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Posté il y a 4 années 5 mois à 19:41. 0 commentaire

Il fait parti de ces peintres qui font de l’Espagne le pays de la couleur, Joan Miro, le concepteur, le peintre génial est une fois de plus à l’honneur pour ce printemps 2004 au centre Georges Pompidou à Paris.
Explorateur et architecte pictural dans l’âme, son style si caractéristique ne s’est pas fait en un jour même s’il était là, comme permet de le découvrir l’exposition, dès les premières créations de l’artiste. On découvre le “early” Miro, celui du début des années 1920. On comprend, en regardant sa production, à la fois l’influence et le recul que les débats des intellectuels et les tableaux des autres peintres de l’époque suscitent en lui. Comment ne pas succomber à un Miro rebelle qui déclare lui-même vouloir tuer l’art ? Paradoxe d’une originalité évocatrice.
Miro se place en amont. Il dessine et il peint ce qu’il y a sous les choses, avant les choses. C’est un peintre de l’infra structure, du minimal, de la graine. Il joue avec l’équilibre de ses compositions comme les frères Fratellini sous leur chapiteau. Le titre de l’accrochage “1917-1934 La naissance du monde” souligne le lien quasi ombilical qui relie les toiles de Miro à une sorte de quête mystique. Cette volonté de retour aux origines, non pas dans le ventre dans sa mère mais plutôt dans ce qu’il y avait avant.
Les entrailles du génie sont sorties, il a les tripes à l’air, une occasion qui ne se présente ma fois pas si souvent et qu’il serait fâcheux de rater. Du 3 mars au 28 juin à Beaubourg, ne laissez pas une giboulée vous en priver.
Posté il y a 4 années 6 mois à 0:27. 0 commentaire

Chéri Samba est un peintre africain dont les tableaux sont irradiants de beauté. Une sélection de ses œuvres est actuellement visible à la Fondation Cartier à Paris, l’occasion de découvrir un artiste doué et joyeux dont l’énergie s’avère communicative.
L’idéal est sans doute d’y aller le plus vite possible, pendant que nous sommes encore en hiver et que Paris est gris, froid et morne. Le contraste n’en sera que plus saisissant. Ça ressemble à une banalité mais elle se justifie : les toiles de Chéri sont pleines de soleil. La lumière que dégagent les couleurs se marient à la netteté du trait et ne sont pas sans évoquer quelques peintures des naïfs haïtiens. Pourtant, comme en atteste un tableau sur ses origines, Chéri est bien Congolais.
Ce qui le distingue de tous les autres peintres du monde c’est la griffe sambaïenne. Elle consiste dans le fait que toutes ses toiles contiennent du texte. D’après ses propres dires, ce procédé lui est venu un jour où il constatait que les gens ne s’arrêtaient pas assez longtemps devant ses tableaux. Il décida d’écrire pour retenir l’attention et depuis c’est devenu systématique. C’est ça sa griffe. Au final, chaque tableau raconte une double histoire. Celle du dessin, des formes et des couleurs, et puis celle du texte qui se décline en commentaires, titres, légendes, explications ou tout autre message.
Proche des univers de la BD et de la pub, les tableaux de Chéri Samba sont d’une fraîcheur vivifiante et percutante. Les contempler est un bonheur et je ne saurais que trop vous inciter à aller découvrir jusqu’au 2 mai 2004 l’ambassadeur le plus funky du Congo : Samba wa Mbimba N’zingo Nuni Ndo Mbasi alias Chéri Samba.
Posté il y a 4 années 8 mois à 11:02. 0 commentaire

Lézard graphique, Cyprien Chabert est dans une galerie comme dans son potager et c’est sur le ton du botaniste et avec la ferveur du jardinier qu’il parle de ses tableaux. Artiste peintre et graveur, il utilise sa technique pour créer des images intemporelles qui semblent tout droit sorties d’atlas moyenâgeux ou de grimoires enchantés.
Ce goût pour les vieilles recettes, Cyprien le doit sans doute à sa formation. Issu de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, il n’allait tout de même pas bouder son plaisir et sa curiosité alors que d’immenses ateliers richement équipés s’offraient à lui. Il aurait pu faire le puriste, l’aventurier et renoncer à l’aspect scolaire de l’apprentissage minutieux des techniques. Mais, pour notre plus grand bonheur, il a fait le bon choix et s’est livré au studieux exercice façon compagnon du devoir. Résultat : de disciple il est en passe de devenir maître. Son savoir-faire, il l’utilise pour pratiquer ce qu’on pourrait appeler du vintage pictural : ses gravures sont comme des jeans délavés, des fringues d’occasion, comme de vieilles enluminures qu’ont aurait décidé de ressusciter et de remettre au goût du jour.
S’il fallait trouver un fil rouge au travail de Cyprien, ce serait un fil vert : les plantes. En effet, le règne végétal est au centre de ses productions. Les végétaux incarnent la manifestation la plus rudimentaire de la vie, sa forme la plus dépouillée, la plus ancienne et à bien des égards la plus fascinante. Source intarissable d’inspiration chez les artistes de tous poils, les plantes font ici l’objet d’un traitement bien particulier. Car Cyprien se sert, pour les représenter, de techniques de gravure ou de dessin extrêmement sophistiquées. Il n’hésite pas à immerger la végétation dans un contexte fantasmagorique voir futuriste où elle s’intègre avec une évidence qui laisse baba.
Imagination et technicité sont les deux mamelles du talent de Cyprien Chabert à qui est promis un bel avenir dans le monde de l’art. Preuve en est son prochain projet : la décoration d’un restaurant à Miami. Et oui, cerise sur le gâteau, il aime peindre sur les murs et ça, c’est trofor.
Posté il y a 4 années 10 mois à 20:13. 0 commentaire

Usine à rêves, Beaubourg fait partie de ces Musées capables de créer des phénomènes de masse. Temple de la culture, le centre Pompidou est à l’art ce que les grandes surfaces sont à la consommation : un univers fait d’arguments plus quantitatifs que qualitatifs qui ouvrent la voie à toujours plus de merchandising et de mythification.
Mais pourquoi tant de haine ? Bien heureusement l’exposition dont il est question ici,<i> Jean Cocteau, sur le fil du siècle</i>, mérite plus d’éloges que de critiques. Un nombre considérable d’œuvres (900 pièces) retrace l’histoire de l’art du siècle passé à travers le fabuleux destin de Cocteau. Du Cabaret Voltaire aux nuits chaudes de Manhattan, des surréalistes aux nouveaux réalistes, pas un courant n’échappe à la figure de Jean. Un effort tout particulier a été fourni par les organisateurs de l’exposition pour faire partager la grande diversité des supports utilisés par l’artiste : les textes, les dessins, les croquis, les photos, les films mais aussi les costumes, les sculptures, les installations, etc.
La scénographie de cette exposition stupéfiante consacrée à l’illustre toxicomane est sombre, calfeutrée et confinée. Elle rappelle l’ambiance pesante des fumeries d’opium ou les rêves accompagnent la fuite du temps et finissent par s’évanouir en impalpables volutes. On reste plus fasciné par la vie de l’artiste et par ses fréquentations que par son oeuvre à proprement parlé. Cette dernière semble inaccessible parce que trop personnelle, elle fait un peu l’effet de la lecture d’un journal intime. Et elle est aussi diluée et occultée par celle de ses pairs qui le prennent comme sujet. Le Cocteau devient un exercice de style auquel tous se livrent.
Dans les sérigraphies de Warhol, Cocteau est rabaissé au rang d’une Marilyne Monroe ou d’une Liz Taylor. Véritable icône, Cocteau tel qu’il est présenté ici est une authentique star, un pur produit. Alors vous aussi, allez à Beaubourg parce que vous le valez bien, en plus, en ce moment le 20ème siècle est en promo : une pléiade d’artistes pour le prix d’un !
Posté il y a 4 années 10 mois à 23:39. 0 commentaire

Il y a 150 ans Vincent Van Gogh ouvrait ses yeux sur le monde pour la première fois. Il en a depuis fait bon usage et, c’est ce que montre l’exposition <i>Gogh Modern</i> actuellement visible au Van Gogh Museum d’Amsterdam, marqué profondément le monde de l’art jusqu’à aujourd’hui.
L’idée de l’exposition Gogh Modern est la suivante : à l’occasion de ce 150éme anniversaire, les toiles du maître rencontrent celles de ses émules les plus contemporains dans un mélange organisé autours de thèmes tels que la couleur, l’Homme ou la nature. Des œuvres plus récentes donc qui sont une synthèse de l’emprunte laissé par le génie et notamment auprès d’artistes encore vivants comme Marlene Dumas dont on ne peut se lasser d’admirer l’extraordinaire talent. Mais ont trouve à ses côtés des toiles de Bacon, Warhol et Dubuffet qui donnent-elles aussi un peu d’air frais à l’institution poussiéreuse qu’incarne Outre-Flandres le peintre psychotique d’Auvers sur Oise.
Cette exposition qui s’achève le 12 octobre vous risquez de ne pas la voir car cet article est un peu tardif mais qu’à cela ne tienne, vous en verrez une autre car le déplacement en vaut véritablement la chandelle. Ne serait-ce que pour le lieu lui-même. Depuis 1999, le Van Gogh Museum d’Amsterdam a entamé une nouvelle vie avec son agrandissement signé Kisho Kurokawa qui dote l’ancienne structure du Musée d’une nouvelle aile et contribue un peu plus à faire de l’ensemble un édifice patchwork, une curiosité, vitrine assagie du dynamisme créatif et de la vivacité délirante de l’art architectural néerlandais.
On notera pour finir que les oeuvres contemporaines présentées dans l’exposition Gogh Modern viennent pour la plupart du Stedelijk Museum d’Amsterdam qui n’est autre que le Musée d’Art Moderne de la ville et qu’un petit tour par là-bas ne doit pas être mal non plus.
Posté il y a 4 années 11 mois à 15:46. 0 commentaire

Basquiat, Basquiat, Basquiat, ça fait dix ans que nos oreilles résonnent de ce nom incontournable, dix ans qu’il est la référence et qu’il truffe l’actualité artistique, du pop art au graffiti, du hip hop aux revival des années 80, il est de tous les come-back. Et c’est de son pseudonyme de tagueur, SAMO, qu’un a priori nous hante tous à l’idée d’une nouvelle expo : Same Old Shit.
Lassé, blasé, convaincu de ne plus pouvoir être surpris par Jean-Michel après avoir longuement regardé des reproductions de ses œuvres dans les livres d’art, une ou deux toiles originales à Beaubourg, le film lui étant consacré (cf. article sur Downtown 81) et son mythique morceau de rap Rammelzee vs K-Rob, la perspective d’aller voir une expo au Musée Maillol avait un arrière goût de soupe froide, de réchauffé, comme si on n’avait pas grand chose d’autre à se mettre sous la dent. Erreur fatale. La présence des tableaux est irremplaçable. Et c’est d’autant plus vrai d’un artiste comme Basquiat dont une partie importante du travail était orientée vers la recherche d’impact. Les toiles présentées sont nombreuses et bien choisies. On peut observer des classiques comme le dinosaure couronné ou encore celui sur fond bleu ciel acidulé avec ses persos trofors…
Avec Basquiat, le graffiti entre dans le Musée tout en restant bien dans ses baskets. On dirait de la peinture, il y a un cadre, une petite étiquette avec le nom du tableau et les matériaux utilisés. Il y a une composition, une maîtrise de la couleur, de la symbolique, il y a plein de trucs qu’on a déjà dit mais il y a surtout du texte. Et il y en a beaucoup du texte : des ratures, des listes, des prix, des scores et des noms maculent chaque tableau. Alors, entre pop art et graffiti, c’est sans faire de vague que l’œuvre de Jean-Michel s’installe dans le somptueux Musée Maillol, au milieu des ministères et des bourgeoises du 7éme arrondissement. L’anticonformisme d’hier, parent direct du style vandale d’aujourd’hui, s’expose docilement au regard esbaudit des esthètes du ghettoriche et d’ailleurs. Que reste-t-il à la rue ? demanderait Garance des <I>Enfants du Paradis</I>.
Conclusion c’est que du bon. D’une part les yeux du monde s’habituent au monde lui-même ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi et d’autre part, l’énergie de Jean-Michel est bienfaisante, elle émane de ses toiles et contamine celui qui les regarde avec plus d’efficacité que l’ultime SRAS dernier cri.
Posté il y a 5 années 3 mois à 16:53. 0 commentaire

Hommage est rendu aux artistes disparus. Sous l’intitulé de “LIVE !”, deux jeunes créateurs parisiens nous livrent le fruit de leur travail portant sur l’intarissable source d’inspiration, objet de tous les fantasmes, que sont les pochettes de disques 33 tours.
Elles sont un peu nos madeleines de Proust, les voir évoque en nous les réminiscences d’une époque, réveille notre cœur de rockeur et presse un bouton de notre inconscient collectif. Ces pochettes portent le visage de ceux qui ne sont plus mais dont le son continue à nous faire frémir. Deux des Beatles, Joe Strummer le chanteur des Clash, Serge Gainsbourg, Marvin Gay et Minnie Riperton entre autres, nous ont quitté et pourtant ils sont toujours là. L’idée de Jean-Marie Delbes et Hatim El Hihi était sans doute de rétablir la réalité. Quelque fût leur motivation initiale, le résultat est le suivant : les disparus ont disparu.
C’est donc avec surprise qu’on redécouvre les pochettes de disque mythiques soigneusement modifiées et chirurgicalement retouchées par les soins de nos deux artistes, de sorte que les morts se sont évaporés et que le vide qu’ils laissent derrière eux nous saisit. Irremplaçables, les artistes morts font place au néant, à la rue qu’ils traversent, au mur sur lequel ils s’appuient, au fauteuil sur lequel ils siègent, au désert dans lequel ils posent. Sur les photos de groupe, un trou apparaît, Kurt Kobain et Jim Morrison effacés, les autres membres semblent perdus, comme un équipage de navire privé de son capitaine.
Un effet bœuf donc pour une œuvre atypique et rare dont la couverture médiatique ne permettra sans doute pas au plus grand nombre d’en profiter. Mais pour les chanceux que vous êtes, sachez qu’il est encore temps, pendant quelques semaines d’aller voir l’exposition et pourquoi pas d’acquérir un tirage numéroté…
LIVE ! Mai-Juin 2003, à Black Block au Palais de Tokyo, Paris
Posté il y a 5 années 3 mois à 16:03. 0 commentaire

Des artistes de cette trempe, on n’en croise pas tous les jours et lorsqu’on a la chance de pouvoir les suivre pendant plusieurs années on réalise l’infini pouvoir de la fécondité créatrice, de la sensibilité délirante, de la transformation du réel au profit d’une conception hilarante du monde.
Quelques généralités vides de sens étaient un propos liminaire et indispensable à la présentation d’Amanda Riffo, artiste poète qui, partant de son environnement, nous emmène avec elle dans un monde parallèle peuplé de rêves d’enfants et de pochettes surprises, d’humour vache et de pertinence acidulée. Il serait difficile de résumer son travail tant il est protéiforme et imprévisible mais tentons néanmoins d’en donner quelques ingrédients de base : beaucoup d’humour vous l’avez compris, une dose d’innocence pour renforcer l’effet de surprise et pour couronner le tout un grain de folie douce qui élargie au forceps le spectre de notre perception.
L’actualité d’Amanda Riffo c’est les différents travaux qu’elle expose en ce moment même au Couvent des Cordeliers dans le cadre de la fin de son cursus à l’école des Beaux Arts. Adepte de la diversité médiatique elle utilise moult supports pour notre plus grande satisfaction. Une installation vidéo présente une série de mimes très conceptuels qui vous arrachera à coup sûr de bons éclats de rire. Dans un autre coin des barbelés fluorescents en scoubidous tiennent lieu de guirlandes inoffensives, un tableau noir devient une cible où se fichent des craies multicolores et du matériel de perfusion médicale est détourné à des fins scripturales. L’univers de l’école est ainsi entièrement reconstruit de manière poétique et la cerise sur le gâteau ce sont les petits cahiers d’écriture qui semblent avoir empruntés des chemins de traverse…
Indescriptible travail et c’est heureux car s’il advenait qu’on puisse décrire plus précisément toutes ces choses elles auraient à coup sur perdu de leur singularité stupéfiante et de leur pouvoir subversif. Amanda Riffo retenez ce nom et ne ratez pas une occasion de vous tenir au courrant de ses recherches en permanente évolution.
Posté il y a 5 années 3 mois à 23:49. 0 commentaire

Contrairement à la haute couture qui date ses collections de l’année à venir, l’école des Beaux Arts à Paris ne présente le travail de ses diplômés qu’un an après qu’ils aient été reçus. Il s’agit ici des œuvres des étudiants ayant obtenu les félicitations du jury en 2002, pour ainsi dire la crème de la crème.
Cette exposition, comme toutes les manifestations estudiantines, présente l’intérêt de permettre au spectateur de se préfigurer ce à quoi ressemblera l’art de demain. C’est une espèce de baromètre de l’art contemporain avec toutes les réserves qu’impose l’humilité et le caractère institutionnel de la chose. D’une manière générale on ne peut pas être déçu de faire le déplacement tant la moisson est fraîche, riche et prometteuse. On a envie de citer le maximum de noms, comme pour donner un petit coup de pouce à ces véritables start-up unipersonnelles de l’art. Il se dégage comme un équilibre entre le délire de l’artiste, le concept comptant pour un et la production de quelque chose de beau, d’appréciable, de sensible et d’accessible.
Parmi les travaux les plus remarquables, outre ceux d’Amanda Riffo qui feront l’objet d’un article entier, on retiendra en particuliers ceux qui permettent au quidam d’accrocher tout en l’emmenant ailleurs. C’est le cas du travail de Rada Boukova qui, par le biais d’une vidéo, fait du spectateur le passager d’un minibus perdu non loin de pétaouchnok. De Sivan L.Rubinstein qui réconcilie le support et l’œuvre qu’elle porte, par un travail de gravure et de peinture qui donne naissance à d’improbables disques vinyle et cassettes audio en bois. D’Akiko Obayashi auteur de photographies simplement belles, de Mathieu Rouget au trait précis et pertinent et enfin de So Yoon Yoon dont l’installation musicale n’a pas fini de faire vibrer les oreilles.
Cette petite liste n’est évidemment ni exhaustive ni très approfondie mais elle a pour but de vous inciter à aller voir par vous-même de quoi il retourne. Car oui, l’exposition dure encore jusqu’au 18 juin et oui il serait dommage de passer à côté sans s’y abandonner quelques instants.
Couvent des Cordeliers, 15 rue de l’Ecole de Médecine, Paris 6ème. Tous les jours de 13h à 19h.
Posté il y a 6 années 5 mois à 18:23. 0 commentaire

On l’attendait tous, la grande rétrospective de Beaubourg consacrée au mouvement surréaliste a ouvert ses portes. Depuis qu’une reconstitution du bureau d’André Breton était visible dans la collection permanente, on avait tous envie d’en savoir plus sur cette époque si féconde et présente aujourd’hui encore à tant d’égard.
L’expo est immense, elle a lieu au dernier étage du Centre Pompidou et durera jusqu’au 24 juin. J’y ai découvert le travail de Masson jusqu’alors inconnu au bataillon des incultes dans mon genre. Il cartonne, pas moins que Max Ernst d’ailleurs qu’on connaît d’avantage pour ses sculptures mais qui peint aussi. Les grands sont là, et ils sont même bien représentés. On citera les noms de Magritte, Dali, Giacometti, Man Ray, etc. Il y a aussi le baisé de Picasso et quelques toiles de Picabia. Mais le clou, le summum c’est Joao. L’incroyable Miro nous régale de ses peintures. Même s’il n’est pas un peintre inconnu des aficionados de Beaubourg, cette exposition propose un panel bien plus étendu de ses œuvres que le simple échantillon que nous connaissons.
Ma critique ne saurait entamer une telle manifestation de génies. Certes on peut reprocher comme dans tous les grands accrochages d’en prendre plein la gueule, d’être fatigué à la fin et de n’en plus pouvoir mais s’il faut y aller deux fois pour tout voir, le jeu en vaut la chandelle. Des explications écrites d’André Breton et de Paul Eluard jalonnent l’expo et donnent quelques précisions sur les délires de l’époque qu’on retrouve aisément dans la création contemporaine.
Si vous vous sentez Trofor dans votre tête, allez donc vous mesurer aux as du début du siècle et comme moi, vous sortirez de là-bas épuisé et plein d’humilité.