Posted 1 month, 2 weeks ago at 2:38. 0 comments

Toujours dans la mouvance hyphy de la baie de San Francisco, the Yay Area, vous devez, si vous ne voulez pas mourir idiot, connaitre Rick Rock. Rien à voir avec Chris Rock, Kris Kross ou Rick Ross, bien que noir américain à tendance hip hop, Rick Rock c’est encore un autre trip.
On apprend sur la version anglaise de wikipedia que son vrai nom est Ricardo Thomas, ça, et quelques références discographiques mais pas grand chose d’autre. Le reste des écrits sur le lui n’en disent pas d’avantage, ils se contentent de le comparer à Dr.Dre, Timbaland, The Neptunes et Scott Storch. Le plus souvent, il est précisé qu’il a produit une grande partie des morceaux de E-40, ainsi que tous les morceaux de son groupe perso Federation et dans les bios les plus détaillées et les plus à jour, on apprend également qu’il a participé aux deux derniers albums de Snoop « Tha Blue Carpet Treatment » avec un bon sample de Digable Planets et « Ego Trippin ». Bref on comprend que ça doit être un bon mais nulle part il n’est expliqué pourquoi ni comment. Autant dire qu’aucun critique ne s’est encore penché sur son cas. Coup de bol, moi qui vais être le premier, je l’adore, je vais pouvoir l’encenser sans retenue.
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Posted 1 month, 3 weeks ago at 2:46. 0 comments

Yellowman, Toyan, Barrington Levy, Little John, Charlie Chaplin, Michigan and Smiley, autant de noms qui illuminent le Panthéon du rub a dub mais qui malheureusement n’évoquent rien chez le simple mortel, ignorant la substantifique moelle gargantuesque de l’existence.
Le rub a dub est une chance, c’est comme la foi. Ceux qui l’ont, ceux qui croient en la puissance du flow, à l’effet de ces phrases scandées, à l’énergie rythmique de l’intarissable logorrhée verbale qu’on appelle toast, ceux là, qui pour la plupart connaissent ceux-ci, ceux là sont chanceux, car ils détiennent un énorme kif, aux portes du cerveau et même jusqu’en son sein grâce au truchement névralgique de l’oreille ainsi qu’à celui d’autres organes sensoriels tous parfaitement réceptifs. Le rub a dub est une expérience totale, corporelle et englobante. C’est une attitude quasi méditative par rapport à la musique, une approche presque mystique qui implique l’adhésion de l’auditeur, son implication, sa croyance en la magie et aux rites.
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Posted 2 months ago at 3:33. 0 comments

Sur les conseils de DJ Sundae, une fois de plus, j’ai fait la récente découverte d’un nouveau label dont tous les albums sont, excusez du peu, distribués chez Colette, rien que ça, rue du Faubourg Saint Honoré, oui Madame, à côté du Ritz, oui Monsieur.Et pour cause, ce petit label indépendant New Yorkais qui n’a rien d’italien, donne dans le luxe, dans le raffinement, dans la sophistication, dans le glamour chic bref dans tout ce qui fait la tendance…
Mais il ne s’agit pas là d’une tendance temporaire, d’un effet de mode, d’une nouvelle frivolité qui durera deux mois. Dans deux mois, certes les albums d’Italians do it better ne seront plus en ventes dans les boutiques fashions, ils n’en resteront pas moins des excellents albums d’une musique, qui, comme toutes les bonnes, restera intemporelle.Allez, mettons le dans une case lui aussi : post-disco, electro-pop. C’est du New york undeground, de la blondiefication des esprits, du punk plein d’amour, de la BO de film X des années 70, de la dance pour jeunes vieux, etc.
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Posted 2 months ago at 3:29. 0 comments

C’est sous cet acronyme imprononçable que se cache un duo d’une fraîcheur à faire reprendre son clavier et à partager avec le plus grand nombre ce que certains n’hésitent pas à qualifier de sensation musicale de ce début d’année 2008.
On sait peu de choses sur eux mais le choc est trop grand pour les passer sous silence. Ils sont deux, Andrew Van Wyngarden et Ben Goldwasser, ils sont jeunes, 23 et 24 ans, ils sont Américains, voir même New-Yorkais et par dessous tout ils sont extrêmement doués. Ces deux musiciens qui se sont rencontrés voilà 4 ans à la fac forment le groupe MGMT qui se prononce différemment qu’il s’écrit à savoir Management. Ça vous rappelle peut-être Chick Chick Chick (qui s’écrit !!!) et la ressemblance ne s’arrête pas là. Tous comme Chick Chick Chick, Block Party, CSS ou the Rapture, MGMT est un groupe authentiquement post an deux mille. Même si leurs influences sont très nettes et que les références à Pink Floyd, Led Zeppelin ou David Bowie sont évidentes, ils produisent néanmoins une musique totalement neuve. Nourrie de synthétiseurs, de sampleurs, de société de consommation et d’overdose du spectacle médiatique permanent, le premier de leurs ingrédients semble pourtant une énergie débordante ou, comme dirait Bob Marley lui-même, une Positive Vibration yeah hé !
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Posted 3 months, 3 weeks ago at 2:04. 2 comments

Mac Dre, si ce nom n’évoque rien pour vous, c’est sans doute que vous n’êtes pas très West Coast, que le dernier disque que vous avez achetez date de 1998 ou que tout simplement vous n’aimez pas le rap.
Mac Dre est un rappeur du Nord de la Californie, originaire de la banlieue de San Francisco, mort en 2004 dans une fusillade en voiture. Avant de disparaitre de la manière la plus hip hop qui soit, il aura donné naissance à un mouvement musical, de petite envergure mais tellement sympathique qu’une trace dans mes archives s’impose : le Hyphy. Prononcez Aïefaïe. Son mot d’ordre « soyez stupides », « agissez comme des cons ». De même que le mouvement psychédélique dans les années 60 était lié à l’introduction du LSD dans la culture américaine, le Hyphy fait un avec l’extasie. En californien, le fait d’être sous l’emprise de l’exta se dit Thizzle. Et précisément, l’hymne du Hyphy composé par Mac Dre se nomme la « Thizzle dance ».
Depuis la mort de Mac Dre, le mouvement a grandit, comme une nouvelle branche du Gangsta Rap faisant la part belle à l’inconscience, le j’m’en foutisme, l’apologie de la défonce, avec comme dénominateur commun à tous ces partisan : la joie. Parmi les grands morceaux de Hyphy, les pierres angulaires de ce courant musical, on peut citer les tubes de Mac Dre : « Feeling Myself », « Since’84 » ou encore « Rappers Island ». D’une manière générale tous les albums de Mac Dre sont des chefs d’œuvres. L’insouciance synthétique des claviers californiens, entre groove, calypso et sonnerie diatonique de vieux téléphones portables, le rap cru et joyeux d’une génération sans illusions ni espoirs, sans aspiration autre que de déconner à plein tube, tout ça est ma fois fort rafraichissant.
Comme on dit dans la Thizz nation : «Thizz is what it is », rien de plus. Un vrai son pour les retardés, pour tout ceux qui ont pris le parti de ne pas grandir, de ne pas devenir blasé, de s’émerveiller pour un rien, de continuer à apprécier les joies simples comme écouter du rap avec des oreilles d’enfant et un sourire de débile mental.
Posted 8 months, 1 week ago at 12:36. 0 comments

A mesure que s’éloigne le 11 septembre 2001 et que nous avançons dans le XXIème siècle, force est de constater que les terroristes ne sont pas ceux que nous pensions. La récente vidéo envoyée par Ben Laden aux média ne dit pas autre chose, les statistiques non plus.
Comme le disait ce matin Emmanuel Todd sur France Inter, s’il est vrai que les victimes de Ben Laden se comptent par milliers, celles de Bush se comptent aujourd’hui par centaines de milliers. Les marchands de canons, de Carlyle à Dassault, peinent tous les jours un peu plus à maintenir l’illusion du spectre d’un Islam conquérant et dangereux alors que les propos du leader de l’organisation terroriste se rapprochent de plus en plus de ceux tenus par les démocrates de la gauche occidentale. Ce qui apparaissait hier comme un choc des civilisations ressemble de plus en plus à une guerre civile, un choc de la civilisation : riches contre pauvres, oppresseurs contre opprimés, possédant contre possédés.
Le terrorisme n’a jamais été aussi répandu en Europe qu’au cours du XIXème siècle qui a vu un libéralisme sans limite s’emparer de nos sociétés. Aujourd’hui, de manière moins ostentatoire mais tout aussi violente, le libéralisme sauvage nourrit de nouveau les fanatismes de tous bords. L’alibi religieux ne tient plus. Aujourd’hui, mardi 11 septembre 2007, nous sommes tous des Irakiens spoliés, livrés à la loi du plus fort, dont le sang et le pétrole viennent respectivement nourrir un spectacle de terreur destiné à amadouer les masses et de puissants moteurs destinés à accroitre la fortune d’un petit nombre.
Ah ça ira, ça ira, ça ira, les néolibéraux ont les pendra. Si demain Ali le Chimique qui n’est certainement pas un enfant de cœur est pendu comme son frère Saddam, l’occident s’enfoncera un peu plus dans la barbarie qu’hypocritement il prétend combattre.
Posted 10 months ago at 3:00. 0 comments

Tout comme elle a débutée avec la conquête spatiale, la mise sous tension de la planète aura été parachevée avec elle. Arpa et Nasa sont deux établissements publics américains qui ont vu le jour en 1958, un an après le lancement du satellite soviétique Sputnik.
C’est cette réaction d’orgueil des américains, cette compétition technologique qu’imposait la Guerre Froide, qui est à l’origine de la mise sous tension de la planète. Bien que le rôle de la Nasa semble être évident à l’image de la super structure satellitaire* qu’elle a mis en place à l’échelle planétaire en quelques décennies, c’est l’Arpa, une agence moins connue qui est à l’origine du système d’exploitation de ce maillage géant qui permet aujourd’hui la mise sous tension du globe.
Arpa, c’est-à-dire Advanced Research Projects Agency, rattachée au Département de la Défense Américain donne le jour en 1969 à l’Arpanet, réseau à la fois civil et militaire utilisant la technologie révolutionnaire de la commutation de paquet (switching packets) que nous utilisons encore aujourd’hui. Le directeur de l’Arpa parlait déjà en 1962 de « Galactic Network ». C’est sur l’Arpanet qu’est publiée en décembre 1974 l’acte de naissance du protocole TCP/IP, la RFC 675. Cette « Request For Comment », passée inaperçue auprès de ses contemporains encore ébahit par l’alunissage en direct à la télé qu’ils avaient pu vivre cinq ans auparavant ; était un nouveau pas de géant pour l’humanité. A l’image d’un Jean Moulin providentiel, ce document de 70 pages c’était l’espoir de parvenir un jour à l’unification des réseaux.
En 1983, les militaires créent Milnet et Arpanet rejoint les réseaux civils voyant le jour ça et là, tels que NSFnet et d’autres. Tous ces réseaux communiquent entre eux grace à TCP/IP. En 1984, le CERN en Suisse décide d’utiliser TCP/IP pour gérer son parc informatique. Des chercheurs travaillent sur le concept d’hypertext en essayant de créer des liens entre des documents situés en différents points du réseau. Parmis eux Tim Berners-Lee un chercheur britannique a l’idée géniale d’associer le protocole de communication TCP/IP, le protocole d’identification élaboré au cours des années quatre-vingt DNS (Domain Name Server) et les récents travaux du CERN sur l’hypertext. Le 6 août 1991, pour pouvoir profiter du petit programme qu’il vient d’écrire et qu’il baptise Hyper Text Transfer Protocol Deamon (httpd), le premier serveur web de l’humanité, il crée le premier navigateur web qu’il baptise WorldWideWeb. L’idée fabuleuse de Berners-Lee est de combiner TCP/IP et DNS en y ajoutant la troisième anagramme barbare de la sainte trinité rhizomique : l’URI ou l’URL pour Uniform Ressource Identifier ou Location. C’est également l’introduction d’une grande souplesse dans les rapports entre les machines par l’introduction d’un système de lien unidirectionnel. La liberté de pointer sur l’adresse d’une machine distante sans demander la moindre autorisation, les prémices de la navigation…
Ultime étape de la mise sous tension planétaire : le 30 avril 1993, le CERN décide de rendre sa technologique gratuite. A partir de 1994 tout s’accélère. En 1995, c’est la mise en ligne du premier serveur http Apache. En 1999, est créée la Apache Software Foundation qui continue de distribuer des serveurs web gratuitement. Il en tourne aujourd’hui plus de 32 millions soit 60% de la totalité des serveurs de la planète.
Bref, tout ça pour vous dire que l’humanité oubliera le nom de Bill Gates et il rejoindra bientôt la foule des Nababs et autres Maharajas anonymes. Tandis que Berners-Lee, annonciateur de la pensée altruiste du futur, de la psychologie positive qui prédomine chez les hommes de sciences, lui, restera dans les annales, aux côtés d’Armstrong et d’Aldrin, il aura activement participé à la conquête de l’Espace !
*Super structure satellitaire : exemple le GPS opérationnel dès 1990 pour les militaires. Pour l’Esa, équivalent européen de la Nasa et principal rival planétaire de cette dernière, l’achèvement d’une structure comparable baptisée Galileo n’est pas prévu avant 2010.
Posted 11 months ago at 15:56. 0 comments

La concentration du pouvoir est devenue telle que seul un terrorisme planétaire peut l’atteindre. Mais pas un terrorisme traditionnel fait de feu et de morts. L’arme dont dispose la population mondiale pour se soustraire au joug de ses oligarques passe par l’information.
La démocratie a échoué. Le peuple souverain est manipulé. L’humanité est prisonnière de sa classe dominante et rien ne semble pouvoir s’y opposer. Il est temps de donner à la contestation populaire des moyens à la mesure de sa tache. Il convient en premier de faire quelques constats. Les états n’ont plus aucune raison d’être. Le concept même de nation ne correspond à aucune réalité économique ou juridique. Le droit est mondial, l’économie est mondiale, le pouvoir est mondial. Comment se satisfaire d’organisations politiques locales ? Alors même que les difficultés que rencontre l’humanité sont d’ordre mondial. Comment ne pas tirer les conséquences du 11 septembre 2001 ou du récent massacre de Virginia Tech ? Comment ne pas s’interroger sur l’attitude de ceux qui se donnent la mort à des fins meurtrières ? Comment justifier l’usage de méthodes barbares à l’encontre de ceux que l’on a décrété être des barbares ? Comment confier le destin collectif des hommes à une poignée d’entre eux ?
A ces questions il n’existe pas de réponse. L’unicité et la finitude du monde le rendent ingérable pour ses occupants qui renoncent collectivement à en modifier l’organisation. Fils de bourreaux, ayant du sang sur les mains, l’idée même de la repentance nous terrorise. C’est d’ailleurs comme cela que l’on désigne ceux qui posent les questions précédentes : des terroristes. Remettre en cause l’Occident et ses valeurs devenues mondiales aujourd’hui, c’est s’autoproclamer terroriste. Aucune dialectique ne pourra désormais participer à la recherche d’une vérité, d’une justice. La paix est préférable à la justice. L’idée d’une organisation hiérarchique des rapports sociaux ne peut plus aujourd’hui être remise en cause. Et pourtant…
Pourtant une solution s’offre à nous. Une organisation existe qui pourrait se substituer aux vieilles organisations coercitives du pouvoir établi. Cette organisation mondiale s’appelle Internet, GPS, IBAN ou ISO. C’est l’ensemble des normes que nos échanges économiques mondiaux ont élaborés depuis une cinquantaine d’années. Le devoir de tous les hommes et de touts les femmes de notre planète, conformément à l’article 35 de notre bible idéologique est de participer à l’élaboration d’une organisation politique nouvelle tendant à répondre aux questions précédemment énoncées.
Posted 11 months ago at 2:49. 0 comments

Y’a pas d’orthographe qui tienne, Redman c’est la déconstruction absolue, le chaos, le pur délire. En plus il nous offre ces jours-ci un petit kif particulièrement appréciable pour les anciens…
Yeah, l’homme de la célèbre phrase « Time for sum action » est de retour, à dire vrai il n’est jamais vraiment parti. Lui et son acolyte de toujours Erick Sermon aka The Green Eye Bandit nous ont habitué depuis bientôt 20 ans (débuts d’EPMD fin années 80) a un son de bourrin qui bourrine bien. Basé sur l’interprétation musicale des effets de la drogue, ils explorent la musique d’une manière à la fois singulière et stupéfiante. Une petite citation de Redman pour ne pas vous laisser en reste : « I smoke so much green I bleed guacamole ». A la pointe de la vanne, dans un esprit premier degré, provocateur et virulent, c’est clairement un griot d’Amérique avec ses compromis commerciaux et ses réussites underground.
Redman, le grossier personnage, la force brute, le rebelle en culotte courte, pose un jalon de plus dans sa discographie avec Red Gone Wild : une production de quarantenaire pas fatigué pour un sou. On y retrouve la célèbre intro utilisée par Dre dans The Chronic « This should be played at a high volume, preferably in a residential area ». C’est l’intro du morceau « Blow Treez » qui reprend un peu de tous les clichés du rap actuel dont le petit sample ragga à la Diamon Marley et la basse digitale combiné avec un son de hit hat de 4 kilobits façon crunk. Même Method Man dont personne n’ignore la fatigue et l’usure s’en sort sur ce morceau. Bref c’est que du bon.
Le hip hop va sur ses trente ans et les versions de « Soopaman Luva » vont en se bonifiant. Redman, bon comme du bon vin, vient de nous présenter son millésime 2007, ne pas le goûter serait pécher.
Posted 11 months, 2 weeks ago at 2:15. 0 comments

Après avoir brisé le mur de Berlin et enterré le communisme, la gauche se retrouve sans outils. Ni marteau ni faucille, voilà son véritable talon d’Achille.
La gauche dans son ensemble se révèle incapable d’imaginer une alternative à la mondialisation libérale dévorante. L’alter mondialisme n’est qu’une figure de style désignant le vide laissé par la défaite de la gauche dans le monde. Depuis la fin de la guerre froide, l’Occident n’a plus de vis-à-vis idéologique, plus d’entrave au déploiement de ses deux ingrédients de base : le marché et l’Etat de droit. Les méthodes suicidaires d’Al Qaïda démontrent à elles seules l’absence de contenu idéologique dans la riposte à l’Occident. La seule option qui s’offre à celui qui s’oppose à Babylone aujourd’hui c’est la mort. Résumons l’état des forces en présence face à l’Occident marchand : une poignée de corses, les palestiniens, quelques moudjahidines particulièrement motivés et les « Etats voyous » : Corée du Nord, Iran, Syrie, Venezuela, Cuba.
C’est de là que vient l’impasse. Ayant abandoné ses outils, se reposant sur l’automatisation et l’électrification de son environnement, le prolétaire est devenu un légume. Il vote Sarkozy à 54%. Celui là même à qui on l’enfonce tous les jours un peu plus profond, acquiesce, en redemande. Or il suffit de ne pas se laisser bercer par les machines et l’hypermédia pour retrouver la puissance égalitaire du rêve que la Gauche porte depuis 1789. Le marteau et la faucille c’est le clavier et la souris. Ce que les machines ont volé à l’homme en lui ramollissant le cerveau, il va le récupérer en se servant d’elles pour dépasser l’état de droit. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : pousser vers le progrès et s’interdire le conservatisme. Le progrès c’est faire de la lobotomie digitale une intelligence citoyenne. On peut conserver la si précieuse liberté de l’Occident mais en l’enfermant dans une scrupuleuse égalité statistique. Les machines doivent nous faire passer de l’Etat de droit tel que nous l’avons connu jusqu’à présent à un monde juridiquement assisté par ordinateur qu’on pourrait appeler l’Etat d’hyperdroit même si les Etats eux-mêmes ont vocation à se dissoudre. L’hyperdroit est l’ensemble de normes de portée universelle dont les sanctions sont automatisées. La carte bleue est ce qui ressemble le plus à la pièce d’identité du futur.
Cette évolution est en cours, elle est même sur certains points bientôt achevée. C’est là que se trouve l’espoir de la gauche. Pas dans la résistance stérile des altermondialistes ou dans la folie rétrograde des traditionalistes terroristes, mais au contraire, dans la réappropriation de l’outil.
Les paysans du 18eme siècle en France ont su prendre le livre du riche, la bible du curé pour en faire leur code civil. Ils ont pris l’outil, l’instrument de l’oppression et l’ont retourné contre l’oppresseur. Il est temps de mettre des téléphones portables sur les drapeaux communistes. La liberté du libéralisme occidental est un bienfait certes. Mais elle l’est d’autant plus qu’elle intervient dans un cadre égalitaire. Or aujourd’hui personne ne remet en cause la liberté en Occident. C’est bien d’avantage l’égalité qui fait défaut. Et avant tout l’égalité culturelle. Ou devrais-je parler d’inégalité culturelle.
Le livre et le monde en papier des hommes en cravates ne pèsent pas lourd face à la puissance du réseau électrique qui parcourt désormais chaque parcelle de notre planète. L’outil informatique va nécessairement accroitre l’autoritarisme dans la conduite des affaires humaines. La question est de savoir qui en aura rédiger le code source.
Voilà pourquoi il est urgent aujourd’hui d’imaginer un système qui prend en compte l’autoritarisme des machines mais qui en tire également le meilleur parti en termes de justice sociale.