UTRECHT RECORD DU MONDE

Posté il y a 2 années 3 mois à 22:40. 0 commentaire

Il en arrive de partout ! Des disques, des vinyles bien sûr puisque c’est dans ce matériaux que la musique à trouvé son support définitif, noble et digne. C’était la foire aux galettes, début avril au cœur de l’autre pays du fromage.
A Utrecht, les dealers de bons sons, marchands, DJ’s, collectionneurs et autres diggeurs, se donnent rendez-vous deux fois par an pour une grande bourse au disque. Une convention d’ampleur internationale. Une grosse centaine de stands, chacun pourvu de quelques milliers de vinyles, prennent place dans un lieu qui ressembla à un garage pour A380. La pochette de « Introducing » de DJ Shaddow semble représenter une petite échoppe comparée à l’immensité de cet océan de plastique et de poussière. Pour survivre, kleenex et lipstick s’avèrent indispensables.
Pendant trois jours, les hommes grattent. On est loin de la parité dans le monde disque où les femmes se font très rares. Ils grattent donc, avec leurs tronches septiques de clients des puces. C’est qu’il y en à des bacs à gratter, des cartons entiers de merdes dont personne ne veut plus depuis longtemps… Et puis, au hasard d’un bac de solde à un euro : la perle, le track, la tune, le somor, la boucle, the joint ! Le disque qui « pète tout » et qui donne au chineur la force nécessaire pour continuer à gratter.
Armés d’un petit pickup à piles et d’un sac à disque ou d’une valise, les vinyles-maniaques grouillent pendant trois jours, excités comme des fans, motivés par une quête sans fin, ils explorent, chacun à sa façon, l’immensité de la jungle phonographique. Ici, on parle plus de musique que de support mais force est de constater : la déforestation a bel et bien commencée.

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