L’OISEAU D’OR PROFONDEMENT
Posté il y a 4 années1 mois à 19:49. 0 commentaire

Un conte moderne, une fable, une allégorie, une parabole, on ne sait pas quel nom donner à la nouvelle pièce cinématographique du jeune réalisateur Virgil Vernier. L’auteur de Karine nous livre pour l’été 2004 le fruit de ses plus récents travaux en matière représentation et de structure narrative.
Cette fois-ci, Virgil a pris comme base de travail un conte des frères Grimm qu’il adapte avec la liberté qu’on lui connaît. Il s’agit de « L’Oiseau d’Or ». Les thèmes abordés par le récit son aussi nombreux que complexes et offrent une matière symbolique quasi omniprésente. Le conte représente un fil conducteur, un cadre narratif. C’est lui qui permet d’identifier clairement le début, le déroulement et le dénouement du film. Autour de lui, viennent se greffer des éléments sans liens apparents. Les scènes du conte sont jouées en costumes, dans des décors de théâtre. Elles sont entrecoupées, comme elles auraient pu l’être pour des changements de plateau, par des scènes de la vie quotidienne des acteurs.
On passe ainsi d’une époque à l’autre, d’un lieu à l’autre, d’une fiction à l’autre dans un même mouvement. Comme si l’auteur avait voulu jouer avec l’aspect fictionnel de la réalité. Comme s’il avait voulu faire tomber la frontière entre ses comédiens et ses personnages, entre sa propre vie et son film. « L’Oiseau d’Or » n’existe pas, pourtant nous le recherchons tous plus ou moins. Au-delà des spéculations philosophiques sur le fond, du pourquoi du comment et des procès d’intention que la réalisation d’une telle œuvre ne peut que susciter, on appréciera la forme.
Personnelle et engagée, fragile et décalée, cette vision du monde que propose Virgil, cette histoire des histoires à quelque chose de rare : de la poésie. Voilà ce qui manque à beaucoup de personnes qui sont derrière la caméra mais qui oublient trop souvent d’aimer ce qu’ils filment.
