OBSCUR JAMES TURRELL

Posté il y a 3 années 9 mois à 14:06. 0 commentaire

De l’obscurité jaillit James Turrell. Plasticien génial, cet artiste américain utilise la lumière comme un matériau et produit des œuvres dont la troublante intensité interroge de manière fascinante les limites de la perception visuelle.
Il suffit de se rendre au 147 rue du Chevaleret dans le 13ème arrondissement de Paris à la Galerie Almine Rech pour comprendre le phénomène. Jusqu’au 13 décembre y sont exposées deux œuvres qui donnent la mesure du talent de notre homme. Né en 1943, James Turrell n’en est pas à son coup d’essai et il est même considéré comme un artiste emblématique de l’art dit “perceptuel”. Il met en scène la lumière dans son plus simple élément : épurée, minimale et chargé d’une intensité et d’une puissance médiatique incomparable. Il en fascine même les théoriciens fans de Marshall Mac Luhan comme celui qui signait en 1995 un ouvrage au titre évocateur : “<i>James Turrell, la perception est le medium</i>”. Mais revenons un instant sur les œuvres qu’il expose en ce moment.
Pour commencer, “Juke Blue” réalisée en 1968, est une sculpture de lumière bleue. L’espace se creuse pour laisser apparaître un volume abstrait, totalement captivant, qui plonge le spectateur dans un état proche de celui que peut provoquer le célèbre monochrome d’Yves Klein : le vertige. Mais avec la seconde œuvre “Cherry” réalisée en 1998, la sensation de vertige est dépassée. Le monochrome est rouge cette fois-ci et plus on le regarde, moins on le voit. Et pour cause, ce que l’on regarde n’existe pas. Totalement dématérialisée, cette dernière œuvre n’est qu’un trou. Une fenêtre sur la lumière, le cadre de l’infini. C’est d’ailleurs toujours dans cette direction que travaille James Turrell avec la préparation de son prochain projet : l’aménagement des contreforts d’un volcan afin d’y créer des postes d’observations du ciel, ultime déclinaison à la mode Land Art de son projet de dé-limitation.
N’attendez pas pour aller confronter vos sens au sien, pour faire l’expérience de cet art total à la fois futuriste et archaïque comme le sont les pyramides, pour évaluer par vous-même la pertinence de sa démarche, pour entrer par la grande porte dans l’ultime dimension, la Turrell dimension.

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