MISE SOUS TENSION

Posté il y a 1 année1 mois à 3:00. 0 commentaire

Tout comme elle a débutée avec la conquête spatiale, la mise sous tension de la planète aura été parachevée avec elle. Arpa et Nasa sont deux établissements publics américains qui ont vu le jour en 1958, un an après le lancement du satellite soviétique Sputnik.
C’est cette réaction d’orgueil des américains, cette compétition technologique qu’imposait la Guerre Froide, qui est à l’origine de la mise sous tension de la planète. Bien que le rôle de la Nasa semble être évident à l’image de la super structure satellitaire* qu’elle a mis en place à l’échelle planétaire en quelques décennies, c’est l’Arpa, une agence moins connue qui est à l’origine du système d’exploitation de ce maillage géant qui permet aujourd’hui la mise sous tension du globe.
Arpa, c’est-à-dire Advanced Research Projects Agency, rattachée au Département de la Défense Américain donne le jour en 1969 à l’Arpanet, réseau à la fois civil et militaire utilisant la technologie révolutionnaire de la commutation de paquet (switching packets) que nous utilisons encore aujourd’hui. Le directeur de l’Arpa parlait déjà en 1962 de « Galactic Network ». C’est sur l’Arpanet qu’est publiée en décembre 1974 l’acte de naissance du protocole TCP/IP, la RFC 675. Cette « Request For Comment », passée inaperçue auprès de ses contemporains encore ébahit par l’alunissage en direct à la télé qu’ils avaient pu vivre cinq ans auparavant ; était un nouveau pas de géant pour l’humanité. A l’image d’un Jean Moulin providentiel, ce document de 70 pages c’était l’espoir de parvenir un jour à l’unification des réseaux.
En 1983, les militaires créent Milnet et Arpanet rejoint les réseaux civils voyant le jour ça et là, tels que NSFnet et d’autres. Tous ces réseaux communiquent entre eux grace à TCP/IP. En 1984, le CERN en Suisse décide d’utiliser TCP/IP pour gérer son parc informatique. Des chercheurs travaillent sur le concept d’hypertext en essayant de créer des liens entre des documents situés en différents points du réseau. Parmis eux Tim Berners-Lee un chercheur britannique a l’idée géniale d’associer le protocole de communication TCP/IP, le protocole d’identification élaboré au cours des années quatre-vingt DNS (Domain Name Server) et les récents travaux du CERN sur l’hypertext. Le 6 août 1991, pour pouvoir profiter du petit programme qu’il vient d’écrire et qu’il baptise Hyper Text Transfer Protocol Deamon (httpd), le premier serveur web de l’humanité, il crée le premier navigateur web qu’il baptise WorldWideWeb. L’idée fabuleuse de Berners-Lee est de combiner TCP/IP et DNS en y ajoutant la troisième anagramme barbare de la sainte trinité rhizomique : l’URI ou l’URL pour Uniform Ressource Identifier ou Location. C’est également l’introduction d’une grande souplesse dans les rapports entre les machines par l’introduction d’un système de lien unidirectionnel. La liberté de pointer sur l’adresse d’une machine distante sans demander la moindre autorisation, les prémices de la navigation…
Ultime étape de la mise sous tension planétaire : le 30 avril 1993, le CERN décide de rendre sa technologique gratuite. A partir de 1994 tout s’accélère. En 1995, c’est la mise en ligne du premier serveur http Apache. En 1999, est créée la Apache Software Foundation qui continue de distribuer des serveurs web gratuitement. Il en tourne aujourd’hui plus de 32 millions soit 60% de la totalité des serveurs de la planète.
Bref, tout ça pour vous dire que l’humanité oubliera le nom de Bill Gates et il rejoindra bientôt la foule des Nababs et autres Maharajas anonymes. Tandis que Berners-Lee, annonciateur de la pensée altruiste du futur, de la psychologie positive qui prédomine chez les hommes de sciences, lui, restera dans les annales, aux côtés d’Armstrong et d’Aldrin, il aura activement participé à la conquête de l’Espace !

*Super structure satellitaire : exemple le GPS opérationnel dès 1990 pour les militaires. Pour l’Esa, équivalent européen de la Nasa et principal rival planétaire de cette dernière, l’achèvement d’une structure comparable baptisée Galileo n’est pas prévu avant 2010.

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