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Posté il y a 6 années 10 mois à 19:02. 0 commentaire

L’institut français d’architecture, l’IFA, dévoile depuis quelques jours le futur de la zone Masséna à Paris, l’avenir du 13 puisqu’il s’agit de cet arrondissement, une exposition intitulée : Une université en chantier - Paris 13eme. Au delà des panneaux présentant les différents projets dont notamment le lauréat, on peut aller voir l’excellent travail photographique de Josef Koudelka et d’Aymeric Fouquez.
Il se trouve que ce dernier, récemment promu photographe dans l’agence Archi presse, est également étudiant à l’école de photo d’Arles et proche des cercles les plus poucards de la région. Il était présent pendant les dernières rencontres européennes de la photo, où il exposait déjà au niveau du dance floor de la Caza de Luz un travail remarquable portant sur les espaces vides. Ses clichés atteignent des proportions dignes des grandes expos institutionnelles de photo et les espaces vides qui manifestement l’attirent et on le comprend, prennent toute leur envergure. Allez plonger votre nez dans la chaleur picturale de ce qui pourrait être aux prémisses d’une nouvelle conception de l’art et de sa relation à la mort : le remplissage. Et on peut dire que le regard rempli littéralement les espaces qu’Aymeric photographie tant il donne à voir.
Bien sûr, après avoir insisté sur cette révélation photographique, il ne faut pas oublier qu’elle à lieu à la faveur d’une manifestation essentiellement architecturale, d’où le lieu, et qui concerne comme vous l’avez saisi plus haut, la future université Paris 7 – Denis Diderot. Tous les projets sont visibles, signés et richement documentés. On y découvre les moulins dans tous leurs états et d’une manière générale, ce que le quartier deviendra ou aurait pu devenir. J’en profite pour signaler à tous les trofornautes de passage à Paris qu’une nouvelle avenue vient d’ouvrir (c’est pas tous les jours) elle s’appelle l’avenue de France, rien que ça, et elle relie le métro aérien Quai de la gare à la nouvelle station de métro François Mitterrand. Elle passe au-dessus des voies ferrées de la gare d’Austerlitz et autant dire qu’elle n’attend que vous.
Pour finir, l’adresse de l’IFA et quelques renseignements pratiques.
IFA, 6 rue de Tournon dans le 6ème, ouvert du mardi au dimanche : 12h30/19h00.
Exposition du 1er mars au 26 mai 2002.
Posté il y a 6 années 10 mois à 4:57. 0 commentaire

C’est autour de Gilles Deleuze que la Galerie du Jour Agnès B propose à ses visiteurs de venir se réunir pour ne pas dire de venir se recueillir tant la figure du philosophe disparu semble être de facto canonisée par le temps.
Deleuze en deux dates c’est 1925 (naissance), 1995 (mort). Mais ce n’est ni le lieu ni le moment d’entrer dans une biographie détaillée du personnage qu’il est sage de laisser aux philosophes sérieux et non aux futiles amateurs d’art que nous sommes. Pour nous, Deleuze est simplement une lumière obscure parvenue jusqu’à nous pour éclaircir le mystère des choses en général et de la création en particulier. Grâce à divers documents vidéo, dont l’Abécédaire est certainement le plus connu, Deleuze est un penseur accessible aux érudits illettrés et autres fils du vice des années 90 dont toute forme de connaissance des idées passe essentiellement par l’oralité ; à savoir, la parole et la musique. Et la parole de Deleuze est une véritable musique qui drive les concepts et les références culturelles avec plus d’aisance qu’un champion de Wipe Out.
A force de concentration forcenée, le sage se laisse suivre (parfois de loin) dans le cheminement chaotique de sa pensée tortueuse, passionnante.
Le fait est qu’en ce moment même et jusqu’au 2 Mars 2002 les cours de cinéma de Gilles Deleuze dispensés en 1984 à l’université de Saint-Denis Paris VIII ainsi qu’une conférence intitulée « Qu’est-ce que l’acte de création » donnée en 1987 à la FEMIS sont visibles au 44 de la rue Quincampoix dans le 4ème à Paris. Ces documents édifiants méritent largement de retenir votre attention et de conduire vos pas une fois de plus à la Galerie du Jour.
Et s’il faut écouter le vieillard pendant 45 minutes et batailler avec tous ses neurones pendant le même temps pour en arriver à : « créer c’est résister » ; Ça en vaut peut-être la peine qu’est-ce que vous en pensez ?
Posté il y a 6 années 11 mois à 18:44. 0 commentaire

C’est l’événement incontournable de ce début d’année 2002 : l’ouverture au public du « nouveau » Palais de Tokyo. Pendant une semaine, ce lieu désormais consacré à l’art plastique et à la création contemporaine, a ouvert ses portes gratuitement à une foule de Parisiens curieux et bien souvent sceptiques.
Il faut dire que la rumeur allait bon train au sujet de ce nouveau Musée. Et c’est avec un empressement, pour ne pas dire une impatience, quasi incontrôlé que les forces vives de la scène artistico-mondaine de la capitale se sont précipitées là-bas histoire peut-être d’être les premiers à mettre le pied dans la grotte, il paraît que ça porte bonheur. Bref, un véritable concours de hype pour cet endroit déjà tendance avant même d’avoir fait ses preuves. Et comme pour tous les évènements trop attendus, la déception était au rendez-vous pour certains. Mais au-delà de l’effet d’annonce et de l’épiphénomène de sur-fréquentation temporaire, il reste un Musée qui ne veut pas en être un et qui mérite sa chronique.
Pour Trofor.com, le Palais de Tokyo est une promesse plus qu’une prouesse. Le sentiment de vide ressenti par de nombreux visiteurs s’explique. Il y a pour le moment relativement peu d’œuvres exposées. Le concept est tellement présent qu’il en occulte la matière. Jusqu’alors, seuls quelques peintres avaient osé ce qu’ont fait les responsables de ce Musée : l’arnaque à l’art contemporain. Minimalisme, concept, installation et performance font d’un échafaudage de chantier la plus belle sculpture contemporaine. Ce Musée qui prétend que l’art est partout en apporte la preuve car on a bien l’impression en en sortant que l’on a rien vu.
Mais ne crachons pas dans la soupe (même si c’est déjà fait), ce genre de lieu qu’on imagine à Berlin ou ailleurs sera certainement comme une bouffée d’oxygène pour Paris, asphyxiée par le classicisme de ses Musées vraiment trop « normaux ». Un peu de délire donc et de bordel sont les bienvenues. En guise de conclusion, cette formule dont je suis assez fier :
On sort du Palais de Tokyo comme on y entre, plein d’espoir.
Ouvert au public de midi à minuit tous les jours sauf le lundi. Palais de Tokyo, 13, avenue du Président-Wilson, Paris-16e (01-47-23-54-01).
Posté il y a 6 années 11 mois à 21:23. 0 commentaire
Où en est la peinture mondiale en ce début de millénaire ? C’est à cette question que vient partiellement répondre l’expo qui a lieu en ce moment et jusqu’au 3 mars 2002 au Musée d’Art Moderne ( MAM ) de la Ville de Paris.
La peinture qui est certainement un des arts les plus anciens est comme le théâtre. Il y aura toujours des personnes pour le pratiquer et le faire évoluer en temps réel. Comme la musique, la peinture réagit directement aux évolutions sociales et politiques. Et les techniques continuent elles aussi à évoluer, même si peindre peut paraître archaïque aujourd’hui. La peinture conserve une force ultra violente due, entre autre, à ce qu’elle a de commun avec le Jazz, une certaine pauvreté, un certain dépouillement de moyen qui sert sa brutalité.
Urgent Painting c’est le nom de cette expo du MAM si difficile à décrire. Difficile parce que c’est comme un panorama. Des artistes d’un peu partout sur la planète, surtout des Européens, apportent des éléments de réponse à la question « J’aimerais bien savoir ce que ça donne la peinture aujourd’hui ? ». A voir absolument, le diptyque d’un polonais dont j’ai oublié le patronyme, représentant des scènes assez trash de films ambiance série B américaine avec les bandes noires horizontales si caractéristiques des films en cinémascope. Mais il y a plein d’autres choses et comme vous pouvez l’imaginer c’est assez visuel.
C’est demi-tarif pour les chômeurs, et c’est juste à côté du Palais de Tokyo qui vient de réouvrir. Une double bonne raison de se rendre dans ce coin franchement poucard de Paris, Iéna.
Posté il y a 7 années à 17:22. 0 commentaire

Pour bien commencer l’année 2002, allez donc profiter de l’expo que propose actuellement et jusqu’au 24 février la fondation cartier pour l’Art Contemporain. Ça c’est du ghetto riche underground !
Si vous ne connaissez pas le lieu, sur le Boulevard Raspail à proximité de la place Denfert Rochereau, le déplacement en vaut déjà la chandelle, rien que pour le bâtiment qui pète vraiment. L’événement qui se déroule là-bas en ce moment est purement photographique et vous fera découvrir l’Américain William Eggleston considéré comme un pionnier de la photo couleur et un maître du petit boîtier. Effectivement, ça cartonne.
Certainement un grand technicien cet Eggleston avec ses techniques perso de genre dye-transfer et autres traitements de la couleur… Il n’y a pas vraiment d’autre fil conducteur dans ses clichés que l’art de photographier et de tirer. Son environnement nous apparaît avec la fraîcheur du technicolor ! Et le voyage graphique et esthétique dure tout au long du parcours des quelques 250 photos accrochées.
Cette expo bénéficie du label de qualité Trofor. Allez-y et n’hésitez pas à commenter cet article pour partager vos réactions, c’est le côté interactif de la chose.
Posté il y a 7 années 2 mois à 20:02. 0 commentaire

Inconnue du grand public, cette artiste Sud Africaine vivant en Hollande mérite largement que vous jetiez un œil si ce n’est deux à son travail actuellement exposé à Beaubourg.
Occupant la galerie d’art graphique du Centre Georges Pompidou jusqu’à Noël, elle risque d’avoir l’effet d’une révélation pour certains. Elle peint les corps, les situations avec une technique et un talent qui lui sont manifestement bien propre. La plupart de ses dessins ou tableaux sont fait à l’encre de Chine, et le noir et blanc revient souvent dans ses compositions dont le réalisme est au final saisissant.
Quelques infos purement factuelles : Marlène est née en 1953 à Cape Town en Afrique du Sud. Elle est arrivée en Hollande en 1976 et c’est à cette période que commence sa production. Il est étonnant de voir à quel point ses travaux sont récents et pourtant dénués de tout lien avec l’univers classique de l’art contemporain à savoir les thèmes de la consommation, des média et de la marchandise.
Mais il est tellement difficile de parler de peinture que j’ai envie de vous envoyer directement là-bas vous faire votre propre idée, mettre votre tête face aux siennes.
Posté il y a 7 années 3 mois à 14:33. 0 commentaire

Du beau mais pas du facile, pour une fois depuis bientôt un an, Beaubourg offre à voir une expo exigeante, pointue. Jean Dubuffet en est le sujet et il est accessoirement celui que l’on surnomme en France le Pape de l’art brut.
Tout a déjà été dit et écrit au sujet de cet artiste singulier. Les critiques formulés à son encontre sont autant de bonnes raisons d’aller se faire sa propre idée. Une chose est sûre c’est que Dubuffet est un chercheur. Il explore les possibilités des arts plastiques en toute indépendance, loin des façons de faire traditionnelles. En regardant ses toiles et ses volumes il se dégage une certaine forme d’intelligence, de cohérence artistique. Il suscite le goût, plait ou déplait mais ne laisse pas indifférent.
D’un point de vue purement descriptif, Trofor.com se doit de vous éclairer sur la notion d’Hourloupe dont Dubuffet est le créateur et qui représente peut-être la partie la plus originale du travail de l’artiste. En utilisant des couleurs simples (bleu, blanc, rouge et noir) l’artiste dessine des formes parcellaires comme des plaques, des morceaux de matières qui sont autant de fragments de mémoire et qui constituent les particules élémentaires de ses tableaux. C’est une sorte d’aboutissement de son travail sur la matière.
Dubuffet est un philosophe de l’art brut qui développe ses propres systèmes et qui mérite qu’on s’y intéresse. C’est une bonne occasion de le faire vu le nombre de pièces exposées, vous avez jusqu’au 31 décembre.
Posté il y a 7 années 3 mois à 19:03. 0 commentaire

Enfin, l’événement photographique de la rentrée que tout le monde attendait est arrivé. L’écrivain photographe Denis Roche expose des photos pris au cours des trente dernières années sous le titre : “Les preuves du temps”.
Capitale finesse dans le titre de l’expo qui suggère une confusion entre le mot et l’image. D’entrée le thème principal est donné, c’est une réflexion sur le temps, sur la condition humaine et la condition de photographe, sur le langage photographique et son analogie avec le langage poétique, notamment dans sa construction. Ce qui frappe le plus dans les photos en noir et blanc de Denis Roche, c’est la position du photographe d’où se dégage une sincérité poétique aux confins du génie et de la mégalomanie. Denis Roche apparaît dans son travail comme un véritable écrivain visuel, mettant en scène ce que la vie met face au poète : lui-même, son ombre, ses reflets, ses songes et ses proches.
Dans une vitrine présentant les ouvrages littéraires du photographe, on découvre un livre intitulé : Légendes de Denis Roche. Il est à la fois l’observateur et l’observé, le sujet et l’objet, le subjectif et l’objectif photo cela va sans dire. La juxtaposition de clichés représentants les mêmes scènes, prises de la même manière mais à des époques différentes ressemble à ces phrases qu’on réécrit sans s’en rendre compte. Comme si le mythe que chacun garde en lui était à l’épreuve du temps comme les images.
L’expo qui se déroule actuellement et jusqu’au 4 novembre à la Maison Européenne de la Photographie est une démonstration probante de la thèse de l’auteur et en tout cas une stimulante ballade visuelle pour tous ceux que l’acte de photographier intéresse et interroge.
Posté il y a 7 années 5 mois à 3:47. 0 commentaire

Beaubourg encore et toujours ! Jusqu’au 3 septembre, le centre d’art contemporain le plus central de la capitale propose une rétrospective de l’œuvre inachevée de Raymond Hains.
Si son nom vous est étranger c’est peut-être que vous n’êtes pas familier des Nouveaux Réalistes, courrant auquel il a été longtemps associé. Artiste très conceptuel, son œuvre dialogue avec la ville et joue avec les mots. Précurseur du graffiti, il a une vraie démarche expérimentale. C’est un rusé pour qui les lapalissades du langage et les palissades des chantiers ont des choses a se dirent…
C’est frais, imaginatif, coloré et extrêmement moderne. C’est une vraie leçon d’humilité pour tous les jeunes qui croient révolutionner le monde de l’art en faisant le quart de la moitié de ce qu’un tel génie est capable de faire en une après-midi. Je m’emballe un peu mais c’est pour mieux vous inciter à vous y rendre.
Honnêtement, si vous avez un peu de sensibilité et un sens de l’humour bien urbain, je vous garantie que vous lâcherez au moins un sourire en faisant le tour de cette expo. Et, cerise sur le gâteau : papy (il est quand même né en 1926) fait du web ! Suivez les liens…
Posté il y a 7 années 6 mois à 14:55. 0 commentaire

Non ceci n’est pas un article sur les régiments d’infanterie parachutés, les RIP sont les Rencontres Internationales de la Photographie et comme chaque année, cette manifestation a lieu en Arles.
Le thème de cette édition était « l’anonyme ». N’ayant été que 24 heures sur place, j’ai été au pas de course et emmené par un guide savant, lui-même élève à l’école de photographie d’Arles, visiter les incontournables. On retiendra un nom parmi tous : Garry Winogrand. Ce Street Photographer est à l’image de ses clichés : mythique. Contrairement à un Cartier Bresson, il n’est pas un adepte de « l’instant décisif », bien au contraire. Ses photos surprennent leur sujet tout autant que leur spectateur. Mention spéciale donc pour ce photographe américain du siècle dernier dont le talent est tout bonnement éblouissant.
A voir aussi : « Villes Génériques » de Stéphane Couturier qui présente des façades d’immeubles anonymes et « Remake Berlin » réunissant plusieurs photographes et présentant un travail original et pertinent made in Germany.
Mais mon coup de cœur va sans hésitation à l’accrochage de la Casa Del Luz. On y trouve les travaux d’Aymeric sur les espaces en cours d’aménagement, de Florence qui photographie les œufs et beaucoup d’autres choses avec brio, de Johan qui propose des friandises visuelles avec ses petits formats carrés, d’Olivier (alias Zitoune) qui par un jeu d’habile cadrage transforme le bas côté de la route en un spectacle graphique de toute beauté et enfin de Vanessa, Thomas (alias Dader) et Laurent (alias Sundae) qui déstructurent les images autant que les idées de ceux qui regardent, au programme : photomontages, subversion, vidéos, break beat, diapositives, records mondiaux et aménagement de l’espace…
C’est par une soirée au même endroit, la Casa Del Luz, que s’est clôturé en apothéose le festival. Le désormais célèbre collectif de créateurs Electrik 2600 ( Sundae, Dader, Nanomaître, Kde, Electrozit, etc…) y organisait une soirée spéciale qui s’est évidemment transformée en orgie et qui a pris fin avec l’arrivée de la police vers 4-5h du matin.
Le festival s’est achevé hier dimanche mais les expos continuent et seront visibles jusqu’au19 août.