ANALOGUE STORY

Posté il y a 4 années 4 mois à 12:21. 0 commentaire

Où s’arrête et où commence le respect d’une œuvre ? Le respect de la volonté d’un artiste ? Le fait d’exploiter à titre posthume des inédits, des ébauches ou des morceaux ratés, de se servir des chutes de studio, est une pratique courante de nos jours qui se justifie par le droit qu’a le public de connaitre une œuvre reconnue comme représentant un intérêt culturel universel. Du moins c’est l’argument qu’utilisent ceux qui sont à l’origine de ce genre de commerce. En fait, il s’agit ni plus ni moins d’exploiter le « Back Catalogue » d’un artiste. C’est intéressant financièrement parce que ça permet d’utiliser la notoriété d’un artiste pour faire du chiffre, sans pour autant avoir à engager des frais de production. Mais au-delà de la commercialisation d’œuvres que l’artiste aurait préféré ne pas diffuser, cette pratique pose un autre problème. Celui du support, de la qualité du produit diffusé. Tous les films et tous les disques du 20ème siècle sont désormais disponibles en DVD ou en CD. C’est à dire que toutes ces œuvres sont diffusées sous une forme échantillonnée d’une qualité inférieure à celle du support d’origine, victime de la déperdition inhérente à la numérisation. Personne ne s’indigne. Personne ne s’inquiète de l’intégrité de l’œuvre. De ce que son auteur en aurait pensé. Ainsi, des générations entières croient redécouvrir les trésors d’un autre temps alors qu’on leur ressert un deuxième service affadi, aplani par des soit disant progrès technologiques mais surtout par soucis d’économie. Messieurs les producteurs, si vous prétendez aider les artistes, aidez-les vraiment en commençant par renoncer à la numérisation qui bien qu’économique ne sert pas la qualité d’une œuvre d’art. Vive la pellicule, vive l’argentique, vive le vinyle !

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