SAUL FANATIQUE

Posté il y a 7 années 8 mois à 16:24. 0 commentaire

Le souvenir que laissera dans les mémoires le concert d’hier à l’Elysée Montmartre est du genre impérissable. Monsieur Saul Williams s’y produisait et il a, comme on pouvait s’y attendre, mystifié son public.
Dès son entrée en scène, les dés étaient jetés : il commence par quelques respirations méditatives comme s’il avait voulu prendre le silence à témoin et enchaîne aussi sec sur un de ses morceaux phares (il n’y en à pas beaucoup) dont j’ignore le nom mais que l’on peut rebaptiser sans prendre trop de risques « The beat goes Om » L’auditoire qu’il a en face de lui ne ressemble pas vraiment au public d’un concert de rap mais beaucoup plus à une brochette d’intellos post-punk et néo-new wave. Totalement en phase finalement avec Saul qui prêche d’une verve débordante des théories sur tout. Le charisme de ce mégalomane n’aura échappé à personne, lui qui prétend que nous sommes tous au plus profond de nous des petits morceaux d’étoile comme le résume bien la dernière phrase sortie de sa bouche : « (…) and so you’re all a « rock star » by birth. »
Entre cosmologie et poésie de comptoir, entre radicalisme et volonté d’ouverture, entre générosité et égocentrisme, entre New York et Paris : Saul Williams est un paradoxe. Extrêmement attaché à la compréhension des textes et soucieux de distiller un rap conscient et pertinent, son discours s’efface pourtant lorsque s’élèvent et résonnent les accords de la guitare folle, les cymbales de la batterie sauvage, les scratchs du DJ et l’organe du maître, dans un tourbillon d’émotions purement physiques, ressenties, incalculables et irrationnelles.
Par ce concert, Saul Williams a réservé sa place au Panthéon des légendes scéniques… A suivre.


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