NAS IS LIKE
Posté il y a 5 années 10 mois à 4:07. 0 commentaire

Anti-promo, voilà le nouveau concept de cet article consacré à NAS, Nasir Jones alias nasty Nas, the rebel of the street corner. Puisqu’à chaque fois qu’il sort un nouveau disque on revient à son premier, n’y allons pas par quatre chemins et sautons sur l’occasion pour remettre les pendules à l’heure.
Victime d’un accident, Nas s’est fait renverser lui-même par son succès ou plutôt le succès survenu en 1994 et qui porte, en plus de sa signature celles de Dj Premier, Large Professor, Pete Rock et Q-Typ : les plus grands du moment. Un casting de rêve donc et pas des featurings minables qui fredonnent un bout de refrain non, une équipe de professionnels pour la production d’un album mythique qui souffle littéralement tout ce que le pauvre Nas à pu faire par la suite. L’actualité de Nas c’est donc paradoxalement son passé, celui d’un prodige qu’on voyait régner en seigneur du hip hop pendant des décennies et qui n’a fait que se vautrer dans la médiocrité, s’enfoncer dans l’insipide, disparaître sous sa propre étiquette, disque après disques.
Mais voilà un jugement un peu sévère et le cas Nas mériterait d’être reconsidéré. Si on écarte donc Illmatic qui est définitivement hors compétition, et qu’on examine le reste de sa production, on constate que son talent rejailli de façon sporadique. Que le son même de sa voix est associé à New York et qu’il véhicule une certaine authenticité qui fait résonner de façon si singulière le morceau Made You Look de son dernier album par exemple ou encore Executive Decision sur la BO de The Firm. Alors ne vous fier pas à sa compilation de morceaux inédits sorti en septembre 2002, The Lost Mixtapes, qui exhume encore quelques perles d’antan, Nas n’est pas tourné vers le passé, il a juste franchi un point critique très tôt, trop tôt, un stade de la création artistique où l’amélioration n’est plus possible, où la notion de progrès disparaît et ou le seul facteur restant est la chance, l’alchimie, la magie.
Fils de Jazzman, Nas ne compte pas s’arrêter avec God’s Son et sa carrière de rappeur professionnel finira bien par faire de lui un dieu vivant au hasard de quelques bonnes rencontres. En attendant, il est toujours impérieux d’écouter Illmatic en entier régulièrement.
