LES WRITERS PARLENT AUX WRITERS

Posté il y a 4 années 3 mois à 17:25. 0 commentaire

Pour les profanes, il faut commencer par expliquer que les writers sont les tagueurs. C’est un terme générique qui englobe toutes les activités liées au graffiti et c’est aussi le titre d’un film documentaire sorti récemment en dvd. Un film qui fait parler le microcosme et qui mérite sa chronique.
La meilleure introduction, aussi paradoxal que cela puisse paraître, serait peut-être d’en dévoiler l’épilogue : BANDO déclare que l’essence du graffiti est de s’adresser uniquement à ceux qui en font, qu’il est imposé aux autres sans qu’on leur demande leur avis et que c’est très bien comme ça. Le sous-titre du film étant <i>20 ans de graffiti à Paris</i>, il y est souvent évoqué le nom de BANDO des TCK qui se révèle être le parrain si ce n’est du graffiti européen, au moins du graffiti hexagonal. Mais le propos de cet article n’est pas de revenir sur le contenu du film et il convient plutôt d’en apprécier l’impact sur les esprits. Comme tout ce qui concerne le graffiti, ce film suscite chez les praticiens commentaires, critiques et polémiques. Le réalisateur lui-même, Marc-Aurèle Vecchione, appartenant à un crew toujours en activité se voit taxé par certains de partialité voir de sectarisme.
Sa subjectivité est là bien sûr mais essayons d’apporter une appréciation juste sur son film : Lorsqu’il évoque la genèse du mouvement, son travail fait l’unanimité, mais dès lors que le graffiti en France devient un phénomène de masse, son traitement des faits devient plus contestable. Bref, le début 1983-1993 est mortel et quiconque se penche sur le mouvement doit l’avoir vu comme il doit avoir vu les autres (<i>Wild Style, Beat Street, Style Wars, Dirty Handz</i>, etc…), c’est du classique au même titre que les ouvrages d’Henry Chalfant. Quant à la décennie 1993-2003, attendons peut-être d’avoir le recul nécessaire à l’étude d’un mouvement qui aura connu à cette période et après son âge d’or, sa réelle massification.
Verdict : il faut voir <i>Writers</i>, d’ailleurs pour être en accord avec sa philosophie je devrais poursuivre en disant qu’il faut pratiquer le graffiti ! Enfin, ça va faire plaisir aux défenseurs de la francophonie de savoir que dans tous les livres de l’histoire de l’art à venir figurera la mention d’écoles dignes du Quattrocento italien ou du Paris des années 20, celles des CRIME TIME KINGS, du BAD BOYZ CREW et des CHROME ANGELS…

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