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Posté il y a 7 années 5 mois à 18:28. 0 commentaire
Massacré par la critique, ce film de Edo Bertoglio qui raconte une journée à New York avec Jean-Michel Basquiat mérite pourtant d’être vu car il est tout bonnement trofor.
L’artiste qui joue son propre rôle et les images d’époque (1981) donnent des faux airs de documentaire à cette fiction. Pour résumer, il s’agit d’une plongée dans l’univers artistique et décadent du début des années 80, à l’origine du hip hop. La voix off qui nous livre les pensées poétiques du héros est celle de Saul Williams et c’est une véritable galerie de stars de l’underground qui peuplent la folle journée de celui que tout le monde appelle simplement Jean.
Peintre, graffeur et musicien, il zone pendant toute la durée du film, arpentant les rues, à la recherche d’un billet, d’un ami ou d’une femme. Contrairement à la mythification que certains dénoncent, Basquiat m’a semblé très simple dans ce film, très naturel et on s’identifie finalement assez facilement à lui, artiste paumé, bienheureux, content de parler à ses amis, ne crachant pas sur un joint d’herbe, ne sachant pas vraiment ce qu’il veut ni où il va. C’est l’histoire d’un galérien authentique, comme il en existe encore aujourd’hui, un esprit libre dans la ville.
Ce film, dont la B.O. est une pure merveille, du morceaux Rapture de Blondie aux hystériques solos de Arto Lindsay en passant par les impros de Fab Five et les délires scéniques de Kid Créole, est une bouffé d’oxygène, une pierre de plus à l’édifice de la sous-culture qui pousse dans les failles des murs décrépits. C’est la vie.
Posté il y a 7 années 5 mois à 15:16. 0 commentaire
Le monde connaissait la French Touch, il découvre aujourd’hui une facette de la Paris Touch avec le premier long métrage de Raphaël Frydman, jeune réalisateur, acteur et poucard de son état.
Pas de morts, pas de monstres dans ce road movie adolescent et somme toute romantique retraçant le parcours aventureux de djeunz à la recherche d’eux même. La musique occupe le premier plan, juste derrière les sourires de l’héroïne Anouk interprétée par Isild Le Besco. Dès le générique, l’énergie du film arrive par la musique dans une scène de liesse spectaculaire et mémorable que ma critique ne saurait entamer. Car oui, j’ai quelques regrets que je ne saurais vous cacher plus avant.
Les personnages sont trop creux, et on a du mal à s’attacher à eux, faute des les connaitre suffisamment. Ils n’existent pas assez et l’histoire ne nous en dit pas d’avantage. C’est bien là le paradoxe de ce film, des personnages sans adresse qui envoient des cartes postales, des désespérés sans cesse en train d’espérer ou d’attendre.
Mais trêve de sévérité, certes ce n’est pas la révélation de la nouvelle vague, ni une révolution du cinéma mais c’est tout de même un film Trofor qu’il faut aller voir si on a envie de passer un bon moment avec de belles images et une bande son de ouf.
Posté il y a 7 années 5 mois à 1:22. 0 commentaire
Soyons honnête, ce drame de Steve Buscemi, très bon acteur de son état, n’est pas trofor. Il n’est pas trop nul non plus, loin de là et c’est la raison pour laquelle il mérite son article.
Disons pour faire court que c’est une histoire de sentiments, à défaut d’être une histoire d’amour, qui a pour décors le milieu carcéral américain et qui nous dévoile d’une façon très américaine une certaine réalité locale. Il y a les gentils et les méchants. L’amitié franche et virile des taulards résignés et solidaires est très caricaturale et l’happy end est la cerise sur le gâteau de reproches que l’on peut faire à ce film.
Pour ce qui est des compliments, on retiendra l’excellente performance d’acteur d’Edward Furlong révélé par son rôle dans Terminator II - où il jouait le fils de Sara Connor. On retiendra aussi l’ambiance générale de la taule, très bien rendue, notamment par l’admirable casting réunissant têtes de pirates, œil torve et gras-doubles recréant à merveille ce à quoi doit ressembler l’authentique faune carcérale de là-bas.
Bref si vous êtes branché par Alcatraz version 2001, c’est le film qu’il vous faut. On est content d’être spectateur et on sort de ce film indemne à tout point de vue.
Posté il y a 7 années 5 mois à 2:03. 0 commentaire
Va voir ce film et ta vie changera.
Longtemps après être sorti de la salle, à la simple évocation du nom de Marseille, tu entendras raisonner la voix éternelle de Janis Joplin comme un cri magnifique, à la fois enchanteur et désespéré, ambassadeur du blues phocéen des bétons lézardés aux impalpables reflets de l’azur embrasé.
La meilleure façon de résumé le très beau film que je qualifierais de « film de blues », de Robert Guédiguian serait de me citer « le blues est le sourire du malheur ». Les acteurs et particulièrement l’actrice principale sont éblouissants de justesse, les dialogues arrachent la vérité de la bouche de leurs interprètes et la vista urbaine du cadreur est magique. Si l’expression « c’est de la balle » n’existait pas il faudrait l’inventer pour ce film. Tout est dit, il faut aller le voir maintenant et ce sera difficile puisqu’il est sorti dans peu de salles et depuis un bon moment.
En prime et pour meubler voici les noms des acteurs :
Ariane Ascaride, Véronique Balme, Pierre Banderet, Jean-Pierre Darroussin
Permettez-moi pour conclure de citer une autre connerie « S’il faut aimer le malheur pour aimer James Brown, alors j’aime le malheur ».
Posté il y a 7 années 7 mois à 1:03. 0 commentaire
« Un Yakusa à Los Angeles », c’est le sous-titre du dernier film de Takeshi Kitano. Il en est le réalisateur et y interprète le rôle principal, celui d’un Yakusa expatrié en Amérique. Ce film révèle Kitano à ceux qui ne le connaissaient pas et ne décevra pas les adeptes j’en sui sûr.
L’univers des Yakusa fait penser à celui des samouraïs ou des triades chinoises mais ne vous-y trompez pas, celui dont il se rapproche le plus reste la mafia auquel il emprunte violence, fond de commerce, familles et territoires. La tension générée dans ces milieux est particulièrement propice et favorable au mode de réalisation japonais. Des plans fixes, des portraits très serrés, du silence, beaucoup de silence et Kitano installe ainsi, un voile que la violence viendra déchirer au moment opportun, par surprise, froide comme la mort.
Ce qui m’a plu dans ce film c’est qu’au contraire des films européens ou américains, on à l’impression que le spectateur n’est pas pris pour un con. Il n’est pas pris par la main constamment et l’intrigue se fait et se défait d’elle-même sans qu’il y ait besoin d’explications supplémentaires. L’esthétique qui caractérise le cinéma de l’Asie du Sud-Est qui a décidément le vent en poupe, est au rendez-vous. Les images sont belles, soignées et nettes comme le sont les Yakusa.
Allez voir ce film qui tue, je vous le recommande chaudement. Et n’allez pas croire qu’il s’agit d’un deuxième Ghost Dog, dans Aniki le code moral des personnages n’a pas besoin d’être dit, il crève l’écran. Et le talent de Kitano en la matière est sans commune mesure avec celui du très respectable Jarmusch. Dommage que RZA n’aie pas fait la B.O. !
Posté il y a 7 années 8 mois à 22:20. 0 commentaire
Le cinéma asiatique est décidément à l’honneur en cette fin d’année 2000. YiYi est un film Taïwanais de toute beauté. Le réalisateur Edward Wang nous plonge dans l’univers d’une esthétique urbaine universelle. Une famille à Taïpei, un homme, au centre de cette histoire, regarde sa vie. Son regard se pose à la manière de celui d’un enfant. Les sentiments, les regrets, les interrogations des personnages sont pertinentes. Mais ce qu’il y a de plus beau ce sont les personnages eux-même. La grâce, le bon goût, tout est là pour un grand film. Il y a un peu de Truffaut dans la façon de filmer la vie, les paliers et les rendez-vous ratés. En un mot comme en mille, allez voir ce film je l’ai adoré et je me porte garant de sa qualité.
Posté il y a 7 années 8 mois à 22:18. 0 commentaire

Saluons la sortie du tant attendu film de Lars Van Triers couronné par la Palme d’or de Cannes 2000.
C’est ce qu’on peut appeler un gros film. Bjork est incroyable. C’est du cinéma qui fait mal. Le spectateur n’est pas ménagé une seule seconde. On en sort affecté. Je ne conseillerai pas à n’importe qui d’aller le voir n’importe quand. Il faut avoir envie de voir un peu de vie en face, la sale vie. L’amour qui tue est le thème de ce film admirablement servi par Bjork l’âme pure, un peu trop à mon goût. Certains diront too much. D’autres crieront au génie. Moi je dirais qu’à tout le moins, la musique en vaut la chandelle.
Posté il y a 7 années 8 mois à 22:17. 0 commentaire

Tigre et Dragon est le film d’action de la rentrée. Lorsque l’imaginaire Chinois rencontre les effets spéciaux Hollywoodiens, on peut s’attendre à tout, au meilleur comme au pire. Mais ce qu’a fait le réalisateur Ang Lee est trop fort. Le film qu’une génération entière attendait. Elevée au Wu Tang Clan et à Street Fighter, nous avons tous, en cette fin de 20ème siècle, une affinité élective pour la culture Chinoise. Bruce Lee a, en son temps, porté à l’écran ce qu’un corps de comédien pouvait tirer des arts martiaux. Le film Matrix nous avait préparé aux combats du futur, loin des règles de la pesanteur et de la résistance des corps, intégrant au maximum le réalisme du numérique. Tigre et Dragon mèle les deux dans un tourbillon à couper le souffle. Le film va même encore plus loin en dépassant les classiques. Il serait inutile d’essayer de le comparer : c’est du jamais vu. Le premier rôle est joué par la mystique traditionnelle Chinoise qui est présente à chaque instant, et qui sous-tend l’histoire…
à voir.
www.crouchingtiger.com
www.tigreetdragon-lejeu.com
Posté il y a 7 années 8 mois à 22:16. 0 commentaire

Le Château de l’Araignée. Adaptation de Macbeth par le mettre du cinéma Japonais.
J’ai vu ce film sans savoir de qui il était, subjugué par la beauté de l’oeuvre. Il y a des talents incontestables, de ceux qui s’imposent sans qu’on puisse les choisir. A la manière d’un John Cassavettes, Kurosawa est un maître de l’esthétique cinématographique. C’est beau à en pleurer.
L’intensité dramatique dans laquelle on est plongé émane d’un univers mystique fait de contrastes entre la détermination dérisoire de l’Etre et l’invincibilité implacable du destin qui s’accomplit.