ENCORE TAGORE
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Né en 1861, le plus illustre des hommes de lettres indiens Rabindranath Tagore revient en force sur le devant de la scène culturelle mondiale. Au de là de la tendance générale d’un engouement pour l’Inde qui se dégage de tous les secteurs de la production culturelle, musique, mode, cinéma, etcetera, l’œuvre séculaire du poète ressurgit pour tout fumer.
Rabindranath est issu de la bourgeoisie bengali du 19ème siècle et bien qu’appartenant à une famille d’artistes, son père l’avait destiné à une carrière d’avocat. C’est la raison pour laquelle, outre la présence de l’empire colonial anglais, il a toujours été en contact avec les nations de notre pôle culturel et il a beaucoup voyagé : Grande-Bretagne, Etats-Unis, Japon. C’est aussi pour cette raison qu’il a toujours eu à l’esprit un dessein, une sorte de vocation pour servir son pays et sa culture. Fervent défenseur de la langue bengali, il a mené sa carrière de poète parallèlement à un tas d’autres activités, tantôt artistiques comme la musique et la peinture, tantôt politiques avec la création d’une Université et de nombreuses prises de positions à l’encontre de la puissance coloniale ou d’un nationalisme qu’il condamnait. Il est un pionnier du mondialisme politique et dans le même temps un artiste universel.
Ce qui frappe chez Tagore c’est l’aura qu’il dégage. Ami personnel de Gandhi, il lui ressemble à plus d’un égard. Véritable missionnaire culturel il a consacré sa vie à son travail et au regard des différentes biographies qui lui sont consacrées, on pourrait finir par le prendre pour un saint. Mais ce qui justifie son come back aujourd’hui ce n’est ni son prix Nobel ni ses qualités politiques ou sa conception de la justice sociale, c’est son immense talent de poète. Il écrivait ses poèmes en Bengali et en assurait lui-même la traduction en anglais. La déperdition est inévitable de traductions en traductions mais on peut faire confiance au travail d’André Gide pour la version française de Gitanjali (L’Offrande Lyrique). C’est sans doute la plus accessible de ses œuvres et sa lecture fait l’effet d’une cure, d’un massage mental aux huiles essentielles, d’une ballade bucolique et transcendantale, quelque chose qui ressemble à ce qu’a pu être la genèse du flower power.
Il y a un flux naturel mystique dans l’air à la lecture de ces vers admirables qui livrent à travers les mots un petit peu de la sagesse de leur auteur et beaucoup du cadre dans lequel ils furent composés : Shantiniketan. Village créé par les parents de Rabindranath et dont le nom signifie littéralement “havre de paix”.
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