BOBO VS BORA

Posté il y a 7 années 6 mois à 15:02. 0 commentaire

Il faut être sourd pour ne jamais avoir entendu parlé des Bobos : les bourgeois bohème. Ce terme est apparu dans la langue française il y a environ un an et sert à désigner de façon moins péjorative la gauche caviar.
Mais qui sont-ils vraiment et qui sont les Boras que personne ne connaît jusqu’à présent ?
Pour simplifier, disons que les Bobos sont des personnes de bonne famille qui, lorsqu’ils sont parisiens habitent le plus souvent rive gauche, et véhiculent un esprit post soixante-huitard, ambiance hippie sur le retour. C’est la résultante de ce qu’on peut appeler une digestion culturelle. Les pattes d’eph, le style seventies, le patchouli et la musique indienne ont donné, après digestion, naissance à cette nouvelle catégorie sociale, une caste dans la caste. Mais l’objet de ce billet est de faire prendre conscience d’une deuxième famille de bourgeois dégénérés : Les Boras c’est à dire les bourgeois racailles.
Sur le même modèle que les Bobos, les Boras sont des bourgeois libérés qui absorbent comme du buvard les courants culturels pour se les réapproprier dans des codes vestimentaires, une certaine façon de parler, un mode de vie. La seule différence réside dans le fait que si le modèle culturel des Bobos était Woodstock, celui des Boras serait plutôt les premières heures du terrain vague de La Chapelle, voir les discomobiles mythique de DJ Dee Nasty. Le hip hop est devenu le référent culturel principal d’une certaine partie de la bourgeoisie. Survet’ et casquettes ont remplacé les canadiennes aux poches trouées. Les textes d’IAM se sont substitué aux coups de gueule de Léo Ferret et même la tendance la plus radicale du hip hop à savoir le gangsta rap a considérablement marqué et influencé une génération tout entière.
Alors que les Bobos aiment se sentir comme des loukoums autours d’une table basse à refaire le monde en fumant de la Marie-Jeanne et en buvant du thé, les Boras préfèrent squatter le trottoir en bas de chez-eux, boire de la bière, s’adonner au graffiti, vendre du matos aux Bobos ou s’essayer au Break Dance. Mais au bout du compte la démarche est identique : elle consiste à récupérer et à s’approprier la culture contemporaine (avec un temps d’écart). Trofor.com a souhaité faire cette petite mise au point sémantique parce qu’elle désigne une réalité tangible, palpable mais jusqu’à présent non nommée. Je compte sur vous chers lecteurs pour faire de ce néologisme un nouveau phénomène de société…

Aucune réponse

Postez votre réponse en utilisant le formulaire ci-dessous !


Laissez une reponse

Vous devez être loggué pour poster un commentaire.