SEAK : UN STYLE DE MALADE
Posté il y a 4 années 8 mois à 14:32. 0 commentaire

Seak est un grapheur allemand. Moins connu que Daim, ils appartiennent pourtant tous deux à la même école : la 3D teutonne. Obsessionnels et perfectionnistes, ils détiennent les qualités bien germaniques qui font de leur œuvres pariétales de vraies pièces de Musée.
L’actualité du graffiti c’est surtout, en cette fin d’année 2003, sa non-actualité. On a, vu il y a deux ans environ, un engouement médiatique effréné pour le graffiti. Les couvertures de la presse généraliste rivalisaient presque avec les magazines spécialisés et les noms de Zeus, Andre et O’Clock s’exhibaient dans les galeries des quatre coins de l’hexagone, incarnant une génération de nouveaux artistes venue de la rue. Que reste-t-il aujourd’hui de cette tendance ? Rien ou presque. Passé du métro à la galerie est une opération périlleuse mais pas impossible. Après Futura 2000 et BBC, c’est au tour de SEAK et de ses acolytes de rentrer de plein pied dans le monde de l’art qui dure.
<i>Constructions Urbaines</i>, c’est le titre de l’exposition visible à la Taxie Gallery dans le 17éme arrondissement de Paris jusqu’au 11 décembre. Y sont exposées les œuvres de Daim, Stohead, Daddy Cool, Tasek, Seak, Mate, Darco et Neon. Chacun de ces grapheurs a fait ses preuves dans le monde réel et le travail qu’ils exposent n’est pas un résumé de leur parcours mais plutôt un sésame vers la reconversion. Dans les peintures de Seak notamment on retrouve la maturité délirante d’un Jon One, la liberté sauvage d’un Futura 2000 et, osons la comparaison, la chair éclaté d’un Francis Bacon. Seak n’est pas le seul à avoir fait évolué sa peinture. Tous l’ont suivi.
Parce que le graffiti ne connaît par définition ni limite, ni cadre, ni thème, ni aucune autre entrave, c’est naturellement qu’il est destiné à remplir les Musées de demain. Le seul reproche que l’on puisse faire à cette exposition c’est le choix de son titre qui est vraiment bateau. Il aurait été plus judicieux et plus pertinent pour signifier le virage pris par les artistes de l’appeler : “Back By Popular Demand”.
