographique. Et espérons que pour une fois cette réussite ne sera pas trop éphémère.
Posté il y a 3 années 6 mois à 13:38. 0 commentaire
La théorie de l’agenda médiatique nous apprend que parler de qui que ce soit, même en mal, est favorable à sa notoriété et en fin de compte à son image. Alors ils sont nombreux les médias qui, à l’image de trofor.com, pratiquent la censure, ou devrais-je dire le politiquement correct, par omission. Si on n’aime pas on en parle pas et puis c’est tout. Ça permet une hypocrisie absolue. On reste irréprochable, inattaquable en ne faisant que passer de la pommade. Et on ne risque pas de faire de la pub malgré soi en descendant quelque chose ou quelqu’un. Mais la fâcheuse conséquence de cette politique c’est la perte totale d’esprit critique, la complaisance, la collaboration à ce système bien huilé. Alors pour une fois, parlons de ceux qui jouent ce jeu, parlons des pourris, des salops : TF1 et LCI pour les plus responsables mais aussi les petits, un peu plus minables, ceux qui se taisent juste, qui s’aplatissent : Le Monde, France Télévision, Radio France, et les autres… Que la presse soit muselée par le pognon, qu’elle collabore activement à la sauvegarde d’intérêts économiques mesquins, qu’elle étouffe la création contemporaine, qu’elle assujettisse les masses est une chose. Mais qu’elle le fasse au nom d’idéaux nobles c’est vraiment de l’enculade. Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil : non. Les connards sont là et c’est notre devoir de les niquer. Tous à vos stylos et à vos microphones. Faites du bruit !!!
Posté il y a 3 années 9 mois à 17:38. 0 commentaire
“Bon ok il est à 18 euros l’album, mais tu comprends moi je l’ai déjà entièrement en MP3 ton album alors 18 euros c’est cher…” Voilà le problème. Le problème c’est que ceux qui pourraient encore acheter des galettes parce que ça leur plait vraiment n’ont plus les moyens. Les petits labels préfèrent trouver des deals de distribution avec les maisons de disques plutôt que d’assurer leur propre distribution underground. L’underground n’achète plus, il télécharge. Alors les majors ont leur part de responsabilité mais les DJ qui mettent 75 euros dans un graveur de DVD ont aussi la leur. Et puis les DJ ne gagnent plus leur croûte comme avant. Avec l’inflation des prétendants au mix, les bars, les clubs rechignent à payer décemment les DJ. Ce que tu fais pour 300 euros, quelqu’un est prêt à le faire pour 30 voir pour la gloire. Une affiche de DJ ne fait plus bouger les foules. C’est ça aussi le retour du rock. C’est l’idée selon laquelle un sélecteur, un designer sonore n’est pas vraiment un artiste. Si la musique est un art mineur, alors DJ c’est un sacerdoce de mégalomane altruiste. Le DJ de l’an 2000 est à l’artiste ce que le joueur d’échec est au sportif de haut niveau. Voilà, il ne vous reste plus qu’à brancher la radio pour votre prochaine teufé.
Posté il y a 3 années 11 mois à 12:21. 0 commentaire
Où s’arrête et où commence le respect d’une œuvre ? Le respect de la volonté d’un artiste ? Le fait d’exploiter à titre posthume des inédits, des ébauches ou des morceaux ratés, de se servir des chutes de studio, est une pratique courante de nos jours qui se justifie par le droit qu’a le public de connaitre une œuvre reconnue comme représentant un intérêt culturel universel. Du moins c’est l’argument qu’utilisent ceux qui sont à l’origine de ce genre de commerce. En fait, il s’agit ni plus ni moins d’exploiter le « Back Catalogue » d’un artiste. C’est intéressant financièrement parce que ça permet d’utiliser la notoriété d’un artiste pour faire du chiffre, sans pour autant avoir à engager des frais de production. Mais au-delà de la commercialisation d’œuvres que l’artiste aurait préféré ne pas diffuser, cette pratique pose un autre problème. Celui du support, de la qualité du produit diffusé. Tous les films et tous les disques du 20ème siècle sont désormais disponibles en DVD ou en CD. C’est à dire que toutes ces œuvres sont diffusées sous une forme échantillonnée d’une qualité inférieure à celle du support d’origine, victime de la déperdition inhérente à la numérisation. Personne ne s’indigne. Personne ne s’inquiète de l’intégrité de l’œuvre. De ce que son auteur en aurait pensé. Ainsi, des générations entières croient redécouvrir les trésors d’un autre temps alors qu’on leur ressert un deuxième service affadi, aplani par des soit disant progrès technologiques mais surtout par soucis d’économie. Messieurs les producteurs, si vous prétendez aider les artistes, aidez-les vraiment en commençant par renoncer à la numérisation qui bien qu’économique ne sert pas la qualité d’une œuvre d’art. Vive la pellicule, vive l’argentique, vive le vinyle !
Posté il y a 4 années à 13:36. 0 commentaire
Rares sont les trofornautes à avoir vécu pendant les années 50. Pourtant, certains d’entre eux cultivent un goût prononcé pour la culture de cette époque. Musique, littérature, arts en général, les productions d’alors ont emmagasiné l’énergie de cet âge d’or. Beat génération, be-bop, rock’n’roll, nouveaux réalistes et pop art, tous ces courants artistiques sont nés pendant les années 50. Et ils n’en finissent pas de revenir. Mieux, ils n’ont jamais disparus. Et pour cause, le mode de vie qui leur a donné naissance est une constante de notre civilisation. Malgré tous les changements apparents, nous habitons toujours dans le même monde que celui de l’après guerre, notre modèle sociale reste inchangé. C’est celui qui, gouverné par la croissance économique, donne à chacun l’illusion de sa propre liberté à travers la consommation. On nous ressert donc ce qu’il y a à manger depuis cinquante ans. Il ne s’agit pas dans cet édito de faire le procès du monde ou de mettre le système économique en accusation mais simplement d’expliquer le pourquoi du non-renouvellementt de la création. Tant qu’on consommera de la liberté sous forme de confort et de divertissement, on sera toujours tenté de préférer l’original à la copie.
Posté il y a 4 années 4 mois à 21:22. 0 commentaire
Ceux qui connaissent la musique le savent bien, les dédicaces c’est un grand classique. Qu’elles soient radiodiffusées, sur un livret, sur le dos d’une pochette ou qu’elles fassent carrément l’objet d’un morceau, c’est toujours un véritable exercice de style. Dans le rap notamment, les dédicaces sont très importantes. Elles donnent le ton, permettent de faire passer un message sous une forme atypique, parfois communautaire, voir intimiste. Elles sont truffées de codes, de références et de private joke destinées à un happy few. C’est l’occasion de montrer les connivences et les connexions qui peuvent exister entre les uns et les autres. Omniprésentes dans le hip hop mais aussi largement représentées dans le reggae, la techno et tous les styles de musique en général, les dédicaces dotent l’homme moderne d’une culture spécifique : la culture de la dédicace. L’idée de Trofor.com c’est d’inventer un nouveau genre rédactionnel : le déditorial. Un mélange de dédicace et d’éditorial, une façon de dire que le contenu du site est dédié à tel ou tel groupe, à telle ou telle personne. Et si vous avez bien suivi depuis le début, vous aurez compris que dédicacer un contenu, c’est en créer un supplémentaire. Ce premier déditorial s’adresse donc très naturellement à tous les trofornautes qui jours après jours apportent leur click à l’édifice de leur site : Trofor.com.
Posté il y a 4 années 5 mois à 20:08. 0 commentaire
C’est le moment ! N’attendez plus et téléchargez tout ce que vous pouvez ! Pourquoi payer quand on peut partager ? Acheter un disque ou un DVD c’est comme faire un virement à la World Company. C’est absolument inutile. De toute façon, le jour où toutes les maisons de production seront sur la paille, les plus riches qui se feront chier - les plus riches se font nécessairement chier parce qu’ils consacrent très peu de temps, voir pas du tout, à la principale activité des gens normaux : faire entrer les sous - auront besoin d’art, de nouveauté et s’improviseront mécènes pour leur propre divertissement. Pourquoi croyez-vous que l’on crée une maison de production si ce n’est pour se divertir ? Sinon, autant être courtier en matière première ou agent immobilier. Au moins les mécènes ne formatent pas leurs artistes, ils payent sans attendre d’être payer en retour. Vendre une œuvre d’art est en soi une mauvaise idée. Soit une œuvre ne vaut rien, soit elle n’a pas de prix. Pourquoi un ticket de cinéma pour un mauvais film est il au même tarif que le ticket pour un bon film ? Pourquoi un disque vaudrait-il 1, 10, 100 ou 1000 euros ? Il n’y a aucune logique là-dedans. Un disque vaut le prix d’un disque vierge plus le temps qu’il faut pour le graver et c’est tout. Pourquoi ne pas faire payer des droits d’auteurs aux gens qui sifflent sous la douche ? La propriété artistique et intellectuelle est une vaste escroquerie qui dure depuis trop longtemps. Soyez citoyen, partagez tout ce que vous possédez. La copie est le mécanisme premier de l’apprentissage. Pour apprendre à écrire on copie des lettres dans un cahier, pour apprendre à jouer d’un instrument on joue les morceaux des autres, toute la pédagogie repose sur l’imitation. Interdire la copie c’est interdire la culture. Mort aux maquereaux du savoir, mort aux bourreaux de l’art qui veulent le rendre rare pour en tirer plus de profit. Le peuple n’est certes pas dans la rue, mais il a déjà pris possession du plus vaste réseau du monde. Fuck You Picsou.